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Descartes, les Météores, discours II

MOUVEMENT

dit-il, supposer entre les parcelles infiniment petites (atomes) de l’eau l’existence d’une matière très-subtile, élastique, impondérable (éther), et que c’est cette matière qui viendrait remplir l’espace que les petites parcelles pesantes auraient laissé par leur écartement *,

. Les physiciens partisans des qualités occultes de la matière pré- * tendaient expliquer la force ascensionnelle de l’eau à l’état de va- • peur en imaginant une légèreté positive qui, en se combinant avec les atomes, aurait pour effet de rendre les corps spécifiquement plus légers que l’air. Cette hypothèse fut réfutée par Borelli et Boyle.

Vers la même époque (entre 1650 et 1660), on découvrit un fait important, celui de l’action que la pression atmosphérique exerce sur le point £ ébullition des liquides. On trouve les premières traces de cette découverte dans les Nova Expérimenta physico-mechanica de vi aeris elastica; exper. XLIII, de Boyle. Ce grand physicien avait fait bouillir de l’eau pour en chasser l’air. Voulant soumettre ensuite cette eau refroidie à l’expérience du vide, il en * plaça une partie dans une petite fiole sous le récipient de la machine pneumatique. Après quelques coups de piston de la machine, l’eau se mit à bouillir avec force, à la grande surprise des assistants. L’ébullition ayant cessé , quelques nouveaux coups de piston la firent recommencer de bouillir. Enfin il fut constaté qu’au dehors de la machine pneumatique on ne pouvait faire bouillir l’eau que par l’application de la chaleur, a Ces expériences démontrent, conclut Boyle, que l’air peut, par sa pression plus ou moins forte, modifier beaucoup d’opérations, de telle manière que si nous chauffions des corps dans les régions supérieures de l’atmosphère, nous obtiendrions des résultats tout différents de ceux obtenus dans les régions inférieures. » La voie était ouverte ; les physiciens n’avaient qu’à la suivre.

Quelques années plus tard, Huygens et Papin répétèrent , avec le même succès, les expériences de Boyle 2. En 1724, Fahrenheit fit un pas de plus, et voici dans quelles circonstances. Nous avons vu comment les membres de l’Académie del Cimento avaient trouvé que la colonne thermomélrique se maintient invariablement au même

1 . Dechales, Tractatus de meteoris, in Mundo mathimat., t. IV, p. 6G9 (Lyon, 1690, in-fol.).

2. Pneumatical expérimente by M. Papin , directed by M. Haygens, dans les Phil. Transact., n« 122, p. 541.

point dans l’eau où il reste encore une parcelle de glace à fondre , fait précieux pour la détermination de l'un des points fixes de l'échelle thermométrique. L’observation des académiciens de Florence fut complétée par Halley. Ce physicien astronome fit, en 1693, des expériences nombreuses sur la dilatabilité des liquides dans le but de perfectionner le thermomètre. Il remarqua que l’eau se dilate beau* coup plus près de son point d’ébullition qu’à une certaine distance de ce point, et qu’une fois entrée en ébullition, sa température ne s’élève plus, et qu’elle demeure fixe, tant qu'il reste une goutte d’eau à réduire en vapeur *. Le même fait fut constaté, en 1702, par Amonlons *, sans que le piiysicien français ait eu connaissance du travail antérieur du physicien anglais. Amontous fit particulièrement ressortir l’importance de ce fait pour la détermination du second point fixe de l’échelle thermométrique.

C’est là que la question fut reprise par Fahrenheit. Averti par les expériences deBoyle, il pensa qu’il ne suffisait pas de se borner à la simple fixation du point d’ébullition, mais qu’il fallait encore tenir 'compte de la pression atmosphérique, indiquée par le baromètre. Après avoir constaté que sous uue pression plus forte que celle qui correspond à 28 pouces de la colonne barométrique, l’eau exige une température plus élevée que sous une pression plus faible, Fahrenheit proposa de ramener toujours à la pression de 28 pouces (un peu moins que 76 centimètres) la détermination du second point fixe du thermomètre. Tout cela prouve, une fois de plus, que si la continuité est l’essence même de la nature, les phénomèues ne se présentent à nos moyeus d’observation qu’isolément ou d’une manière discontinue.

De Luc (né à Genève en 1727, mort à Windsor en 1817), dans ses Recherches sur les modifications de l’atmosphère , fit une étude particulière du point d’ébullition de différentes eaux, à des hauteurs différentes. Il trouva que les eaux de pluie, de rivière et de source ont, à hauteur égale, le même point d'ébullition, et il proposa de se servir de l’eau de pluie pour marquer, sur le thermomètre, le second point fixe, en recommandant d'introduire dans l’eau bouillante tout à la fois la boule et le tube de l’instrument. Il remarqua aussi que l’eau saturée de sel marin exige jusqu’à 7 degrés de Réaumur de plus pour entrer en ébullition.

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