‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 107 sur 135 · LES: MOINES, SAS · texte numérisé non relu

LES: MOINES, SAS

De l'Égypte, l& viemonastique sé propagéa :'ans la Palestine, dans: la Syrie’et toute la chrétienté "puis saint Basile et saint Augustin lui donnèrent dés: règles particulières, "sans pourtant l’astreindre à des vœux; enfin saint-Benoît la’ sournit à une diseipline plus‘rigide. Les moines n'étaient pas considérés :comme fai-

sant partie du clergé ; mais bientôt ilsselivrèrent à la prédication

et reçurent les:ordrés sacrés. Cette immôvation déplut d’abord au clergé séculier $ mais: le-concile de Nicée, en donniant‘'aux'abbés des monastères le ‘droit de conférer les’ ordres IRféMOUrS) -assura aux moines la dignité ecclésiastique, ! ©: ‘1:

“Les grands saints, comme nous Pavons vu; cherchstent par tous les moyens à se: soustraire au sacerdoce ; cette répugnance était commune ‘aux moines de la plus austère vértu! Saint Épiphane, évêque de Chypre ; fait connaître , dans une lettre à celui de Jérusalem:, comment il avait ordonné Paulinien :''« Tandis qu’on célébrait la: messe dans Péglise: d’un village situé près de notre monastère, nous le fimes saisir par des diacres aumoment où'il ne s’y:attendait pas, et ‘nous lui fermâmes la touche, afin que, pour nous échapper, il ne pût nous supplier au nom:du Christ. Après l'avoir ordonné diacrei nôus lui enjoignîmes d’eñ: remplir l'office: par. la crainte de Dieu, Il résistait de toutes ses forces, soutenant qu'il'en était indigne; il fallut presque lui faire violence ; après nous être fatigués longicinps à le persuader en invoquant: les témoignages des Écritures ct: les ordres de Dieu. Lorsqu’il eut rempli les fonctions de diacre : ins le sacrifice, nous lui fimes de nouveau clore la bouche, et ous l’ordonnâmes prêtre avec une grande difficulté; puis, ayant recours aux mêmes raisons , nous le déterminâmes à prendre place parmi les prêtres, »

Napoléon disait qu’il faut ur ‘.‘'e aux grandes infortunes, un refuge aux imaginations exaltér<, . : ces moines, voués à la prière, à FPinstruction, à la conversion , et qui soignaient les malades dans les hôpitaux , faisaient peur, dans le siècle passé, aux libres fauteurs de la tyrannie. Notre âge en est débarrassé, et, puisqu'il nage dans le bonheur, il peut considérer sans effroi s’ils ont fait quelque bien , s’ils répondaient aux temps. Des hommes, fatigués des passions sanguinaires et de lorgueil, entraînés vers Dieu et le prochain par un amour qui les détachait d’eux-mêmes; des âmes mélancoliques , se plaisant dans la tranquille admiration de la vérité, et recherchant la suave poésie du silence et les mâles voluptés de l’abstinence, se retiraient-au désert on dans les couvents, refuge contre.les persécutions , pour trouver quelque chose de stable au milieu de: l’ébranlement universel et l’entier oubli du MUST, UNIV, — T. V, 35

monde , ou bien pour revenir dans ce monde, afin de le gnérir de ses maux et d. ses erreurs.

Ces prodiges de mortification, que l’Église offre à l’admiration des ho5mmes , sans exiger qu’ils les imitent , durèrent longtemps en Orient. Quelques cénobites s’appelaient non dormants (acœmatici), parce qu’ils psalmodiaient nuit et jour; d’autres, dans la Perse , disputaient leur nourriture aux bêtes féroces, Macaire d’Alexandrie restait debout pendant tout un carême sans rien manger que des feuilles épineuses le dimanche; d’autres ne prononçaient pas une parole jusqu’à la mort, et Siméon Stylite vécut trente ans sur l’extrémité d’une colonne.

Folies ! nous écrions-nous; mais alors cet extraordinaire renoncement à la vie et à l'amour de soi flattait l'imagination des peuples grossiers, et offrait aux hommes éclairés une idée sublime d’une religion capable d’obtenir le triomphe absolu de l’esprit sur la matière. Les pèlerins arrivaient en foule auprès de la colonne du Siylite ; les reines d’Arahie et de Perse réclamaient son intercession, et Théodose IT, ses conseils; vivant , les Sarrasins se disputaient ses bénédictions; mort, ses reliques.

Daniel , autre Stylite, est encore plus étonnant : dans un climat rigoureux, au nord de l’Euxin , il se trouvait sur une montagne exposée aux vents et au froid ; les barbares et les Romains allaient le visiter sur sa colonne. L’empereur Léon le considérait comme la sauvegarde de son royaume , et remit à son arbitrage un traité conclu avec des étrangers. Lorsqu'un schisme agitait l’Église d’Antioche, le patriarche de Constantinople envoya l’ordre à Daniel de venir rétablir la concorde; il obéit après une longue résistance , et, après avoir pacifié les esprits , il reprit son étrange pénitence,

Leshagiographes racontent que Théodose le Jeune, étant un jour sorti de son palais pour se livrer à l’exercice , se dirigea vers ju ne sais quel faubourg de Constantinople avec la pensée de visiter un solitaire en grand renom de sainteté, Après avoir pénétré incognito dans la pauvre cellule de l’anachorète, il se mit à parler avec lui de la vie monastique et des étonnants solitaires de l'Égypte ; regardant autour de lui, et ne voyant que quelques morceaux de pain dans une corbeille, il luit dit : « Père, donnez-moi votre benédiction , et puis nous mangerons. » Le solitaire prit de l’eau, dans laquelle il jeta quelques grains “e sel avec un peu de puin, et ils mangèrent et burent ensemble, L'empereur, après s'être fait connaître , s'écria : « Combien vous êtes heureux, vous autres, « qui, dans lu solitude, exempts des peines du siècle, passez

