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PROBUS

(An de Rome 1028. — De Jésus-Christ 2*6. )

Probus est proclamé empereur par l'armée. — Son origine. — Sa vie privée et publique. — Élection et mort de Florien, frère de Tacite. — Déférence de Probus pour le sénat. — Ses victoires dans le» Gaules et en Illyrie. — Son entrevue avec les ambassadeurs de Varanne. — Paix entre Probus et Varanne. — Révolles parmi les légions. — Travaux de Probus. — Mort de Probus.

Après la mort de l'empereur, la conduite des armées prouva que leur modération, produite par la fatigue des discordes civiles, n'était que momentanée. Les principaux officiers des troupes qui se trouvaient en Cappadoce , s'étant concertés, rassemblèrent les légions et leur représentèrent la nécessité d'élire un empereur digne de leurs suffrages par sa vaillance , par sa juslice, par son expérience et par sa probité. Dès que ce mot de probité eut frappé les oreilles des soldats, ils s'écrièrent tous : « Nous voulons que Probus » soit empereur ! » Cette acclamation unanime fit à la fois son élévation et son éloge.

Probus, âgé alors de quarante-quatre ans, était né d'une famille obscure, en Pannonie. Son père était laboureur, et Probus employa sa première jeunesse à cultiver la terre, qu'il devait un jour gouverner. Enlevé à cette vie paisible par les lois militaires, il ne dut son avancement qu'à son courage. Forçant les retranchements ennemis, montant le premier sur les remparts des villes assiégées, abattant sous ses coups les Barbares les plus signalés par leur force et par leur audace, il arracha de leurs mains ValériusFlaccus son général , parent de Valérien, et lui sauva la vie. Ayant tué dans un combat singulier Aradion, célèbre en Afrique par son courage, il honora la valeur du vaincu en lui élevant un monument ; bientôt il s'acquit le renom du plus brave des Romains.

Des couronnes civiques, des bracelets, des colliers d'or, nobles prix de ses exploits, furent longtemps ses seules richesses; il refusait sa part du butin, et

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scs compagnons furent obligés d'user de violence pour lui faire accepter un superbe coursier enlevé au roi des Mains. .

Yaléricn, dont le principal talent fut de discerner et de placer le mérite, releva au rang de tribun, et lui écrivit cette lettre honorable: « Quoique je me » hâte de vous donner le prix dû à vos nombreux services et à vos brillantes » actions, vous êtes si prompt à mériter, (pie je parais lent à récompenser. »

Ses talents, sa fermeté, son incorruptible justice forcèrent Gallien même à conserver pour lui des égards et presque du respect. Aurélien lui accorda sa confiance, le revêtit d'emplois importants, prévit sa haute fortune, et lui écrivit un jour : « Recevez, pour prix de mon estime, le commandement de la » dixième légion que Claude autrefois m'avait confié; ce corps est heureux : il » semble que sa prérogative soit de n'avoir pour commandants que des chefs » destinés à devenir empereurs. »

Enfin, lorsque le vertueux et modeste Tacite refusait d'accepter le fardeau de l'empire, il invita le sénat à le déposer dans les mains justes et fermes de Probus. Les ambitieux sans talents ne voient que les avantages et les jouissances du pouvoir suprême; l'homme qui en est digne en connaît seul les devoirs, les peines et les périls. Probus, loin de remercier l'armée de l'honneur qu'elle lui déférait^ voulut d'abord le refuser : « Soldats, dit-il, réfléchissez au choix que » vous faites. Si vous espérez un chef qui favorise vos passions, qui autorise la » licence, qui permette l'oisiveté, vous vous trompez. Pesez mûrement mes » paroles. Si vous persistez à me vouloir pour empereur, je vous préviens que » je serai inflexible contre la débauche, inexorable pour le crime; et que vos » bras seront sans cesse emplovés à combattre ou à travailler, et qu'enfin je » saurai rendre à l'antique discipline toute sa vigueur. »

L'austérité de ses paroles ne changea point l'opinion, et des cris unanimes le forcèrent d'accepter le rang suprême.'

Dans le même temps une autre armée qui combattait les Goths, près de Byzance, élut pour empereur son commandant Florien, frère de Tacite, et sa nomination fut d'abord confirmée à Rome par le sénat et par le peuple. Florien, s'occupant plus de son intérêt que de celui de l'État, conclut une paix désavantageuse avec les Goths, acheta leur éloignement, et marcha contre Probus. Après quelques actions peu importantes, les soldats de Florien se révoltèrent et le tuèrent.

Probus, délivré de ce concurrent, écrivit au sénat, reconnut les droits et l'autorité de ce corps, l'assura qu'il n'avait pris la pourpre que par contrainte, forcé de céder à la violence que lui faisaient les troupes, et qu'il se soumettrait avec respect au choix (pie feraient les sénateurs. Cette déférence modeste causa d'autant plus de satisfaction au sénat, qu'il parut, par ce moyen, donner ce qu'il ne pouvait refuser, et le consul Manliufl Lmilius fut universellement applaudi, lorsqu'en proposant de confirmer le choix de l'armée, il exprima le vœu du sénat en ces h rnies : • Nous espérons (ous que Probus gouvernera la » république comme il l'a servie4. ■>

L'empereur poussa encore plus loin que Tacite son respect pour le premier

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