Annales de Chimie et de Physique, t. VII, p
par un courant électrique entre deux pointes de platine, on détermine tout à coup l’ébullition du liquide.
Par l’ensemble de ces expériences , dont les plus anciennes remontent à environ deux siècles, on est parvenu à établir comme un fait général (qu'on appellerait à tort une loi) que l’ébullition a lieu au moment où la vapeur atteint une tension maximum égale à la pression qui est exercée sur l’eau, et qu’en dernière analyse « l’ébullition n’est qu’une évaporation intérieure commençant en un point de la paroi chauffée, où l’adhérence est la plus faible, et se continuant dans l’intérieur de la bulle une fois que celle-ci est née: le mouvement ascensionnel des bulles qui courent à la surface n’est . que l’accessoire »
Les observations thermomélriques remirent sur le tapis la question du froidet du chaud, qui défrayait jadis les discussions des physiciens. Les sensations variables que chacun éprouve non-seulement dans les différentes saisons de l’année, mais encore dans les différents moments de la journée , auraient dû déjà les convaincre que le froid n’a en lui-même aucune valeur réelle , qu il n’est qu’une chaleur relative. Ce qui les faisait hésiter, c’est l’action frigorifique attribuée à certains sels, tels que le nitre et le sel ammoniac. Mariotte assigna au problème ses véritables limites. Il montra que ce n’est point par la sensation du froid que nous devons juger si une chose est sans chaleur, mais par des raisonnements fondés sur les effets physiques de la chaleur. « Pour mieux raisonner sur cette matière, il faut, dit-il, remarquer que la plupart des qualités qui nous semblent contraires, ne sont rien en réalité, mais seulement une privation ou manquement de ces qualités... Il est aisé déjuger que la qualité qui est contraire à la chaleur doit suivre la même règle, et que le froid parfait n’est autre chose qu’une privation de chaleur, d’autant que le mouvement est le seul principe, ou du moins un des principes de la chaleur, comme on le reconnaît par l’expérience des roues de carrosse qui s’allument en roulant violemment, et que les effets doivent être proportionnés à leurs causes. Si le mouvement a pour son contraire le repos, qui est une privation, le contraire de chaleur, qui est le froid, sera aussi une privation, et si les corps ne sont chauds que par un mouvement violent de leurs particules (atomes), il s’ensuit nécessairement que lorsque leur mouvement cesse, ils demeurent froids et sans chaleur. Mais,