‹ Histoire universelleChapitre 58 sur 129 · NERVA · texte numérisé non relu

NERVA

(An de Rome 858. De Jésus-Christ 9G. )

Élévation de Nerva au trône. —Son édit contre la délation. — Faiblesse de Nerva. — Ses belles quartés. — Ué\o!te des soldats. — Association de Trajan à l'empire. — Portrait de Trajan. — Mort de Nerva.

Après un siècle de tyrannie, dans lequel Vespasien et Titus seuls firent luire quelques beaux jours, le sort ouvrit aux Romains un siècle de bonheur et de gloire; et cette longue époque, où régnèrent toutes les vertus, sous les noms de Nerva, de Trajan, d'Adrien, d'Antonin et. de Marc-Aurèle, est peut-être, parmi celles que nous offrent les annales du monde, la seule où tous les peuples de la terre aient joui pleinement du bonheur que donne l'alliance trop rare de la monarchie et de la liberté. « Heureux temps, dit Tacite, où l'on pouvait ■ enfin nenser ce qu'on disait, et parler comme on pensr."

Les conjurés ne s'étaient point bornés à méditer la tyran

étaient convenus d'avance du successeur qu'on devait lu dtonner,ei îeurs «$■> gards s'étaient portés sur Nerva, vieillard septuagénaire, nonore dans sa jeunesse par ses talents militaires, par son amour pour les lettres; dans sa maturité, par deux consulats et par les ornements triomphaux; dans sa vieille, par sa prudence, par sa douceur et par sa vertu. Son mérite modeste le déroba aux soupçons de Domitien ; il entra dans la conspiration contre ce monstre, non par ambition, mais par amour pour sa patrie, et il céda moins au désir de la gouverner qu'à celui de la sauver.

Sa famille était originaire de Crète; dès que les meurtriers de Domitien l'eurent désigné au sénat, ce corps s'empressa de le proclamer empereur : tout l'empire applaudit à ce choix. Les prétoriens seuls gardaient un farouche silence; ils regrettaient un empereur qui avait augmenté leur solde, une tyrannie dont ils s'étaient vus les instruments et l'appui, et qui les comblait de ses

Page 1