‹ Histoire universelleChapitre 100 sur 129 · TACITE · texte numérisé non relu

TACITE

mit ordre à la confusion des lois, maintint la justice sans rigueur et sans faiblesse, punit les faux monnayeurs, supprima les lieux publics de débauche, réprima les excès du luxe, et, loin d'enrichir sa famille aux dépens de la fortune publique, il versa dans le trésor cinq millions de son propre bien. 11 avait sollicité le consulat pour son frère Florien ; on l'informa que les sénateurs lui avaient refusé leurs suffrages. «Eh bien! répondit l'empereur » sans s'émouvoir, ce refus me prouve que le sénat connaît bien le prince » qu'il a choisi. »

Les Scythes et les Colhs, recommençant leurs incursions, se répandaient dans le Pont, dans la Cilicie, dans la Cappadoce. Tacite , consultant plus ses devoirs que son âge, partit de Rome et se mit à la tète de l'armée , qui confirma par ses acclamations le choix du sénat, moins peut-être pour honorer le prince que pour rappeler ses propres prétentions. I/empereur attaqua les Barbares , les battit en plusieurs rencontres, et les chassa d'Asie. Indulgent pour les faiblesses, il se montrait inflexible contre le crime : les complices du meurtre d' Au rélien furent envoyés par lui à la mort.

Ayant confié le gouvernement de Syrie à un de ses parents , nommé Maximin , cet homme ambitieux et cupide, loin de justifier son choix par sa conduite, souleva contre lui le peuple et les soldats; ils le tuèrent. Tacite voulut sévir contre les coupables; sa sévérité excita la haine de plusieurs officiers qui conspirèrent contre lui et le poignardèrent. 11 perdit la vie près de Tyane, à cinquante-six ans : il n'avait occupé le trône que six mois.

Son règne fut celui des lois; il n'aurait point redouté le jugement sévère d'un historien tel que ce Tacite dont il se glorifiait de descendre, et dont il fit copier et répandre les ouvrages dans toutes les bibliothèques de l'empire. Ami des lettres, il les protégea et les cultiva. Aucun acte arbitraire ne souilla sa vertu ; il respectait l'autorité du sénat et la liberté du peuple ; et si Aurélien releva l'empire, on peut dire que Tacite ressuscita quelques moments la république.

CGC PROBUS.

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