Mémoires de la Société d’ Arcueil, t. I, p
MATIÈRE
physiciens ont cherché à la perfectionner. Nous nous bornerons à mentionner Christophe Sturm, Denis Papin, W. Senguerd, Nollet, Hauksbee, Smeaton, Cuthbertson, Schrader, Macvicar, Buchanan, Babinet, etc. Bien des points s’opposaient à son perfectionnement; tels étaient : les contacts entre les pistons et les cylindres, le système de soupapes, la tige fermant la base du cylindre, les soudures, les robinets, le métal percé de pores imperceptibles, etc.
Le fusil à vent fut la première machine à comprimer l’air. Elle fit imaginer d’autres machines plus ou moins propres à condenser ce fluide. Celles de Hauksbee et de Nollet consistent en un ballon en verre, auquel s’adapte, par le moyen d’un tube transversal, une pompe foulante en laiton. Elles ont été perfectionnées par Hurler, Billiaux, Cuthbertson, etc. Pour transformer la machine pneumatique en machine de compression, il suffit de changer le sens de toutes les soupapes.
Aérostats. — En voyant jusqu’à quel point les gaz partagent les propriétés des liquides, on pourrait croire que l’ aéronautique doit être presque aussi ancienne que la navigation. Ce serait cependant une erreur. Les tentatives attribuées dans l’antiquité à Dédale et à Icare appartiennent au domaine de la fable. Nous n’avons aucun renseignement précis sur la colombe d’Archytas, qui volait, dit-on, poussée par un air contenu en elle, aura spiritus inclusa '. Et, au moyen âge, personne n’avait songé à réaliser la conception du célèbre moine Roger Bacon, d’après lequel « il ne serait pas difficile de construire une machine à l’aide de laquelle un homme pourrait se mouvoir dans l’air aussi facilement qu’un oiseau *. » Il faut se rapprocher des temps modernes pour rencontrer des indications plus précises.
En 1670, le P. Lana, jésuite de Brescia, émit le projet de construction d’un navire à voiles et à rames qui devait voyager dans Pair. Ce navire aérien se composait de quatre sphères creuses, de 20 pieds de diamètre, et qui devaient être complètement vides d’air. Mais la manière d’y produire le vide était des plus défectueuses ; car l’auteur exigeait pour cela de remplir les sphères ou ballons d’eau et de les fermer immédiatement par un robinet après l’écoulement de Peau. Ces ballons étaient, en outre, d’une exécution à peu près impossible : ils devaient être en cuivre et n’avoir environ qu’un