‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 104 sur 135 · CONSTITUTION DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE L'ÉGLISE

des États où était disséminée la communauté spirituelle, États indépendants, distincts par la variété des lieux, des races , des langages. Si, de même que les gouvernements temporels sont multiples, chaque peuple se füt attribué un clergé particulier, comment serait-on parvenu à s’accorder dans l'interprétation des textes, sacrés? Comment eût-on précisé la tradition sans se laisser entrainer, soit par la vanité nationale, soit par un despotisme capricieux, ou par l'ignorance que produit l'isolement ?

L'unité du sacerdoce était donc indispensable pour que les diverses communautés civiles, s’unissent dans une seule association spirituelle, et pour obtenir une civilisation universelle defait comme de nom.

De cette manière, l’autorité ecclésiastique est assurée à côté de l'autorité temporelle, sans que l’une soit menacée par l’autre. Les membres de la société spirituelle, en quelque lieu qu’ils soient, ne formant qu’un seul corps, se surv-illent et se soutiennent mutuellement, toutes les fois qu'il s’as:£ de droits et de devoirs comruns ; si, dans un pays, la peur ou la corruption les fait tomber dans l'erreur, ceux de :& les autres se lèvent aussitôt pour les rappeler aux traditiors primitives, pour offrir aux consciences chancelantes l’appui de l'opinion générale , et pour opposer à la volonté des forts la barrière la plus solide, la plus légale , la seule qui puisse les réduire à ne régner que sur les corps, en laissant pleine liberté aux âmes et aux intelligences.

Quant aux peuples, ils se trouvent soumis à une autorité que n’impose pas la force, mais telle que l’esprit peut s’incliner devant elle sans s’avilir, puisqu’elle oblige et ne contraint pas,

L'ordre extérieur de l’Église dérive de celui des Israélites, mais il est perfectionné ; il substitue aux lévites de l’ancienne loi le sacerdoce nouveau, qui, par la communication de l’Esprit-Saint, commert:2 aux apôtres, se continue dans leurs successeurs. Ce sacerdoce prend le nom de clergé, c’est-à-dire succession, parce que, comme la tribu de Lévi, il a pour unique héritage le service divin.

Avec le sacerdoce s’introduit une distinction , inconnue des Grecs et des Romains , entre les prêtres et les laïques, distinction que l’on trouve chez les chrétiens dès l’origine. Les prêtres, se destinant au service spécial de Dieu, recevaient leur mission et leur dignité des évêques par l'imposition des mains. Les apôtres ne communiquèrent pas un pouvoir égal à tous les ecclésiastiques , mais ils en nommèrent quelques-uns prêtres (anciens), d’autres évêques { infendants ); et, bien que le titre de prêtre soit parfois

Évêques

Suprématie des papes,

donné aux derniers à carise dés fonctions qu'ils exérçaient, le'contraire ne se rencontre jamais, quoi qu’en disent ceux qui supposent que l'épiscopat est üne usürpation ambitiéuse. Saint Ignace donne la preuvé que la hiérarchie était établie ‘dès les premiers temps, lorsqu'il exhorte lés Magnésiens à ne former qu'un tout harmonique avec léur évêque représentant Jésus-Christ, avec les prètres représentant les apôtres, et avec les diacres chargés du soin des autéls : gradation confirmée par les écrivains qui suivirent.

Chaque communauté n'avait qu’un évêque, dans l'unité duquel se reproduisait celle de l’Église (1). Tant que vécurent les apôtres, les évêques furent leurs coudjutèurs dans lés travaux évangéliques, puis leurs successeurs comme dépositaires de la pureté de la doctrine ét de la plénitude du sacerdoce. Chrétiens pour eux, évêques pour les autres (2) , rien de distinctif dans leur habillement ne révélait leur rang, et ils continuaient les œuvres auxquelles ils s’étaient d’abord habitués ; ils vivaient frugalement, gagnaient leut noutriture du travail dé leurs mains (3), présidaiènt aux rites et à l'enseignement et terminaient les différends que les fidèies répugnaient à porter devant les tribunaux laïques, Ils ne cherchaient à se soustraire à aucune des fonctions du sacerdoce, commé de consoler, de secourir, de protéger, ni aux autres devoirs qué la religion chrétienne impose à ceux qu’elle élève, Tout nouvel évêque communiquait son élection à ses confrères par des lettrés pastorales (ypéuuara xavovix) dans lesquelles il faisait sa profession de foi ; ils se communiquaient ensuite les uns aux autres la liste des excommuniés, afin qu'aucun d’eux ne püt se glisser dans d’autres églises ; enfin ils donnaient aux fidèles de leur diocèse des lettres de recommandation (/itteræ formatæ ) iorsqu’ils avaient un voyage à faire. L’universalité favorisait ainsi les relations, ce qui était un moyen puissant de civilisation.

