Pline, Iiist. nat., XXXIV
Le zinc n’était pendant longtemps connu, sous le nom de chrysocal ou à'aurikhalque, qu’allié avec le cuivre, et qu’à l’état d’oxyde, nommé pompholix. L’alliage s’obtenait en chauffant la cadmie ou calamine (minerai de zinc) avec un minerai de cuivre. Le produit blanc qui s'attachait à la voûte des fourneaux, et qui, à cause de. sa légèreté, reçut des alchimistes le nom de laine des philosophes, lana philosophica, était l’oxyde de zinc (pompholix).
Les anciens ne connaissaient Y antimoine et l’arsenic qu’à l’état de sulfures naturels. Le stinuni ou sulfure d’antimoine, qui s’appelait aussi slibi, slibiuni , barbason, platyoph thaï mon (œil large), albastrum (contraction d'album astrum), était employé dans le traitement des plaies récentes et pour noircir les cils. — La sandaraque de Vitruve, de Pline, de Dioscoride, etc., était un sulfure arsenical, qui portait aussi les noms d’orpiment ( auripigmentum ) et d ar- «entc. On l’employait dans la pommade épilaloire. Les Mysiens et les Cappadociens en faisaient un commerce spécial.
Corps non métalliques. — Substances diverses. — L G soufre naturel, si commun autour du Vésuve et de l’Etna, était connu dès la plus haute antiquité. C’est celui que les Grecs et Romains appelaient 6tZov £nu/>ov, sulphur vivuin, parce qu’il n’avait pas besoiu d’ôtre préalablement traité par le feu comme une autre espèce de soufre, nommé gleba (minerai de soufre). L’odeur caractéristique qu’il répand par sa combustion (odeur due à la formation de l’acide sulfureux) et la flamme livide avec laquelle il brûle et qui, comme dit Pline, « communique, dans l’obscurité, aux figures des assistants, la pâleur des morts, » l’avaient fait choisir de bonne heure pour l’accomplissement de certaines cérémonies religieuses. A raison de sa prétendue origine on lui supposait aussi une vertu purificatrice ; car le soufre passait pour « renfermer en lui une grande force de feu, ignium vim magnam et inesse{ . »
Ce n’était làqu’unevue théorique. Mais elle fut avidement recueillie et singulièrement commentée : le soufre fut pendant longtemps regardé comme une condensation de la matière du feu, dont on fit plus tard une singulière entité sous le nom de phlogistique.
Le borith et le neter étaient employés chez les Hébreux pour le blanchiment des étoffes. Ils préparaient la première de ces substances en filtrant de l’eau à travers des cendres végétales, et