‹ Histoire UniverselleChapitre 41 sur 184 · Nollet, Leçons de Physique expérim., leçon XIII · texte numérisé non relu

Nollet, Leçons de Physique expérim., leçon XIII

3. Euler, Dissert, de igné, dans le Recueil des pièces qui ont remporté le prix à l’Acad. royale des sciences, an. 1738.

MOUVEMENT

Cimento avait laissé quelque doute sur la pondérabilité du calorique, lorsque la question fut reprise par le docteur Fordyce d’Aberdeen (né en 1736, mort en 1802). Ce physicien-médecin procéda de la manière suivante : Il prit un globe de verre de 76 millimètres de diamètre, à col très-court, pesant 29*r,198; il y introduisit 110*', 053 d’eau de rivière, et la scella hermétiquement, de manière que le tout pesait 139*y251 à la température zéro. Il laissa séjourner le globe pendant 20 minutes dans un mélange frigorifique de neige et de sel, jusqu’à ce qu’il y eût de l’eau gelée; puis, après l’avoir essuyé avec un linge bien sec, il le pesa : le globe se trouva de i ,08 millièmes plus lourd qu’auparavant. Cette expérience fut répétée cinq fois, et chaque fois il y eut une augmentation qui, à raison de la quantité d’eau gelée, s’éleva jusqu’à 12, i/j milligr. On crut devoir en conclure que le calorique avait une pesanteur négative l.

Pour vérifier cette conclusion en même temps que les conjectures de Bergman sur le poids de la matière du feu, Morveau, Gouvenain et Chaussier répétèrent, en 1785, à Dijon, l’expérience de Fordyce, mais ils ne trouvèrent pas l’eau plus pesante après avoir été gelée dans des ballons hermétiquement fermés. Lavoisier, Rurnford, Fontana et d’autres physiciens arrivèrent, chacun de son côté, au même résultat négatif. Il n’y eut donc aucun fait bien établi qui permit de croire à la pondérabilité du calorique.

On commença dès lors à abandonner l’hypothèse de la chaleurmatière pour revenir à la doctrine héraclitienne de la chaleur-mouvement. En 1798, à l’occasion de la chaleur qui se produit par le forage des canons, Rumford remarquait combien il était difficile, sinon tout à fait impossible, d’expliquer ce phénomène, à moins d’avoir recours au mouvement. S’appuyant sur l’expérience de la fusion de la glace par le frottement, Davy écrivait en 1812 ; « La cause immédiate des phénomènes de la chaleur est dans le mouvement, et les lois de sa communication sont précisément les mêmes que les lois de la communication du mouvement. » Nourri des idées des frères Montgolfier, qui considéraient la chaleur comme du mouvement, M. Seguin aîné disait en 1839 : « La force mécanique qui apparaît pendant l’abaissement de température d’un gaz, comme de tout autre corps qui se dilate, est la mesure et la représentation de cette diminution de chaleur 2. »

Page 1