L'Église de Rome joignait à l'avantage de se trouver dans la première ville du monde, la gloire d'avoir été fondée avant les autres Églises d'Occident et par le plus grand des apôtres , dorit elle avait vu le martyre ainsi que celui de saint Paul ; ce qui faisait considérer sans difficulté son évêque comme le chef de la hiérarchie, bien que les autres patriarches élevassent de terpe à autre des + Me contraires.

L' suprémat'e de l’évêque de Rome étant le point catftat de la

(1) Unde scire debes episcopum in Ecclesia esse, et Fiéclesiam in episcopo; el si qui cum episcopo non sint, in Ecclesia non esse, (CYPREN, Ep, 69.) (2) SAINT AUAUSTIN, Sern, 359,

(3) Saunr Évbipiiane, En Aær,, h, 4

CONS mêm ques testé exert ce do cile tence était au m leme ses q sur d confi que t les se les m Hilair se so!

Le co de ses en rec succe:

l'Épir

(2) « doute, précisé pour de Mais

(3) Æ quan :

papa u quid sa coporui modera Cette « détachè se r'appe ment, l” lieux où le décre haissanc posé qu

pus se bosse 2 2

UIRUCT

le'consuppo- Ignace ‘emiérs n tout vec les du soin rent.

duquel pôtres, liques, la docévêques tne réils s’ént leut tes et à 8 répuhaient à de cona reliévêque s pastossion de ste des l’autres lettres voyage était un

dans la ant les es , dorit hi faisait hicrarà autre

al de la

PpisCopo; 1p. 69.)

HIÉRARCHIE ECCLÉSIASTIQUE. d93

constitution catholique, tous les dissidents et plusieurs catholiques même se levèrent pour la nier ou Ja restreindre. Sans traiter cette question, nous dirons que la Venup de saint Pierre à à Rome est attestée dès les premiers siècles, et que dès lors les évêques de Rome exerçaient, en certains. cas, une juridiction sur lés autres évêques ; ce dont font foi différents passages des Pères, spécialement le concie de Sardique (4), qui permet. aux prélats d'appeler de la sentence synodale à l’évêque de Rome. Cette suprématie , cependant,

était plutôt d'ordre et de dignité que de pouvoir ou de juridiction, au moins dans la pratique (2): Quand l'Église universelle fut légalement reconnue, qu’elle put réunir ses représentants et publier

ses décrets ‘dans tout l'empire, l'autorité du saint-siége se fonda sur des actes légitimes, émanés de la puissance ecclésiastique et confirmés par le pouvoir civil. Gratien et Valentinien ordonnèrent que tout évêque pût porter appel devant le pontife de Rome contre les sentences du métropolitain, qui, dans ce ‘as, devait exprimer les motifs de sa décision ; Valentinien LIL, malgré l'opinion de saint Hilaire, évêque d'Arles, voulut que les évêques fussent tenus de se soumettre aux arrêts émanés du pape de la ville éternelle (3).

Le concile de Chalcédoine demanda à saint Léon la confirmation de ses décrets ; les évêques d'Orient écrivirent au pape Symmaque en reconnaissant que les brebis du Christ avaient été confiées au successeur de saint Pierre dans tout le monde habité, et ceux de l'Épiré demandèrent à Hormisdas d'approuver l'élection qu’ils

(1) Can. 3, 4,5.

(2) « La suprématie monarchique du souverain pontife... n’a point été sans doute, dans son origine, ce qu'elle fut quelques siècles après ; mais c’est en cela précisément qu'elle se montre divine; car tout ce qui existe légitimement, et pour des siècles, existe d'abord en germe et se développe successivement, » (DE Mastre, Du Pape.)

(3) Hoc perenni sanctione decernimus , ne quid tam episcopis gallicanis quam aliarum provinciarum CONTRA CONSUETUDINEM VETEREM liceaf sine papæ urbis ælernæ auctoritate tentare; sed illis omnibus pro lege sit, quid: quid sanæit vel sanxerit apostolicæ sedis auctoritas, ita ul quisquis episcoporum ad judicium romani antistitis evocatus venire neglexerit, per moderatorem ejusdem provinciæ adesse cogatur, Code Théod., année 445, Cette suprématie étant le fondement de l'unité catholique, tous ceux qui s’en détachèrent durent la combattre, ls objectèrent donc que le décret de Gratien se rapportait au schisme d’Ursicin, alléguant que, pour ce cas particuliér seulement, l’empereur avait étendu la juridiction de l'évêque de Rome dans tous les lieux où le schisme s'était répandu. En ce qui concerne le concile de Sardique et le décret de Valentinien ITE, comme il était impossible de n’y pas voir la reconnaissance de la suprématie papale, ils prétendirent que le premier n’était composé que d'évêques d'Occident, et que l'empereur ne pouvait nullement pro- Mülguër des 1018 auxquelies l'Orient fat tenu d’obéir.

