‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 105 sur 135 · OS SQ · texte numérisé non relu

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PÉNITENCES. 537 diacres sil en était fait généralement trois parts : la première pour l'entretien: dé l'évêque 'ét du'clérgés la séconde pour le culte et -les banquets de charité; la dérhière pour les pauvres, les voyageurs ; : les esclaves, les prisonniers, pour sauver la vie et l’âme::des enfañts jexposés, et Surtout pour ceux qui avaient souffert ou souffraient pour la justice. Ni l'éloignement des provinces, ni la diversité de nations , ni même la différence de religion, ne mettaient de bor:2s à la charité. L'Église romaine secourait deux qui étaient le plus loin d’élle (4); Julien l’Apostat reproche aux siens de ne pas faire comme les chrétiens, qui assistent les pauvres même lorsque ce sont des gentils (2).

Cetie société sans armes au milieu d’un monde armé, et privée de tout moyen coercitif, ne punissait ses meéinbres vicieux qu’en les excluant de son sein, comme peut le faire toute agrégation envérs quiconque manque aux conventions arrêtées. La première excommunication fut lancée dans Corinthe pgr saint Paul (3). Le pécheur scandaleux, Vapostat, l’homicide, l’hérétique, étaient privés de la participation aux oblations des fidèles, à leurs prières ; on les fuyait comme des êtres souillés, jusqu’à ce qu’ils eussent expié leurs fautes par une longue pénitence , en devenant meilleurs, eten servant d’avertissement aux autres. [es évêques ne faisaient d’abord que dénoncer lés excommuniés et interdire tout commerce avec eux; mais plus tard douze prêtres, tenant chacon un cierge allumé, le jetaient àterre en le foulant aux pieds; puis ca dépouillait l’autel de ses ornements, la croix était étendue sur le sol, et, lorsque l’évêque avait prononcé l’excommunication, la cloche sonnaîit le glas des morts, et les anathèmes étaient proférés, Si un excommunié entrait dans l’église, l'office divin était suspendu, et, s’il refusait de sortir, le prêtre abandonnait l'autel.

Celui qui voulait se soumettre à la pénitence se présentait, le premier jour de rxrème, modestement vêtu sur le seuil de l’église, où le prêtre lui repandait de la cendre sur la tête. Il y avait quatre classes de: pémtents : les larmoyants, les auditeurs, les proslernés, les consistants. Les premiers, exclus du temple, restaient sur le seuil à pleurer, éloignés de tous les fidèles; les auditeurs pouvaient s? placer au fond de l’église, mais seulement jusqu > l’offertoire : ls autres étaient & ‘4,5 à la lecture et au sermon, puis ils le furent au sacrifice, &:%:3 non à la communion, et ils

(1) Denys de Corinthe, dans EusÈne, IV, 23, (2) Ép. 49, et Lucren, Peregrin.

(4) 1, ad Corinthios; IT, 6,

Excommunt-

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Pénitences.

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538 ù SIXIÈME ÉPOQUE.

restaient toujours séparés des autres, avec la face conti terre ; vêtus de deuil, les cheveux négligés, couverts de cendre, ils devaient s'abstenir de toute recherche , de bains, d’onetions parfumées, de fesiins, vivre dans le jeûne, la prière, et porter le cilice.

L'évêque imtligeait les pénitences, et pouvait les réduire en partie, mais aon les remettre en totalité. Leur durée variait selon les Églises ; elles étaient sou nt de deux années pour le vol, de sept pour la foruicaticu:, de 0:40 pour le parjure , de quinze pour l’aduitère , de vingt pour l’hoinicide; l’apostat n “ohennlt l'absolution qu'à l'article de la mort.

La pénitence étant accomplie ou réduite au moyen des indulgences obtenues par es 1 :érites des martyrs ou la prière des frères, le pécheur repentant se présentait à l’église en suppliant ; alors l'avêque, venant à ‘a porte au milieu de douze prêtres , Ii dewandait sil voulait sabir la pénitence canonique, et, lorsqu'il avait confessé son péché, imploré la correction et promis de s’amender, l’évêque récitait les sept psaumes de la pénitence, en le touchant de temps à autre avec la verge; puis il pronongait l’absolution, et le pécheur corrigé retournait parmi ses frères.

Quand les fidèles furent plus nombreux et moins zélés, il devint impossible d’infliger des pénitences rigoureuses. On classa donc les péchés en publics et secrets ; les premiers étaient dénoncés par la voix de tons , les seconds, par la confession du coupable; l’absolution continua d’être publique pour les uns, et fut secrète pour les autres. Par la suite, les évêques élargirent le droit qu’ils tenaient des conciles, de modérer et de permuter les pénitences, lindulgence gagnant tous les jours; en effet, depuis le sixième À siècle, à peine peut-on citer quelque exemple de rigueur, si ce n’est pour des délits capitaux. Dans l'Occident les évêques, dans l'Orient un pénitencier, recueillaient la confession.

Moines, Il y eut des pénitents volontaires, lesqels, non moins merveilleux que les martyrs, étaient les moines, qui se montrèrent d’abord en Orient. Ils se distinguaient en quatre classes : les cénobites, qui habitaient , prenaient leurs repas et faisaient leurs exercices de piété en commun ; les ermites, vivant dans des grottes et des cabanes séparées; les anachorèles, solitaires dans le désert; les errants, qui s’en allaient mendiant de v'lege en villes. et distril:.art dés signes de dévotion, des i":ruments d: inartyre

et p.14 des reliques.

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