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«, votre vie tranquille et paisible, sans autre souci que le salut de « vos âmes, sans autre pensée que de yous perfectionner et de .« vous rendre dignes des récompenses éternelles ! Moi , qui suis né « au milieu des pompes du trône, je puis dire avec vérité que « jamais je ne me suis assis à table sans avoir l’âme accablée de « soucis. »

Pour que le récit de ces faits charmât quelques-uns de mes lerteurs, il faudrait que je donnasse à ces hommes les noms de Cratès, de Diogène, de Fabricius.Ils ont raison de railler ces vertus, ceux qui admirent les héros sanguinaires, les peuples qui ravissent aux autres Ja liberté, ceux qui s’extasient devant la gloire de l’homme qui a tué un grand nombre de ses frères ; mais, si quelque individu féroce , qui ne connaît d’autre frein que les limites de sa propre force, à la vue, à la voix d’un pieux anachorète , épargne un père qu’il allait égorger, une épouse qu’il allait violer, je bénis Dieu qui sait approprier aux temps les moyens de ses miséricordes.

Quand même il serait vrai que les apôtres se réunirent à Jérusaiem pour établir le symbole de la foi commune , on ne saurait dire que ce fût là un synode; mais on en trouve déjà les formes dans l’assembiée où furent appelés les cinq apôtres que lon put convoquer, lorsque les fidèles discutaient entre eux sur le point de savoir si les nouveaux convertis étaient ou non obligés de se faire circoncire etdesesoumettre auxautrescérémonies judaïques. Pierre présida l'assemblée, posant les questions et émettant le premier son avis; les autres parlaient après lui. La décision , fondée sur les saintes Écritures et sur l’assentiment général, fut exprimée avec la formule ; Zl a paru au Saint-Esprit et à nous, puis envoyée aux Églises particulières pour être, non plus discutée, mais reçue avec une entière soumission (1\.: : «cncile devint le type des autres. Les évêques , ne se confiant js lai à leurs propres lumières, appelaicat celles des autres à le 1» 21° . et, décidant en commun , ils trouvaient leurs frères plus emyxre:st3 à exécuter ce qu’ils avaient délibéré de concert, Parfois on prenait, sans parler du vote des prêtres , des diacres et des principaux membres du clergé inférieur, celui de tous les fidèles, surtout pour les choses d’un intérêt général, comme lorsqu'il s'agissait des ordinations.

Les premiers conciles provinciaux se réunirent dans la Grèce et

(4) Les cinquante ou quatre-vingt-quatre canons qui portent le nom des apôtres, et les constitutions apostoliques, rapportés par Labbe, peuvent être de ce temps, mais non des apôtres, Les quarante-sept relatifs à l'obligation de rebuptiser les hérétiques sont d'une date postérieure, puisque nous ne les voyons jainais cités

dans lés controverses sur ce sujet.

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en Asie, où réstaïent des traces’ ot des 'souvenirs des ligues des Ampbhictyons et du Panionium ; ils furent énsuite convoqués une ou deux fois par an'à des époques fikes! sous ‘la présidence du métropolitain, dont ils étaient comme le conseil. De même’ que l'Angleterre , dans les prémiers temps de son gouvernement représentatif, alors que se forma la chambre des communes, ne cessait de réclamer pour que les parlements fussent tenus fréquemment et avec régularité, ainsi l'Église voulait qu’il y eût des conciles deux fois l’an, et qu'aucun ne se séparât sans avoir fixé l'époque êt le lieu où s’assemblerait le suivant. Cet usage mainténait l’union entre les prêtres én lés rapprochant, et consolidait la discipline; quand lés persécutions ‘s’opposaient à cé qu’on se réunit, on y suppléait par des lettres. Les décisions des cônciles (canons), renforcées , pour ainsi dire, par lé commun consentement dés évêques, soutenues par là représentation populaire et par le droit divin, avaient force de loi dans la province,

Le premier concile certain (celui d’Antioche étant considéré comme supposé) fut tenu à Pergame; puis il y en eut'un autre à Hiérapolis contre les hérésies de Valentin, de Montan et de Théodote. La discussion soulevée au sujet de l’époque à laquelle devait se célébrer la Pâque , en fit convoquer plusieurs. Ellése solennisait en Asie le quatorzième jour de la lune de mars, quel que fût le jour de là semaine , en continuant ce qu’avaient établi les apôtres Jean et Philippe; mais Pierre et Paul la célébraient le dimanche qui suivait immédiatement la pleine lure de ce mois, et les papes ont conservé cette coutume. Une controversé s'étant élevée sur ce point, plusieurs conciles se déclarèrent pour la seconde opinion; mais Polycrate , évêque d’Éphèse, soutint la première avec une telle obstination que le pape Victor lexcommunia ; cependant saint Irénée l’amena ensuite à ne pas rompre la communion pour un sujet aussi léger, et chaque Église continua à suivre la tradition reçne.

Nous mertionnerons parmi les autres conciles le troisième de ceux qui furent tenus à Carthage (il était composé de soixante-dix évêques, présidés par saint Cyprien, qui décidèrent que le baptème serait administré aux nouveau-nés) ; celui d'Atiés ; où il fut Statué (contrairement à l'avis des autres conciles dé Cr thage) que l'hérétique, baptisé canoniquement, quand il revenait à la vérité, ne devait pas être baptisé de nouveau, mais qu'il suffisait de lui imposer les mains; celui d'Ancyre, où il fut établi que, si le diacre déclarait au moment de l’onction ne pouvoir observer le célibat, il pourrait se marièr sans être interdit de ses fonctions ;

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