Annales de Fhysique eide Chimie, t. XXV, p
MATIÈRE
Voilà comment il fut constaté, par l’observation d’accord avec le calcul, que le son se transmet environ quatre fois et demie plus vite dans l’eau que dans l’air. Celle transmission est encore plus rapide a travers les milieux solides.
François Bacon niait encore à la fin du seizième siècle la propagation du son dans les corps solides; il ne croyait à la possibilité de cette propagation que par l’intermédiaire d’un fluide fictif. Hooke montra le premier, au moyen d’un long fil de fer, que les métaux conduisent mieux le son que l’air
. Pérolle continua ces expériences, et il parvint à établir que le bois conduit le son mieux que le métal, et celui-ci mieux que ne le font les fils de soie, de chanvre, de lin, les cheveux, les cordes de boyau. Il trouva même que les différentes espèces de bois (coupés longitudinalement) conduisent le son inégalement, mais toujours mieux que les fils métalliques; et il établit à cet égard les échelles suivantes : pour les bois d’après leur ordre de conductibilité : sapin, campêche, buis, chêne, cerisier, châtaignier; pour les métaux : fer, cuivre, argent, or, étain, plomb 2.
Hassenfralz, Wünsch, Benzenberg, Chladni, Biot, etc., firent des expériences nombreuses pour démontrer que le son se propage plus vite dans les solides que dans l’air. Biot, pour ne citer que le dernier de ces physiciens, opéra sur, un assemblage de 376 tuyaux de fonte, formant une longueur totale de 951m J?5' De ces expériences, qui se trouvent décrites dans le tome II des Mémoires de la Société d’Arcueil, il résulte que dans les tuyaux en fonte de fer le son se transmet dix fois et demie plus vite que dans l’air. Mais la théorie est ici difficile à accorder avec l’observation. Cela tient à ce que la contraction éprouvée par les solides se fait suivant des lois dillérenles quand la pression s’exerce dans un seul sens, ou dans toutes les directions â la fois; de là il est facile à concevoir que la vitesse du son ne sera pas la môme dans un fil rectiligne que dans un milieu indéfini.
La transmission du son par les solides a reçu des applications diverses, parmi lesquelles nous citerons en première ligne le sléthoscope de Laënnec 3. Wheatstone indiqua comme un amusement de faire jouer une harpe ou une guitare comme par des