‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 111 sur 135 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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méditation , en. se confiant au Verbe divin, en combattant la sensualité , et cn isolant l’âme de la, matière.

« Les âmes purifiées s’élèvent à la, région.éternelle, qui n’est « pas un immense désert, mais qu'habitent des, citoyens à l’âme « immortelle et incorruptible, aussi nombreux que. les étoiles. « Quelques âmes, plus rapprochées de la:terre et, de ses plaisirs, « y descendent pour s’unir à des corps mortels qu’elles aiment. « D’autres s’en détachent pour monter plus haut , selon le terme « fixé par la nature; mais leur essor est rabaissé par le désir de « la vie terrestre, D’autres, dégoëtées des vanités, fuient le corps « comme une prison, et s'élèvent d’une aile légère vers les ré- « gions éthérées, où elles passent l'éternité (erawpoxohoüar rèv « aiüiva), Les meilleures de toutes, dirigées par des pensées plus « sages et plus divines, dédaignant ce que la terre peut offrir, « se rendent les ministres du Dieu suprême, des yeux et les « oreilles du grand roi; elles voient tout, entendent tout, Les « philosophes les appellent démons, le code sacré anges, c’est- « à-dire messagers divins, car ils apportent aux fils les comman- « dements du père, au père les prières des fils; ils descendent « vers la terre :et montent aux cieux, non que celui qui sait « tout ait besoin de renseignements, mais parce qu'il est bon que « les mortels aient des médiateurs et des interprètes, afin qu’ils « révèrent mieux l'arbitre suprême de leurs destins (1), »

Parmi tous les peuples, Dieu a prisen faveur spéciale les Israélites, maintenant dispersés pour leurs péchés; mais, lorsqu'ils reviendront à la vertu, Dieu, adouci par les prières des patriarches, leur rendra leur patrie et toute leur prospérité, La Palestine sera en sûreté contre les étrangirs ; un grand homme, se mettant à la tête des hommes de bien, soumettra beaucoup de nations par l’aimour, par le respect, par la crainte, Le monde, exempt de troubles et de passions, ne s’occupera plus que de contempler Dieu.

Philon mérite , en ce qui concerne la morale, une attention particulière , soit qu’on puisse voir chez lui un acheminement vers l'Évangile, soit qu'il ait pu emprunter aux premiers apôtres les grandes vérités qu’il proclame, Toujours est-il qu’à propos de chaque événement, de chaque précepte , de chaque personnage, il prend à tâche de déduire, tantôt ingénieusement , tantôt en s0phiste , ce qui peut le mieux venir en aide à la morale humaine (2).

(1) Des Songes, p. 586, (2) « Celui-là est répréhensible qui exalte la noblesse comme un grand bien ou la cause d'un grand bien, et croit noble celui qui nait d'une famille illustre

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Cet être supérienr, que Philon attendait pour régénéror sa nation, était venu parmi ses compatriotes; mais ils l’avaient méconnu , parce qu'ils croyaisnt trouver en lui les caractères d’un libérateur temporel, d’un roi de victoire et de vengeance, 1ls furent donc répudiés,et d'autres se virent appelés à cultiver la vigne du Seigneur. Ce fut peut-être alors que les esséniens embrassèrent lé christianisme, et qu'ils donnèrent les premiers exemples de la

‘vie monastique ; les autres cessèrent leurs dissensions quand Rome

accomplit sur eux la prédiction du Christ. Cependant les pharisiens conservèrent une sorte de sanhédrin en Galilée, et fondèrent à Tibériade uné école d’interprètes , célèbre dans le monde entier. Gette école continua celles qui s'étaient perpétuées depuis Esdras ; e tqui avaient conservé la cabale ou tradition , ee véné-

rable débris de la science primitive, que l’on peut considérer

comme aussi antique que l’homme , même lorsqu'on n’admet pas l'authenticité du Livre de l'homme, des Dix feuilles, ouvrage d'Adam , et de l’Zshirah, d'Abraham,

«Vous devez savoir,» dit Maïmonide dans l’avant-propos du Sépher Zérahim , « que les préceptes transmis par Dieu à Moïse « fu ent accompagnés d’une interprétation, Dieu ayant donné « d’abord le texte, puis l’explication. Lorsque Moïse retourna dans « $a tente , il rencontra Aaron , auquel il répéta le texte et le com- « mentaire tels qu'il les avait reçus. Quand Aaron fut allé se pla- « cer à la droite de Moïse, entrerent Eléaer et Iumar, ses fils, « auxquels Moïse redit ce qui avait été le sujet de son entretien avec « Aaron, Comme Éléazar et Itinar se furent placés, l'un à la droite, « l’autre à la gauche de Moïse , entrèrent les soixante-dix vieillards « d'Israël, qui furent instruits par Moïse de la même manière. Le « peuple vint ensuite cherchant le Seigneur, et les mêmes choses « lui furent annoncées jusqu’à ce que tous les eussent entendues.