Patriarches,

venaient de faire d’un évêque. Ce pape rédigea un formulaire que les évêques durent transmettre signé d’eux aux métropolitains , ceux-ci aux patriarches, les patriarches au pontife, comme symbole de l’unité que les Églises d'Orient acceptèrent, s’empressant de mériter la communion du siége apostolique, dans Lequêl réside la véritable et entière solidité de la religion chrétienne. Nous verrons plustard ce qui contribua à mieux consolider encore, même extérieurement, la suprématie papale.

L'Église, dans les premiers siècles, me connaissait d’aatres patriarches que les évêques de Rome, d'Alexandrie et d’Antioche. « Ces trois anciens patriarches, écrit Grégoire le Grand, sont assis « sur une seule et même chaire apostolique ; ils exercent une su- « prématie, parce qu’ils ont hérité du siége de saint Pierre et de « son Église, que le Christ fonda dans l'unité, en lui donnant un « chef unique pour présider aux trois siéges principaux des trois « cités royales, afin qu’elles fussent liées du nœud indissoluble de « l’unité, et liassent étroitement les autres églises au chef divine- « ment institué pour être le sommet de l'unité entière. » Ces patriarches dépendaient de celui de Rome, attendu que saint ierre ordonna saint Évode et saint Ignace , patriarches d’Antioche, et que saint Marc fut envoyé par lui pour fonder le siége d'Alexandrie. Mais ces patriarches exerçaient leur autorité sur les métropolitains et sur les évêques de la province entière (1); ils les ordonnaient, recevaient l’appel de leurs sentences, convoquaient les synodes, et stauuient dans les causes importantes. Les glorieux souvenirs qui se rattachaient à Jérusalem, y firent établir par la suite un patriarche, qui, après la destruction de la ville, se transporta à Césarée ; il revint à Jérusalem au temps du concile de Chalcédoine, et il avait sous sa direction l’Arabie Pétrée et les trois Palestines. L’évêque de Constantinople fut aussi élevé à cette dignité, quand cette ville devint siége de l’empire. A l'époque du schisme pour les Trois Chapitres, ce titre fut donné à l’évêque d’Aquilée, duquel il passa à celui de Venise.

Dans l’Orient , d’autres dignitair. zouvernaient, sous le nom de catholiques , les Églises principales placées hors de l'empire, comme celles d'Arménie, de Perse, d’Abyssinie, et résidaient à Sis , à Séleucie, à Axum; ils recevaient l'investiture ecclésiastique des patriarches d’Antioche ou d'Alexandrie, et, une fois

(2) « Nous pensons que, coinme vous ordonnez les inétropolilains de votre autorité propre, vous ne devez pas permettre que d'autres créent des évêques

à votre ineuet sans votre approbation. » (Ëp. d'innocent I à Aiemandre, pa-

triarche d'ntioche.)

ire que litains ,

1e symmpres=

dans le-

nm chrénsolider

tres pantioche.

ont assis une sure et de mant un des trois luble de f divinee, » Ces at Lierre oche, et xandrie.

politains nnaient , 1odes, et ouvenirs suite un rta à Cécédoine, ilestines.

é, quand pour les duquel il

le nom ’empire , ésidaient :cclésiasune fois

s de votre es évêques

undre, pa-

institués , ils exerçaient la même juridiction que les patriarches, réunissant les conciles, consacrant et jugeant les évêques, donnant la solution des controverses, déléguant des vicaîrés et des exarques dans les provinces éloignées.

On appelait vicaires apostoliques les légats envoyés par le pape avec des pouvoirs extraordinaires, pour maintenir ou rétablir l’ordre et l’union dans une Église, instituer des évêques et des monastères dans des pays nouvellement convertis. Les exarques étaient députés avec les mêmes attributions par les patriarches ; dans les lieux où ceux-ci n’existaient pas, ils étaient suppléés par les primats, qui avaient sous leur dépendance les métropoli-tains de tout un pays ou royaume , et qui résidaient dans les villes où se trouvaient les vicaires impériaux. En 417, le pape Zosime conféra le titre de primat des Gaules à Patrocle d’Arles, avec le droit d’ordonner les évêques de la Narbonnaise et de la Viennoise , de prononcer sur leurs différends, de déléguer la décision des affaires à des personnes de son choix, en réservant néanmoins au saint-siége les causes d’une importance majeure. Les autres Églisse voulurent par la suite se rendre indépendantes de celle d’Arles , ce qui fit que la France finit par avoir huit primats, savoir, les évêques d’Arles, de Vienne, de Narbonne, de Lyon, de Sens, de Bourges, de Bordeaux et de Rouen. En Italie, les principaux siéges étaient à Rome et à Milan. Dans l'Espagne citérieure, Tarragone ; Séville, dans l’ultérieure ; Braga, dans le pays des Suèves , depuis le Portugal ; Cantorbéry, en Angleterre ; Armagh, en Irlande; Saint-André, en Écosse ; Mayence, en Germanie ; Gnesne, en Pologne ; Upsal, en Suède ; Lunden , en Danemark, obtinrent à différentes époques un primat , avec différents priviléges spirituels et politiques.

