Aristote, Météorolog., II
« Les corps, disait Aristote, que l’eau ne dissout pas, le feu les dissout; et cela tient à ce que les pores de ces corps sont plus ouverts au feu qu’à l’eau. » En conséquence, il appliquait le mot fondre , r,jxM0ai, tout à la fois à la dissolution aqueuse et à la fusion ignée.
Théophraste, disciple d’Aristote, parait avoir le premier parlé, sous le nom de charbon fossile, de la houille,, et il la présente comme pouvant servir aux mêmes usages que le charbon de bois, n On en trouve, dit-il (dans son Traité des pierres), mêlée avec du succin,dans la Ligurie et en Elide; les fondeurs et les forgerons en font un grand usage. » D’après cè texte, l’usage de la houille en métallurgie remonterait à plus de deux mille ans. Le petit Traité du feu, attribué à Théophraste, renferme un passage du plus haut intérêt pour l’histoire de la chimie . En voici la traduction textuelle : « Il n’est pas irrationnel de croire que la flamme est entretenue par un corps aériforme. r. Ce fait si clairement énoncé et qui devait jouer un si grand rôle dans la fondation de la science moderne, attendit sa démonstration pendant plus de deux mille ans.
En traitant des essences aromatiques, Théophraste remarqua le premier que l’odeur est due à la volatilité des corps, qu’il n’y a que les corps composés qui alfeclent l’odorat, et que les corps simples - sont inodores.
En jetant un coup d’œil sur les systèmes des philosophes grecs, dont nous venons de reproduire les fragments les plus appropriés à notre sujet, on se demande si ces systèmes ne sont que le réveil de l’imagination en présence des merveilleux phénomènes de la nature, ou s’ils sont réellement le résultat d’une étude laborieuse des faits, plus ou moins sainement interprétés. Une chose digne de remarque, c'est que les systèmes des philosophes modernes, particulièrement celui qu’on nomme la philosophie de la nature, ont tous la plus grande analogie avec les théories des philosophes grecs.
Thalès, Démocrile, Pythagore, Platon, etc., avaient été initiés à la science des prêtres d’Egypte. C’est dans les temples d’Héliopolis, de Memphis, de Thèbes qu’était pratiqué un art qu’on pourra considérer comme l’origine de la chimie théorique.