Voy. Newton, Traité d’Optique, liv. III, quest
:ed by Googl
que lui fit Leibniz de revenir aux qualités occultes de la scolastique, Newton se rapprocha de l’opinion qui faisait consister la chaleur dans le mouvement vibratoire d’un milieu élhéré. Il s’appuyait à cet égard sur l’expérience suivante. Si, après avoir librement suspendu deux petits thermomètres dans deux vaisseaux de verre cylindrique, l’un rempli d’air, l’autre absolument vide, on les transporte d’un lieu froid dans un lieu chaud, on verra le thermomètre du vaisseau vide marquer le même degré de température que le thermomètre du vaisseau plein d’air; de même qu’on les verra descendre tous deux également, si on les transporte d’un lieu chaud dans un lieu froid. La chaleur du lieu chaud n’est-elle pas, demande ici Newton, communiquée à travers le vide par les vibrations d’un milieu beaucoup plus subtil que l’air, milieu qui reste dans le vaisseau après qu’on en a pompé l’air? Et ce milieu n’est-il pas le même que celui dans lequel se meut la lumière? Les corps chauds ne communiquent-ils pas leur chaleur aux corps froids contigus par les vibrations de ce milieu infiniment plus rare et plus subtil que l’air 1 ?
L’opinion de Newton fut loin d’être partagée par tous les physiciens. Nollet fit contre elle l’objection que voici : tout mouvement devient d'autant plus faible et imperceptible que la masse où il se répartit est plus grande ; les plus violents incendies peuvent être déterminés par une parcelle de charbon incandescent conservée sous les cendres *. Euler trouva cette objection tellement forte, qu’il crut nécessaire d’admettre un principe particulier du feu, analogue au phlogis tique de Stahl s.
Les idées de Homberg, de ’S Gravesande, de Lemery, de Boehaave, de Musschenbroek et de beaucoup d’autres physiciens de la seconde moitié du xvm° siècle, identifiant le feu avec la chaleur, tendaient à établir la réalité d’un principe calorifique pondérable.
De longues discussions, auxquelles les chimistes phlogisticiens prirent une part très-active , s’élevèrent sur la pondérabilité du calorique : c’est le nom que les physiciens de la seconde moitié ■du xvme siècle donnèrent au fluide qu’ils supposaient remplir les interstices des atomes des corps chauds.
Une expérience faite par quelques membres de l’Académie del