‹ Histoire universelleChapitre 102 sur 129 · C8 PROBUS · texte numérisé non relu

C8 PROBUS

corps de l'État; il lui abandonna sans restriction toute l'administration civile de l'empire, ne se réserva que le commandement des armées, et soumit même à la révision du sénat les jugements rendus et les décisions prises par les ducs (duces), commandants militaires des provinces.

Le commencement de son règne fut signalé par un acte de justice et par un acte de générosité : il lit périr les meurtriers de Tacite et accorda une pleine amnistie aux partisans de Florien.

Plus occupé de remplir les devoirs du trône que de jouir à Rome de son éclat, l'empereur conduisit son armée dans la Gaule : les peuples du Nord et de la Germanie, formés en confédération sous les noms de Francs, de Vandales, de Bourguignons, ayant dévasté une partie des Gaules, cherchaient à s'établir dans cette fertile contrée. Probus, aussi rapide que César, les attaqua , les battit successivement, reprit sur eux soixante-dix villes, leur livra trois grandes batailles; et, après les avoir chassés au delà du Rhin, et leur avoir tué quatre cent mille hommes, il les poursuivit en Germanie, livra leur pays au pillage, reprit sur eux les fruits de leurs rapines, punit leurs barbares excès en mettant leurs têtes à prix, et les força enfin de déposer leurs armes et de se soumettre : « Pères conscrits, écrivit-il au sénat, nous n'avons laissé aux vaincus qu'un » sol dépouillé. Leurs richesses sont à nous ; leurs bœufs labourent nos terres; » leurs troupeaux nourrissent nos soldats; leurs haras remontent notre cavale- » rie; nos greniers sont pleins de leurs blés. Les immortels ont daigné confir- » mer le jugement que vous avez porté de moi ; neuf rois sont venus se pro- » sterner à mes pieds ou plutôt aux vôtres. La Gaule est délivrée, la Germanie » subjuguée; ordonnez donc de solennelles actions de grâces aux dieux. »

La reconnaissance des villes de la Gaule délivrées lui avait offert un grand nombre de couronnes d'or. Il les envoya au sénat, et les consacra à Jupiter. Revenu à Rome, il exerça le consulat avec l'assiduité, la justice et la simplicité d'un ancien Romain. L'année suivante, il marcha dans l'Jllyrie que pillaient les Sarmates : les Barbares furent vaincus et chassés. La terreur de son nom délivra, sans combat, la Thrace de la présence des Goths. La victoire suivait partout ses armes : les belliqueux habitants des montagnes de la Cilicie, qu'on nommait alors les Isaures, lui opposèrent plus de résistance : autrefois, couvrant la mer de leurs vaisseaux, ils avaient fait trembler Rome. Pompée, en les soumettant, leur dut sa gloire. Depuis, profitant des désordres de l'empire, Us reprirent leur audace, leur indépendance, ravagèrent la Pamphylie, la Lydie, parcourant la terre en brigands et les mers en pirates. Probus en triompha, tua Lydius leur chef, et les poursuivit jusque dans leurs cavernes : leur opiniâtreté céda à sa constance; ils lui livrèrent leurs forts et se soumirent.

Un peuple jusque là inconnu, lesBlemmyes, sortis de l'Ethiopie, répandaient la terreur en Egypte, et s'étaient emparés, dans la Thébaïde, des villes de Coptoset de Ptolémaïde. Les lieutenants de Probus les subjuguèrent. 11 manquait à la gloire de l'empereur d'abaisser l'orgueil des éternels ennemis de Rome, les Parthes et les Perses, encore maîtres de l'Arménie. Probus, à la tête de son armée, marcha contre eux. Le roi Varanne II lui envoya une magnifique am

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