Sylva fylvarum, p. 911 (Prancf., 1665, in- fol
Kepler est le premier qui, au commencement du xvne siècle, fit des observations exactes sur la réfraction de la lumière dans l’eau et dans le verre. U trouva que l’angle de réfraction est une partie proportionnelle de l’angle d’incidence; et il calcula, d’après cela, une table de réfraction *. Le grand astronome physicien cherchait en même temps la cause du phénomène dans la densité du milieu transparent. Cette opinion n’était pas partagée par Thomas Harriot, qui regardait la réfraction comme une réflexion de la lumière dans l’intérieur d’un milieu résistant *.
On sentait, comme d’instinct, qu’il devait y avoir une loi générale. Mais Kepler, et, avant lui, Ptolémée, s’étaient efforcés en vain de la découvrir. Descartes apparut. Dès la première application de sa Méthode, dans le second chapitre de la Dioptrique, il indiqua ce qu’on cherchait depuis si longtemps. Il suppose d'abord qu’une balle, poussée obliquement, rencontre une toile, si faible et si déliée, qu’elle passe tout au travers, en perdant une partie de sa vitesse, et qu’en continuant son chemin elle s’éloigne de la perpendiculaire ou normale prolongée. Notons en passant que cet exemple était très-mal choisi, car on ne saurait comparer à une toile un liquide qui se rompt non-seulement à la surface, mais dans tout l’intérieur de sa masse. « Afin de savoir, continue Descartes, quel chemin la balle doit suivre, considérons derechef que son mouvement diffère entièrement de sa détermination à se mouvoir plutôt vers un côté que vers un autre, d’où il suit que leur quantité doit être examinée séparément. Et considérons aussi que des deux parties dont on peut imaginer que cette détermination est composée, il n’y a que celle qui faisait tendre la balle de haut en bas, qui puisse être changée en quelque façon par la rencontre de la toile, et que pour celle qui la faisait tendre vers la droite, elle doit toujours demeurer la même qu’elle a été, à cause que cette toile ne lui est aucunement opposée en ce sens-là. » — Hobbes et surtout Fermât firent ressortir ce que cette proposition avait d’inadmissible 1 2 3. Le philosophe anglais accusait Descartes d’avoir commis un paralogisme en disant que « le mouvement de la balle diffère entièrement de sa détermination à se mouvoir. » Fermât était plus incisif : il reprochait à Descartes « de n’avoir pris de toutes les divisions de la