R. Bacon, De mirabtli Potestate artis et naturæ
dixième de millimètre d'épaisseur *. Leibniz, Ilooke et Borelli, en critiquant le système de navigation aérienne du P. Lana, insistaient particulièrement sur le ténuité excessive des parois des ballons et sur l’impossibilité d’y faire le vide par le procédé indiqué.
Du reste, les idées de ce genre commençaient à se faire jour dès le milieu du xviie siècle. C’est ce qui résulte d’un passage de Borelli, où ce médecin et physicien de Naples (né en 1608, mort en 1679) dit que « diverses personnes se sont récemment imaginé qu’en imitant la manière dont les poissons se soutiennent dans l’eau, on pourrait mettre le corps humain en équilibre avec l’air en employant une grande vessie vide ou remplie d’un air très-rare et en la faisant d’une telle ampleur, qu’elle peut maintenir un homme suspendu dans le fluide aérien. » Mais Borelli, loin d’adopter ces idées qui assimilaient Pair à l'eau, s’attachait, au contraire, à les réfuter. « Une pareille vessie-ballon ne peut être, disait-il, ni fabriquée, ni vidée 2. »
Ces critiques n’arrêtèrent pas l’élan donné. C’était le cas de dire que Vidée était dans Pair, et qu’elle avait déjà acquis une certaine force d’expansion.
Joseph Galien, qui unissait la connaissance de la théologie à celle de la physique, publia, en 1755, à Avignon, un opuscule in-12 intitulé : L'art de naviguer dans les airs, amusement physique et géométrique, etc., réimprimé à Avignon en 1757. Voici quelques passages de ce curieux opuscule, qui fut, lors de son apparition, considéré comme l’œuvre d’un fou. « Notre vaisseau pour naviguer dans les airs, nous le construisons de bonne et forte toile doublée, bien cirée ou goudronnée, couverte de peau et fortifiée de distance en distance de bonnes cordes, ou même de câbles dans les endroits qui en auront besoin, soit au dedans, soit au dehors, en telle sorte qu’à évaluer la pesanteur de tout le corps de ce vaisseau, indépendamment de sa charge, ce soit environ deux quintaux par toise carrée. »
Après s’être étendu sur la grandeur de son vaisseau, le P. Galien continue ainsi : « Nous voilà donc embarqués dans l’air avec un vaisseau d’une terrible pesanteur. Comment pourra-t-il s’y soutenir et transporter tout un attirail de guerre Jusqu’au pays le plus
1. F. Lana, Prodromo délia artemaestra; Bressia (Rizzardi), 1670, in-fol. (Opuscule très-rare).