Fabricius, Biblioth. græca, t. IV, p
MOUVEMENT
et moral.) part de là pour établir toute une théorie, plus subtile que vraie : « le succin attire, dit-il, les corps légers, de même que la ventouse attire les humeurs, parce qu’en vertu de f impossibilité du vide il faut bien que quelque chose vienne remplacer la chaleur qui sort de la ventouseet l’espèce de feu qui sort du succin *. » Suivant Plutarque (Quœst. Platon.), le frottement est nécessaire d abord pour déboucher les pores du succin, puis pour y entretenir une sorte de courant et de contre-courant d’air subtil.
Les anciens furent plus attentifs aux phénomènes qu’offrait l’aimant. Leur pierre d'Uèraclèe, iiflos r,p«.xMa. , ou pierre de Lydie , XWo{ XuSia, était bien notre aimant , car ils donnaient indifféremment à l’une ou à l’autre le nom de pierre de fer, XWoç oiSnphti. Mais ils l’appelaient plus souvent pierre magnésienne, XlBof /tayvjjfis, soit parce qu’on la faisait venir communément du pays des Magnésiens, soit que cette substance naturelle eût été, comme le raconte Pline, découverte par un berger, nommé Magnes : ce berger aurait été ainsi fixé au sol parles clous de ses chaussures et son bâton ferré s. Mais les auteurs qui inclinent pour la dernière version, ne s’accordent pas sur le lieu où cet accident serait arrivé au berger Magnes : les uns nomment la Troade, les autres l’Inde. Au rapport de Photius , ce furent les porteurs de pierre magnésienne qui découvrirent la propriété attractive de l’aimant; « des parcelles de cette pierre adhéraient probablement, dit Photius, à leurs chaussures, et, en marchant lentement sur une terre qui contenait du minerai de fer, ils sentaient une certaine résistance , parce que des parcelles d’aimant s’attachaient au minerai*. »>
Le minéralogiste grec Sotacus, cité par Pline, distinguait cinq espèces d’aimant, les uns mâles , les autres femelles. Il parle aussi d’un aimant blanchâtre (minerai de cobalt ou de nickel ?), comme ayant moins de force attractive que l’aimant noir. Les bétyles, les pierres qui rendaient des oracles ou faisaient d’autres prodiges, étaient des aérolithes, et on sait que les aérolithes sont presque tous magnétiques.
Les anciens étaient émerveillés de la puissance et des effets de l’aimanL Ils savaient qu’on peut l'employer à soulever des masses
1. Th. H. Martin, ta Foudre, l'Electricité et le Magnétisme chez les anciens, p. 149 (Paris, 1866, in-12).