et riche.....,, Les hommes sages et justes doivent seuls être dits nobles, {ussent-ils nés d'esclaves... ,... .. de crois donc que la noblesse, si Dien lui donnait la parole humaine, dirait : La bonne naïssance ne s’estime pas seulement par le sang, mais par les faits et par les inclinations. Vous , au contraire, vous aimez ce que j'abhorre, vous réprouvez ce qui me plaît, » (P#iLoN, Hepi edyevelas.) « Une vie, quelque longue qu'elle soit, ne suffirait pas à dire les louanges de l'égalité et de la justice qui naît d'elle. Car l'égalité est mère de la justice. ..., Dans les citéselle produit la démocratie, où l'administration populaire , la meilleure et la plus légitime sorte de gouvernement... sans les agitations de l’ochlocratie, où la multitude bouleverse tout (Ilepi xataotaasws dpyovtos et Ilepi yewpylas). » I n’y avait pas chez les Hébreux de noblesse de race, mais celle-là seulement qui provient de la science et des armes, ce qui permettait à l'homme le plus infime de devenir le chef du sauhédrin et celui de l'État, Voy, Marren, Æist, crit. du Gnosticisme, sect. 1, ch. 1.

Le rabbin Akiba,

Juda.

« Moïse alors se retira, et Aaron répéta à ceux qui restaient ce « qu’ils avaient déjà entendu quatre fois. Puis Aaron se retira , et « Éléazar et Itmar redirent aux vieillards et au peuple ce qu'ils « avaient entendu quatre fois. Éléazar et Itmar étant partis, les « vieillards répétèrent au peuple ce qu’il avait déjà entendu cinq « fois. Josué et Phinée enseignèrent ces choses à leurs succes- « seurs, par qui la chaîne des traditions descendit sans être inter- « rompue jusqu'aux temps de Juda Akadosh , phénix et principal « ornement de son siècle, par qui elles furent recueillies et « écrites. »

Il se forma hors de la Palestine une cabale différente de Pancienne , qui fut introduite ensuite dans l’école par Akiba, le plus savant des rabbins. Il favorisa l’insurrection de Barcocébas en le proclamant le véritable Messie, soit qu’il le crût, soit qu’il espérât relever sa nation par un moyen quelconque; il lui servit même d’écuyer, bien qu’ileût plus de cent ans. Fait ptisonnier, il fut envoyé à la mort ; il marcha au supplice avec enthousiasme , en récitant la prière rituelle sous le glaive du bourreau, qui l’interrompit à moitié. Il fut enseveli au milieu de ses vingt-quatre mille disciples, ef à sa mort périt la gloire de la loi.

Le jour même où mourait le dernier docteur de la loi orale, naquit Juda, le saint ou le prince (Jéhudah anassi ou akadosh), descendant de Hilel , qui avait donné pour base à la religion qu’il prêchait le précepte d’aimer le prochain comme soi-même. Juda, désespérant de voir la régénération de sa ration sur les débris de laquelle Rome pesait de tout son poids, vou! ‘1 moins consoler ses compatriotes dispersés sur toute la teï ties empêcher de tomber dans le matérialisme où la lecture du texte hébraïque pouvait les conduire ; il recueillit donc par écrit les traditions qui, transmises verbalement, se seraient intailliblement perdues ou altérées, et compila la Misna, c’est-à-dire la loi secondaire (1). Ce livre engendra une série d’interprètes et de commentateurs dont les œuvres constituent la Ghémara ou grande glose, qui, avec la Misna, forme le Talmud, ou doctrinal.

Il y a deux Ghémaroth : celle de Jérusalem, réunie en un volume par le rabbin Johanan, mort en 279 ; et celle de Babylone,

(1) On pourrait opposer aux détracteurs de ce livre l'autorité de certains ehrétiens qui en font l'éloge et qui le regardent comme très-utile pour entendre rertains passages obscurs du livre sacré, Voy. le dictionnaire du prof. Rossi, viceprésident de la Société théologique de Parme.

L'abbé Chiarini prépure une traduction du Talmud, qu'il a fait précéder de la publication d'une Thcorie du Judaïsme ; Paris, 1830.

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