‹ Histoire UniverselleChapitre 45 sur 184 · Commeutaria in Primam fen Avicen. (Venise, 1646, in · texte numérisé non relu

Commeutaria in Primam fen Avicen. (Venise, 1646, in

MOUVEMENT

d’hui, ils supprimèrent l’action de la pression atmosphérique. L’appareil, composé d’une seule pièce (un tube de verre soufflé en boule), était d’abord rempli, jusqu’au quart environ du tube, d’esprit-de-vin coloré; puis on chauffait la boule de manière à faire monter la liqueur presque en haut du tube, qu’on fermait ensuite à la lampe. En portant le petit appareil dans une cave profonde, on marquait le point a, où la colonne de liquide demeurait stationnaire : c’était le zéro du thermomètre. Au-dessus et au-dessous de ce point se trouvaient arbitrairement marqués le3 degrés de chaleur et les degrés de froid. Les académiciens de Florence firent un grand nombre d’expériences avec ce thermomètre L

On commençait dès lors à sentir la nécessité d’avoir des thermomètres comparables, c’est-à-dire des instruments où les degrés de température fussent rapportés à des points fixes, invariables. Mais le plus grand arbitraire continuait à régner dans la confection des échelles , de telle manière que les degrés du thermomètre des uns ne concordaient nullement avec les degrés du thermomètre des autres. C’était la confusion des langues à propos du thermomètre. Il y eut un moment où chaque physicien se faisait un thermomètre à son usage. Cela ressort clairement de ces paroles de Jea’n Rey, écrivant au P. Mersenne le 1er janvier 1630 : « Il y a diversité de thcrmoscopes ou de thermomètres, à ce que je voys : ce que vous dites ne peut convenir au mien, qui n’est plus rien qu’une petite phiole ronde, ayant le col fort long et deslié. Pour m’en servir, je la mets au soleil, et parfois à la main d'un fébricitant, l’ayant toute remplie d’eau , fors le col ; la chaleur dilatant l’eau qu’elle fait monter, le plus ou le moins m’indique la chaleur grande ou petite a. »

Robert Boyle se plaignait encore de son temps (vers le milieu du dix-septième siècle) que les thermomètres ne fussent pas comparables. En conséquence, il proposa le premier comme point fixe le degré de congélation de l’eau. Mais les physiciens comprirent bientôt qu’un seul point fixe ne suffit pas, et que, pour faire cesser tout

1. Tentamina experimentorum nat., etc., édit. Musschenbroek (Lngd., 1731, in-4°).

2. Jean Rey, Essais sur la recherche de la cause, etc., p. 136 (Bazas, 1630, in-8»).

ftl

Fig. 15.

arbitraire dans la division des échelles, il faut au moins deux points fixes. Le second point fixe qui fut alors adopté par les physiciens était celui de la fusion du beurre. Voici la méthode décrite par Delancé dans un opuscule paru, en 1688, à Amsterdam, sous le titre de Traitez des thermomètres, etc. « On pourrait, dit l’auteur (p. 73), faire que tous les thermomètres se rapporteraient, si l’on voulait, en les divisant, observer la méthode suivante... Il faut soigneusement observer en hiver quand l'eau commence à geler et marquer alors sur la planche (échelle) l’endroit auquel répond la superficie de la liqueur rouge (esprit-de-vin coloré par l’orcanette). Mettez un peu de beurre sur la boule de ce même thermomètre, et observez quand ce beurre fondra ; vous ferez alors une seconde marque sur voire planche à l’endroit où s’arrêtera le liquide; divisez en deux parties égales l’espace qui est entre ces deux points, et l’endroit de la division sera la marque du tempéré (température ordinaire), qui ne sera ni chaud ni froid. Divisez chacun de ces espaces en dix degrés égaux. Marquez encore cinq de ces degrés au-dessus du point où le beurre fond, et cinq autres au-dessous de celui où l’eau gèle; vous aurez ainsi quinze divisions pour le froid et quinze pour le chaud. »

En 1701, Newton construisit un thermomètre en substituant à l’alcool l’huile de lin , comme pouvant supporter une température plus élevée que l’alcool sans bouillir. Il avait pris pour points de repère ou degrés comparables : 1° la glace fondante; 2° la chaleur du sang humain ; 3° la fusion de la cire ; h° l’ébullition de l’eau ; 5° la fusion de différents alliages de plomb, d’étain et de bismuth; 6° la fusion du plomb 1.

Amontons construisit, en 1702, son thermomètre avec un tube recourbé, à l’extrémité duquel il souda une boule de verre; il mit du mercure dans le tube et dans la boule, de manière qu’il restât dans celle-ci une portion d’air comprimé. Il plongea ensuite cet instrument dans l’eau bouillante, et le point où s’arrêtait le mercure en montant par sa dilatation ainsi que par celle du volume de l’air, lui servait de point comparable. Ce thermomètre avait, comme celui de Drebbel, le défaut d’être influencé par la pression atmosphérique 2.

Nous passons sous silence beaucoup d’autres thermomètres , in-

t. Philosoph. Transact., année 1701, n° 270.

2. Mémoires de VAcad, royale des sciences de Paris, année 1702.

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ventés à cette époque , pour arriver tout de suite à ceux de Fahrenheit et de Réaumur.

Daniel Gabriel Fahrenheit (né à Dantzig en 1690, mort en 1740) avait abandonné la carrière du commerce pour se livrer en Hollande à la confection des thermomètres. Ses premiers thermomètres étaient à l’esprit-de-vin; les boules y étaient remplacées par des réservoirs cylindriques. En 1714, il en donna deux, d’inégale longueur, au philosophe physicien Wolfî, qui s’étonnait beaucoup qu’ils marquassent l’un et l’autre exactement le même degré, et il chercha la cause de cette concordance dans la qualité de l’espritde-vin employé *. Ce ne fut que dix ans plus tard que Fahrenheit exposa son procédé, qui consistait à plonger le thermomètre à espritde-vin dans un mélange réfrigérant de glace, d’eau et de sel marin (les proportions n’ont pas été indiquées), et à désigner par 0» le point où l’alcool demeurait stationnaire : c’était le degré du froid extrême. Il plongeait ensuite son instrument dans un mélange d’eau et de glace : le point où s’arrêtait l’alcool était le degré de la glace fondante. L’espace compris entre ces deux points étant divisé en 32 degrés à partir de 0°, Fahrenhtit avait adopté un troisième point fixe, la température du corps d’un homme sain qui tenait la boule du thermomètre , soit dans la bouche , soit sous l’aisselle. Ce point marquait 96® à partir de 32“ (degré de la glace fondante). Mais la lecture d’un mémoire d’Amontons 1 2 lui fit bientôt adopter le point de l'eau bouillante, de même que le thermomètre du physicien français lui fit donner la préférence au mercure sur l’esprit-de-vin. Dans le thermomètre de Fahrenheit ainsi perfectionné, et qui est encore aujourd’hui d’un usage fréquent en Angleterre, l’espace compris entre la glace fondante (32° de l’échelle) et l’eau bouillante est divisé en 212“ 3.

En 1730 , Réaumur construisit le premier le thermomètre qui porte encore aujourd’hui le nom de ce physicien. Il employa pour cela l’alcool contenant une proportion d’eau telle , que le volume

du liquide augmente de en passant de la température de la

glace fondante à celle de l’eau bouillante. C’était indiquer d’avance la division de l'échelle : l’espace compris entre ces deux

1. Wolff, Relatio de novo thermomelrorum concordantium, etc., dans Act. érudit. Lips., 1714, p. 380.

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