Dans l’origine les prétres, étrangers au eulte et à l'instruction religieuse , étaient des anciens chargés par les évêques de la veillance des bonnes mœurs et de l’adininistration des intére temporels ; plus tard, ils devinrent leurs aides et leurs conseils, et, ordonnés par l'imposition des mains , ils dirigeaient les prières , célébraient le saint sacrifice. Quand les évêques étaient empéchés, ils baptisaient , infligeaient la pénitence dans les cas urgents quelquefois aussi ils administraient la parole (4).

L’ordination ne se demandait pas comme le baptême et la pénitence, mais le peuple la réclamait pour ceux qu'il en jugeait

(1) Sacerdotem oportet afferre,‘benedicere, p'æesse, prædicare, baptisare. Le Pontifical,

Prêtres,

Diacres,

Biens.

dignes; ou. bien .ençore. l'évêque. faisait le, choix avec l’assen-:

timent des fidèles, parfois même contre la volonté de l'élu: (aus Les apôtres mommèrent à. dérnsalem ; avant d’avoir. communi-

qué. le-sacerdoce, sept diacres qui propageaient: la vérité rece-.

vaient; et distribuaient, les aumônes des fidèles, portaient les messages, d’une église à une autre, et.réglaient, la discipline.

Quand, l'Église eut obtenu. de. vivre:en-paix ; les vdi. inférieurs des sous-diacres, des acolytes ; des lecteurs, des exorcis+ tes, des hostiaires et des clercs,ou hérauts furent introduits successivement: ;, Mais ce n'étaient pas des degrés nécessaires.comme. au jourd’hui, et chacun restait à son poste tant. qu’il plaisait : à l'évêque , les tâches étant. diverses dans la maison de Dieu: A Pimitation même de, la hiérarchie très-compliquée introduite. alors dans l’empire par Constantin ; les clercs inférieurs furent: multipliés à l’excès, au point que. dans Alexandrie, il y avait six mille parabolans pour visiter les malades, et onze cents copiats à Constantinople. pour creuser les tombes ; on instituait en même temps les dignités nouvelles d'archiprètres, d’archidiacres, de cartulaires, de notaires , de syncelles., L’élévation se. réglait par degrés et par intervalles ; chaque grade avait son costume distinet. et la tonsure; le célibat était plus, rigoureusement exigé, et certains métiers ainsi que certaines occupations séculières restaient interdits aux ecclésiastiques. .

La communauté des biens , possible dans une société restreinte, cessa d’être opportune quand l'Église se fut étendue; les prosélytes purent alors conserver leurs propriétés, et les augmenter individuellement par le négoce, par l'industrie, par les successions ; ils étaient seulement obligés de secourir leurs frères indigents, et de faire une offrande dans les assemblées hebdomadaires ou mensuelles , pour les besoins du culte et de ses ministres, ou pour des œuvres de piété. Une quête dans Carthage produisit en un instant cent mille sesterces destinés à racheter les frères de Numidie faits esclaves par les barbares du désert (2). Cependant , comme !es lois impériales défendaient aux colléges et corporations de posséder des biens-fonds sans une autorisation du sénat ou de l’empereur, les églises n’eurent des propriétés immobilières que vers la fia du troisième siècle. L'argent, recurilli était gardé par lévêque, qui le distrihuait selon le ‘esoin, par l'intermédiaire des

(1) Quod plebs ipsæ maximam habeat wolestalem vel eligendi dignos sacerdotes, vel indignos recusandi, (Saint CYPEN, Ep. 67.) (2) SAINT CYPRIEN, Ep. 69.

diacre l’entre et -les voyage l’âme:

souffer vincés gion, 1 courai reproc sistent

Ceti de tou les exd envérs exco péchet vés de on les expié' leurs, faisaiei tout chacüt puis due su cation étaient divin é l'autel

Celn premie où le } tre cla lernés sur le pouvai l’offer!

puis i

issen+ :

A): Ji!

muni-

rece-.

mes infédrCis + s SUC-

Jmme,

sait : à Abi-

alors multimille Constemps:

tulailegrés et la rtains inter-

einte, DrOSÉ— er insions ; ts, et menr des stant faits e les p posl’'emp vers r l’é- » des

Page 1