CONCILES
mais que; s’il, ne le faisait pas à ce moment, il ne devrait plus songer à prendre femme.
Ces assemblées , les premières où l’on. ait vu le peuple appelé à discuter ses propres. croyances, sont, outre leurs décisions, trèsimportantes pour l’histoire, en ce qu’elles font connaître la discipline.et les mœurs, L'Église, en.effet, est si. admirablement constituée que, tout. en, restant. immuable. quant au dogme, elle
s'adapte , quant: à. la discipline, aux nécessités des Frs et aux variations de la société,
Sous ce rapport, le concile, d'Elvire. en, 1 Espagne nous parait mériter une mention particulière ;, dix-neuf évêques,, vingt-six prêtres, un.grand nombre de diacres, y firent, en présence du peuple , quatre-vingt-un canons de discipiine. Les premiers , concernant l’idolâtrie, prévoient les cas nombreux que multipliaient alors les habitudes de la vie , et imposent de graves pénitences à ceux qui montent au Capitole, donnent des spectacles , fournissent des vêtements pour les fêtes mondaïines, tolèrent chez eux des idoles, à moins cependant qu’ils ne le fassent pour ne pas exciter des. soulèvements parmi les esclaves; car celui qui est tué en abattant des idoles ne doit pas être compté parmi les martyrs, attendu qu'il a été au delà des commandements de l'Évangile. La maîtresse qui tue une de ses esclaves en la frappant, est soumise à une pénitence de sept années. Celui qui a dénoncé les autres n’obtiendra point la communion, même à l’article de la mort, L’adultère n’obtiendra son pardon qu’à la fin de ses jours; et même alors il en sera privé, s’il est tombé en récidive après la pénitence, ainsi que celui qui a été de connivence dans le déshonneur de sa femme , où qui a aidé à un avortement, ou abusé des jeunes garcons, ou mis ses propres filles dans la mauvaise voie. Le divorce est prohibé. Les, chrétiennes ne doivent pas être données én mariage à des gentils ni à des juifs. Défense est faite d’ordonner dans une province ceux qui ont été baptisés dans une autre, ainsi que les affranchis de r'aîtres païens. Les évêques, les prêtres, les diacres, ne peuvent prendre femme , ni avoir avec eux d’autres personnes du sexe que leurs sœurs ou des filles consacrées à Dieu ; ils ne doivent pas abandonner leur résidence pour aller aux marchés. La courtisane, le cocher du cirque, le mime, qui demandent le baptême, sont obligés de renoncer à leur métier. Défenses aux femmes le passer la uuit à prier dans les cimetières, ce qui est une occmsion de désordres. I ne doit pas y voir de peintures dans les églises, Le diacre qui, avant l’ordination , a commis un péché secret, doit s’en confesser de lui-même et subir trois années de
Priviléges.
Vôtements,
pénitence; cinq, s’il est dénoncé par un autre. Cela indique que les clercs restaient assujettis à la pénitence publique , tandis que plus tard il fallait d’abord qu’ils fussent dégradés.
Les empereurs accordèrent divers priviléges au clergé , et d’ahord l’édit de Constantin attribua aux églises le droit de posséder des blens-fonds ; dès lors, elles n’ëurent plus pour unique ressource les aumônes des fidèles ; les dons et les legs suffirent tout à la fois au culte, aux besoins des pauvres et à l’entretien des ministres du Seigneur. Néanmoins les prêtres ne purent nidisposer par testament des biens acquis par eux, ni aliéner les propriétés ecclésiastiques.
Comme l’Église renfermait dans son sein tout ce qu’il y avait dé plus éminent par la naissance, l'esprit, l’habileté, l'expérience des affaires, la vertu, elle dut, placée extérieurement dans la société, donner à ses ministres cet éclat qui n’accroît pas la valeur de l’homme, mais qui l’honore et le fait considérer, en le mettant au niveau des grands de la terre. Si ces derniers, qui pourtant ceignent l’épée, croient nécessaire l’appareil extérieur, pourquoi le refuser à un pouvoir qui n’a qu’une influence morale ? On ne serait en droit de lui en faire un reproche qu’autant que l'Église prendrait le moyen comme but , l’accessoire pour le principal , et si, au lieu de spiritualiser ses prérogatives extérieures par la vie intérieure, elle rendait celle-ci matérielle en la chargeant d'intérêts mondains.
Le sacrifice, qui était consommé d’abord en particulier dans la prison des martyrs ou sur leur tombe, soit par l’évêque, soit par le prêtre, sans antres assistants que le diacre, et même dans des cellules, se célébra solennellement plus tard avec tous les évêques ou prêtres et tout le clergé qu’il fut possible de réunir ; alors on jugea nécessaire d'introduire dans les églises, pour ajouter à la pompe, les vases d’or et d’argent,.
Les ecclésiastiques, dans l’origine , ne s’habillaient pas d’une autre manière que les laïques, obligés qu’ils étaient de se cacher (1), et le vêtement ordinaire des chrétiens se composait du manteau philosophique jeté sur la tunique , laquelle est encore conservée atjourd'hui avec peu de différence par les prêtres. La toge malestueuse n'était déjà plus d’un usage général au temps d’Au-
guste (2); on la réservait seulement pour certaines cérémonies publiques , bien que lui-même, et plus tard Adrien, essayassent
(1) Ien est parlé plus an long an Mvre VIH, chap, 19. (2) SUÉTONE, Vie d’Auguste, 10.
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