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Pline, Jlist» nat. XXXV

évaptrant jusqu’à siccilé la liqueur filtrée. Le borith était donc du carbonate de potasse (sel végétal) impur. Quant au neler, c’était, non pas le mire, comme son nom pourrait le faire supposer, mais le nalron ou carbonate de soude impur, fort commun dans certains lacs d’Afrique. On savait qu’il fait effervescence avec le vinaigre: de là son nom de neter, qui signifie faire effervescence. Le borith se distinguait facilement du neter parce qu’il est déliquescent au contact de l'air humide, tandis que le neter (carbonate de soude), placé dans les mêmes conditions, est efllorescent.

Le nitre (nitrate de potasse) proprement dit, qui ne fait pas, comme le neler, effervescence avec le vinaigre, on le retirait en énormes quantités des cavernes de l’Asie, appelées colyces, qui i appellent les cavernes de l’Amérique méridionale, si riches en nitrate de soude. L’usage du nitre était très-borné dans l’antiquité; les médecins de Rome l’employaient comme diurétique. Vers le ixe siècle, il entra dans la composition de la poudre à canon; il acquit dès lors une grande importance, et reçut le nom de sel de pierre ou de salpêtre ( sel petrœ ).

Le sel maître (chlorure de sodium) était le sel par excellence. Le nom de sel, sal, vient, d’après Isidore de Séville, de exsilire, décrépiter. Le sel marin décrépite, en effet, sur les charbons ardents. Dans les premiers temps de Rome, les rations militaires consistaient en pain et en sel ; de là le nom de salaire, d’abord appliqué à la solde des troupes. Le pain et le sel, composaient la frugale nourriture du peuple qui devait subjuguer toutes les autres nations. On obtenait le sel marin par l’évaporation naturelle des eaux de mer qu’on faisait, au moyeu d’écluses, arriver dans des étangs disposés à cet effet. C’était le système des marais salants, tel qu'il se pratique encore aujourd’hui. Il y avait de ces marais, salinæ, dans l’ile de Crète et sur plusieurs points du littoral de l’Italie et de l’Afrique. En Sicile et en Cappadoce on exploitait des mines de sel gemme (sel fossile), beaucoup plus pur que le sel marin, qui était également employé pour les usages culinaires, ainsi que pour conserver les viandes et les poissons. Certains peuples, tels que ies habitants des bords du Rhin, remplaçaient le sel marin elle sel fossile par les cendres des plantes qu’ils brûlaient *.

De la Cyrénaïque, principalement des environs du temple de Jupiter Ammon, venait le sel, nommé ammos, qui signifie en grec

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