Arago, Notice sur Thomas Young
2. Jean-Augustin Fresnel, né en 1788, mort à Ville-d’Avray, près de Paris, en 1827, commença dès 1814 ses éludes sur la lumière, et entra quatre ans avant sa mort à l’Académie des sciences.
inégalités (le route, qui ne sont numériquement comprises, ni dans l’une ni dans l’autre de ces deux séries, correspondent à des destructions partielles de lumière, à de simples affaiblissements. Il résulte encore de l’expérience que les plus petits nombres correspondent aux rayons violets, indigo, bleus ; les plus grands aux rouges, orangés, jaunes et verts. Ces nombres sont des fractions de millimètre, insaisissables à l’œil armé du microscope. Pour le rouge, par exemple, la différence de longueur de route, faisant que deux rayons s’ajoutent ou se détruisent, est de trois dix-millièmes de millimètre.
Les interférences et les diffractions ont été la pierre de touche des deux principales théories de la lumière. Ces phénomènes sont inexplicables d’après la théorie de l’émission, qui n’admet aucune , dépendance entre les mouvements des diverses molécules lumineuses, assimilées à des projectiles isolés. Rien de plus naturel, au contraire, que l’explication des interférences suivant la théorie des ondes, théorie qui aboutit à l’identification de la lumière avec le mouvement. « Pour s’en convaincre, dit Arago, il suffit de remarquer qu’une onde, en se propageant à travers un fluide élastique, communique aux molécules dont il se compose un mouvement oscillatoire en vertu duquel elles se déplacent successivement dans deux sens contraires. Cela posé, il est évident qu’une série d’ondes détruira complètement l’effet d’une série différente, si, en chaque point du fluide, le mouvement dans un sens, que la première onde produisait isolément, coïncide avec le mouvement en sens opposé qui résulterait de la seule action de la deuxième onde. Les molécules, sollicitées simultanément par des forces égales et diamétralement opposées, restent alors en repos, tandis que, sous l’action d’une onde unique, elles eussent librement oscillé. Le mouvement a détruit le mouvement; or le mouvement, c’est de la lumière »
Les objections des Newtoniens se réduisent à une seule. Si la lumière, disent-ils, est une vibration, elle devra, comme le son, se transmettre dans toutes les directions : de même qu’on entend le tintement d’une cloche éloignée quand on est séparé par un écran qui la cache aux yeux, de môme on devra apercevoir la lumière solaire derrière toute espèce de corps opaque. Cette objection contre le système des ondes paraissait sans réplique aux partisans du système de l’émission.