‹ Histoire universelleChapitre 2 sur 129 · PREMIERS TEMPS · texte numérisé non relu

PREMIERS TEMPS

jure; mais elles n'avaient ni l'intention ni le moyen de faire des conquêtes. On quittait la charrue pour l'épée, et on revenait du camp à la charrue. On ne connaissait pas les machines de guerre; un mur et un fossé arrêtaient une armée. Il n'existait point de troupes soldées. Lorsqu'un peuple étranger faisait une invasion, on le chassait si on était le plus fort; en cas de défaite, on cédait au vainqueur le terrain nécessaire pour fonder une nouvelle cite.

Si l'on en croit Denys d'Halicarnasse, ces peuples adoptèrent promptement la religion des Grecs, en la dégageant des fables qui avilissaient les dieux. Il paraît que les Étrusques firent d assez grands progrès dans les lettres et dans les arts; les autres peuples d'Italie envoyaient leurs enfants étudier en Étrurie. On a trouvé d'anciens monuments, et on conserve des vases étrusques qui appuient cette opinion.

La faiblesse humaine aime à consulter les dieux pour lire dans l'avenir. Les Grecs croyaient que les dieux parlaient par la voix des oracles. En Italie, manquant de ce moyen, la superstition fit étudier les présages: la rencontre d'un animal destructeur était de mauvais augure; la vue d'un essaim d'abeilles ou d'une colombe semblait favorable. On jugeait de la volonté des dieux par le nombre pair ou impair des cailloux qu'on ramassait au hasard, ou des animaux qu'on rencontrait, ou des coups de tonnerre qu'on entendait. La direction des éclairs et celle du vol des oiseaux servaient aussi de présages.

Les mots ^augures et d'auspices vinrent, le premier, du cri des oiseaux; le second, de leur vol, de leur marche et de leur figure. On nommait aruspices ceux qui se vantaient de savoir lire dans le sein des animaux égorgés. Les prêtres, pour augmenter leur autorité, prétendirent avoir le secret de changer les mauvais présages. Ils exigeaient des sacrifices, et ordonnaient des expiations pour apaiser les dieux irrités; et ce fut cette superstition qui, après avoir fait immoler tant d'animaux , porta presque partout les peuples à sacrifier au Ciel des victimes humaines. De là vint aussi la magie, science fausse, avec laquelle on se flattait, avec le secours des bons et des mauvais démons, non-seulement de connaître l'avenir, mais même de changer la marche de la nature.

Ces superstitions, gravées par la crainte dans le cœur des peuples d'Italie, formèrent une grande partie de leur culte et de leur législation; ils ne faisaient aucun acte privé ou public sans consulter les augures, sans offrir des sacrifices et sans apaiser les dieux par des expiations.

Il existait près de chaque cité des lieux qu'on regardait comme sacrés : la charrue en respectait le sol; ia hache n'osait approcher de leurs arbres; les bannis et les criminels y trouvaient un asile inviolable. Chaque ville honorait particulièrement son démon, son génie ou son dieu protecteur, dont on cachait soigneusement le nom, pour que l'ennemi ne pût se le rendre favorable en l'invoquant. Chaque maison renfermait ses dieux tulélaires, qu'oij appelait lares ou pénales.

Denys d'Halicarnasse dit que les premiers habitants du Latium s'appelaient Siciires, et que les Latins, qui les remplacèrent, tiraient leur origine des Grecst

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