Mémoires de l’Acad. déssc., année
Brisson, Nollel et d autres physiciens ont voulu expliquer l’écho par l’hypothèse que le son est réfléchi en ligne droite, comme la lumière, de tous les points du centre phonocamptique; c'est ainsi qu’ils nomment le lieu où le son est répété par l’écho, pour le distinguer du centre phonique, qui est le lieu où le son est produit. Mais Lagrange a montré qu’une vraie catacoustique , semblable à la catoptrique, n’existe pas l, ainsi que l’avait déjà remarqué d’Alembert dans V Encyclopédie, et après lui Euler 2.
Poisson n’adopta pas l’opinion de ces géomètres. Dans son Mémoire sur la théorie du so/i3, il entreprit de démontrer que, lorsqu’un écho se produit par la réaction de l’air qui rencontre un obstacle , la condensation rétrograde des ondes sonores suit la loi de la réflexion; d’où il conclut que l’explication de l’écho par les lois de la catoptrique est parfaitement admissible. Le savant analyste part ici de la supposition qu’il existe un obstacle qui s’oppose à la continuation des ondes sonores, que cet obstacle a une forme telle, qu’en y appliquant la loi de la réflexion, on peut déterminer la position de l’écho. Mais les faits ne confirment pas cette manière de voir; car les plus beaux échos se rencontrent, au contraire, là où il n’existe aucune surface régulière; tels sont les endroits montagneux, les forêts, etc.
Chladni 4 donna le premier, dans son Traité d’ Acoustique, une explication rationnelle des échos. Elle repose sur ce fait que le son réfléchi met toujours plus de temps pour parcourir le même chemin que n’en met le son direct, et que, par conséquent, le premier est toujours en retard sur le second. Quand l’obstacle qui réfléchit le son est peu distant, ce retard n’est guère sensible, et dans ce cas le son réfléchi se confond avec le son direct. Mais si la distance est assez grande, les deux sons cessent de se confondre, et il y a répétition ou écho. Une seule paroi réfléchissante donne un écho