‹ Histoire UniverselleChapitre 27 sur 184 · Harmonicorum lib. XII, Paris, 1635, in-fol · texte numérisé non relu

Harmonicorum lib. XII, Paris, 1635, in-fol

tique est devenue une des branches les plus importantes de la physique. Mais nous allons d’abord passer en revue ce qui avait de tout temps fixé l’attention des physiciens.

Echo. — Celte répétition inattendue du son ou de la voix, qu’on entend dans les lieux solitaires, dans les bois de haute futaie, au milieu des rochers, etc., ne frappa d’abord que l’imagination. L’écho figurait dans la mythologie comme une divinité particulière , bien longtemps avant que la raison s’en emparât pour en faire un simple phénomène physique, un effet de répercussion des ondes aériennes sonores. On se borna primitivement à raconter les échos les plus merveilleux. C’est ainsi qu'il y avait, au tombeau de Melella, femme de Crassus, un écho qui répétait, dit-on, huit fois le premier vers de l’Enéide : Arma virumque cano Trojœ qui primus ab oris. Les anciens parlent aussi d’une tour de Cyzique dont l’écho se répétait sept fois. Il est beaucoup moins merveilleux que d’autres échos observés par les modernes. Il existe aux environs de Milan un écho qui se répète plus de quinze fois1. A Muyden, près d’Amsterdam, Chladni dit avoir entendu un écho, formé par un mur elliptique, et dont le son, très-renforcé , paraissait sortir de dessous terre. Le P. Kircher a mentionné un écho qui s'observe au château de Simonetta, près de Milan, dans les deux ailes parallèles situées en avant de l’édifice ; les sons que l’on produisait à une fenêtre de l’une de ces ailes étaient répétés jusqu’à quarante fois. Monge, qui- alla visiter ce château, y observa l’écho tel que l’avait décrit le P. Kircher.

Barlh a fait connaître, dans une note de la Thébaïde de Stace (xi, v. 30), l’écho qu’on entend aux rives de laNaha près des bords du Rhin, entre Bingen et Coblenz. Ce qu’il a de remarquable, c’est que l’écho, avec ses dix-sept répétitions, semble tantôt s’approcher, tantôt s’éloigner; quelquefois on entend la voix distinctement, et d’autres fois on ne l’entend presque plus; l’un n’entend qu’une seule voix et l’autre plusieurs; celui-ci entend l’écho à droite, et celui-là à gauche. Un écho semblable fut observé par dom Quesnel à Genetay, à six cents pas de l’abbaye de Saint-Georges, près de Rouen. Selon les différents endroits où étaient placés ceux qui écoutaient et ceux qui chantaient, l’écho se percevait d’une manière différente 2.

Page 1