‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 135 · PR · texte numérisé non relu

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(1) Prube: Tr, Conf. Symmiachum, 11, 458.

(2) Dans les funérailles des empereurs, qu’on £élébrait avec me pompe magnifique, leur effigie en cire était placée sur un lit d'ivoire , recouvert d’un riche tapis d'or, et représentant le prince comme s’il était encore malade. Des sénateurs ef des mafrones , qui étaient censés venir le visiter, restaient, pendant plusieurs heures, assis près du lit, et cette cérémonie durait sept jours. Le huitième, les principaux sénateurs et chevaliers transportaient processionnellement par la voie Sacrée le lit avec l’efligie sur Ja place publique où se rendait le nouvel empereur, accompagné des personnages les plus illustres. Là s'élevait un échafaudage dont les peintures simulaient la pierre, orné d’un péristyle tout resplendissant d’or et d'ivoire, sous lequel, dans un lit pompeux, l’effigie était déposée, Tout à l’entour, on chantait en chœur les louanges du prince défunt. Tant que retenlissaient les chants, l’empereur et ceux qui formaient son cortége se tenaient assis sur la place, tandis que les matrones siégeaient sous le portique. Dès que la musique avait cessé, le cortége s’achemin: ‘; vers le champ de Mars, portant également les statues des Romains les plus ilkt.‘es, quelques figures en bronze représentant les, provinces soumises à Pempire, et ::s images des citoyens célèbres. Puis venaient les chevaliers, des soldats et des chevaux de course. Les offrandes ‘des peuples tributaires, et un autel d'ivoire et d’or tout parsemé de pierreries, fermaient la marche. Pendant que la procession défilait, l’empereur, à la tribune des orateurs, pr'ononçait l'éloge du mort. Au milieu du champ de Mars s'élevait un bûcher construit en pyramide, revêtu entièrement de tapis brodés d’or, et orné de tigures d'ivoire, Un bois s£e fesmait l'intérieur, Au soinmet était le char doré dont se servait crdinairement le défunt, Sur le plan qui régnait au-dessous, les pontifes eux-mêmes plaçaient ‘2 lit et l'effigie sur lesquels on répandait des essences et des parfums. Les parents, après avoir baisé la main de l'effigie, allaient s'asseoir à l'endroit qui leur était désigné ; après quoi on faisait des courses de chevaux autour du bûcher, puis défilaient les chars et les soldats dont les chefs étaient vêtus de pourpre. Cette cérémonie terminée, l'empereur, suivi du consul et des magistrats, mettait le ieu an bûcher, et quand la flamme commençait à monter, on lächait un aigle qui s’nvolant vers le ciel, semblait porter dans l’'Olympe l'âme du défunt. Dans les funérailles des impérarices, l'aigle était remplacé par un paon. Bientôt après, on élevait un temple en l'honneur de l’empereur mort; on ini conférait le titre de Divus, et on lui assiguait des prêtres et des' sacrifices.

vori, afin de lui sacrifier les victimes les plus grasses, de lui recommander ses intérêts, sa famille , ses amours. On ne croyait pas À la Providence, mais à la fatalité, dont l’:fexible rigueur donnait aux uns le courage de se tuer, inspiraît aux autres le désir inquiet de sonder l'avenir, auqüél ün ne pouvait rien opposer. De là cette multitude d’uracles et de divinations. Rome est inondée d’astrologues de Chaldée, d’augures de Phrÿgie, de devins de VPinde. Le culte national, séparé de la foi et mêlé d'institutions étrangères, ouvre passage à mille supérstitions , à l’effroi de puissances mystérieuses , à la puérile curiosité des choses occultes , à la manie de l'extraordinaire, de Pextravagant ; aussi les prestiges, les oracles , les sortiléges et les mystères des sciences théurgiques s'étaient multipliés à l’infini.

