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RÉPUBLIQUE ROMAINE

d'Octave, elle lui rappela l'amour que César avail eu pour elle, les bienfaits qu'elle tenait de sa générosité, et les promesses sacrées qu'il lui avait faites. Elle lui montra plusieurs lettres de ce grand homme; et, tandis qu'elle employait toutes sortes d'artifices pour persuader à son vainqueur qu'il devait plutôt voir en elle l'amie de son père que la maîtresse de son ennemi, s'animant par degrés dans cet entretien, elle rendait à ses yeux leur ancien éclat, et découvrait adroitement aux regards d'Octave des charmes qui surpassaient ce qu'il en avait entendu raconter.

Auguste, trop froid, trop ambitieux pour se laisser prendre aux pièges de l'amour, l'écouta sans être ému, et feignit seulement de lui laisser quelque espoir de grandeur et d'indépendance.

La reine, trop habile pour être trompée, pénétra ses desseins secrets, et résolut, par une mort courageuse, d'échapper au sort humiliant qui lui était préparé. A la suite d'un festin, s'étant retirée au fond de son palais, elle approcha de son sein un aspic caché dans une corbeille de fruits; et bientôt une mort douce et profonde, la délivrant des chaînes d'un vainqueur inflexible, termina, sa vie et ses malheurs.

Auguste souilia son triomphe par la mort de Césarion. Le maître du monde craignit un enfant. L'ambition étouffait en lui la voix de la nature et de la vertu.

11 laissa la vie au fils d'Antoine, réduisit l'Egypte en province romaine, et retourna à Rome. Il y fut reçu avec une joie universelle par le peuple, enivré follement d'une gloire qui détruisait pour toujours sa liberté.

Son triomphe dura trois jours; il ferma le temple de Janus, dont les portes étaient restées ouvertes depuis deux cent cinq ans, et jouit en paix et sans obstacles de l'empire du monde.

Telle fut la fin de la république romaine : elle ne périt point, comme la Grèce, sous les coups d'un maître étranger; elle ne succomba pas, comme Carthage, sous la puissance d'une rivale triomphante; on ne la vit point s'éteindre, comme d'autres États, dans les langueurs d'une honteuse vieillesse : cette république, souveraine des rois, victorieuse des peuples les plus belliqueux, maîtresse des trois parties du monde, ne pouvait être vaincue que par ses propres armes. Jamais sa puissance n'avait jeté plus d'éclat qu'au moment où elle perdit sa liberté; ses richesses seules causèrent sa ruine; et, comme la la vertu ne soutenait plus sa force, elle périt par l'excès même de ses prospérités, et s'affaissa sous le poids de sa grandeur colossale.

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EMPIRE ROMAIN

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