CHAPITRE XIV
( An de Rome 850. — De Jésus-Chrisl 93. )
Séjour de Trajan en Germanie. — Son arrivée à Rome. — Guerre avec les Daces. — Victoire de Trajan. — Nouvelle guerre avec les Daces. — Nouvelle victoire de Trajan. — Son retour et son triomphe à Rome. — Érection de la colonne trajane. — Sage administration de Trajan. — Fléaux en Italie. — Bannissement des délateurs. — Lettre de Plutarque à Trajan. — Belles qualités de Trajan. — Ses utiles travaux. — Majesté rendue au sénat. — Bonheur des citoyens. — Voyages de Trajan. — Pline est gouverneur de province. — Sa clémence envers les chrétiens. — Guerre avec les Parthes. — Victoires de Trajan. — Ses conquêtes. — Révolte des Juifs. — Leur entière défaite. — Retour et mort de Trajan. — Adoption d'Adrien par Trajan , supposée par Plotine.
Le nouvel empereur possédait cette fermeté de caractère qui éloigne tous les dangers, parce qu'elle empêche de les craindre. La peur les attire, le mépris les écarte, et l'on inspire presque toujours la confiance qu'on éprouve. Trajan, se croyant certain d'obtenir l'estime et l'affection qu'il méritait, ne négligea point l'empire pour Rome, et ne se pressa pas d'arriver dans cette capitale.
Il resta plusieurs mois en Germanie, occupé des soins divers qu'exigeait cette frontière importante. Lorsqu'entin il parut dans la capitale du monde, au lieu d'y faire son entrée en maître et en vainqueur, il s'y montra en citoyen, à pied, sans cortège, et d'autant plus grand qu'il paraissait plus modeste.
Ses prédécesseurs s'étaient fait dispenser de l'observance des lois : il en jura l'exécution, et, pendant cette cérémonie, se tint debout devant le consul assis. Il rendit un compte public de l'argent dépensé dans son voyage, exemple salutaire qui, s'il eût été suivi, aurait empêché les princes de faire aucune dépense honteuse à publier.
Sa haute fortune n'avait fait aucun changement en lui : ses anciens amis le trouvaient le même; il les traitait avec la même familiarité, et il n'en méconnaissait aucun.