Horace , Virgile et les autres écrivains du meilleur temps attestent combien s'était répandue la croyance dans les’devins et les magiciennes qu’ils appellent strigæ (1); ce fut surtout sous l’empire qu’on parla de ces femmes, et de vampires qui revenaient sur la terre pour sucer le sang des vivants (2). Les miracles d’Apulée et d’Apollonius de Tyane nous fourniront la preuve que les esprits , même dans les rangs élevés de la société, s’égaraient dans les ténèbres de ces opinions. Tout homme riche compte parmi ses esclaves un astrologue ; on consultait avec anxiétéle chiromancienet le nécromant quand la foudre tombait, si lesmorts apparaissaient, où L æscw'une révolution soudaine pouvait pousser de la misère au trône, des palais aux gémonies. Des jeunes filles avides d’amour, des jeunes gens impatients d’hériter, des femmes désireuses d’être mères, des vieillards énervés, des amantes jalouses , des magistrats ambitieux, accouraient en foule à ces oracles, pleins de foi dans des pratiques absurdes autant qu’impies, pour lesquelles on n’avait pas horreur d’égorger de malheureux enfanis.

On ne croyait plus aux dieux (3), et néanmoins la conscience éprouvait le besoin de s’approcher du dieu dédaigné, de lui demander pardon ; il lui fallait des purifications et des expiations. Aussi , pourise laver de leurs fautes , les uns se faisaient baptiser avec du sang dans les cérémonies de Mithra, et les autres marchaient sur le Tibre glace , ou traversaient à genoux le champ de Mars, après s'être baignés. Si Anubis est courroucé, le peuple

(1) Festus : Sérigas, ut ail Verrius, Græci otpiyas, appellant quod maleficis mulieribus nomen. ( Puine, XI ( 39), 95, APoLÉE, Hétan., 5 ; PÉTRONE, Fragm. 63.)

(2) Post sepulluram virorum quogr: ::::.pla sunt. (PLiNE.)

(3) Nemo cœlum putat ; nemo Jov:: li facil. (PÉTRONE, Satyr., ch. 44.)

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décrète que l’on enverra chercher en Égypte de l’eau du Nil pour en arroser le temple du dieu , ou"que des vêtements seront offerts aux prêtres d’Isis , ou bien des œufs à ceux de Bellone.

En face des soldats se trouvait un peuple énervé de plus en plus par le luxe et les vices , avide jusqu’à la frénésie des jeux de Pamphithéâtre, et qui ne savait manifester sa volonté qu’en prenant parti pour tel outel danseur, pour telle ou telle faction du cirque. Chaque nouvelempereur prodiguait à cet multitude lesdons etles

spectacles, et ia corrompait non-seule divertissements ignobles et cruels de l’arène et du thé» icore par les leçons des rhéteurs et des poëtes. Dès | it sentiment élevé et noble, pour faire place au fast , à Pindolence.

Ainsi, comme il n’existait plus rien qu ât les rois sur

le trône ou les femmes dans leur retraite , les Homains tombèrent dans la corruption la plus profonde qu’on eût jamais vue. Où trouver une série d’empereurs aussi monstrueusement pervers que ceux qui se sont offerts et s’offriront encore à nous, suspendus entre les gémonies et l’apothéose ? Et que serait-ce s’il nous était donné de pénétrer dans l’intérieur des habitations et de scruter la moralité privée ? Jl est une famille dont les souvenirs sont parvenus jusqu’à nous, la famille Julia , et sa simple généalogie se présente comme une chaîne de méfaits; mélange de sang et de noms produit par l’abus des adoptions et des divorces, ce sont des femmes à trois et quatre maris, des empereurs à cinq ou six femmes. Drusus est empoisonné par Séjan, un autre reçoit l’ordre de mourir, un troisième esttué en exil. Agrippa Posthumus , au commencement du règne de Tibère , le jeurie Tibérius au début de celui de Caligula, Britannicus dans la seconde année de Néron, sont immolés pour la sûreté du prince. Domitius Ænobarbus, père de Néron, s'amuse à lancer avec force son char contre un enfant , à tuer un esclave qui ne boit pas assez , et il arrache en plein Forum un œil à un chevalier ; prèteur, il vole les prix dans les jeux. Julie, après son troisième mariage, est bannie par son père pour ses débauches, et Tibère, son dernier mari, la laisse mourir de faim. Sa fille, du même nom qu’elle, est convaincue d’adultère et périt dans une île. Junia Calvina est bannie pour inceste ; les sœurs de Caligula se souillent de la même infamie , et l’une d’elles , concubine de son frère , est élevée au rang de déesse, tandis que les amants de ses femmes sont mis à mort en vertu des lois protectrices de la morale publique. Auguste épouse Livie, enceinte d’un autre. Livia Orestilla est mariée à Caïus, qui la répudie peu de jours après , et deux ans plus tard elle est exilée. Ce mme Caïus

Dépravaliun,

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