‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 128 sur 135 · PAUSANIAS · texte numérisé non relu

PAUSANIAS

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BÉAUX-ARTS. 633

“Domitien ft aussi élever plusieurs édifices dont la direction fut principalement confiée à Rabirius ; mais les arcs de triomphe et les autres constructions fürent abattus par le peuple, en haine dé sa mémoire. '

La colonne de Trajan, d'ordre dorique, haute de cent trentedeux pieds; commé le mont Quirinal, dont une partie avait été aplanie pour former lé forum où elle s'élève, est formée de trentequatre blocs de marbre blanc, liés avec des crampons de bronze; son diamètre est de onze pieds deux pouces à la base, et de dix au sommet; où se trouve une plate-forme qui supportait la statue de l’empereur. On y monte par cent quatre-vingt-deux degrés en limaçon , taillés dans la pierré et éclairés par quarante-trois petites ouvertures; elle est enveloppée, en spirale, par des bas-reliefs offrant deux mille cinq cents figures de deux pieds de hauteur, qui vont grandissant, eu égard à la perspective, à mesure qu’elles montent. Les deux expéditions de Trajan contre les Daces y sont représentées ; c’est un chef-d’œuvre de composition, qui met sous les yeux les opérations militaires les plus importantes, comme marches ; campements , batailles ,siéges , et fournit des renseignements sur les usages de Rome, de ses alliés et de ses ennemis. Les physionomies, dans une composition si multiple et sur une si petite échelle, sont extrêmement variées; chaque peuple est distingué par un:habillement et des armes particulières , outre l’expression du triomphe ou du découragement. On voit l’armée romaine passer. le Danube aves la confiance de la victoire , et les Daces fuir, avec leurs enfants et leurs biens, des champs où viennent s'installer les nouveaux colons; ailleurs, les vaincus courbent leur front devant l’empereur. Le piédestal est orné de trophées, d’aigles et d’autres objets ; le travail en est si naturel, si fini, qu'il faisait l'étonnement et l’étude de Raphaël, de Jules Romain, de Palydore de Caravaggio.

En 1588, la statue de saint Pierre fut substituée à celle de Trajan; deux années après, Sixte V déblaya les terres qui recouvrait le piédestal. Napoléon fit abattre les misérables baraques qui encombraient le voisinage, et la grande place a été restaurée succossivement,

Autor :le cotte nlace s’élevaient des constructions remarquable: . cuire autres l'arc äc irioniphe et la basilique Ulpia , qui servai: aux jugements, à la promenaé:, à la lecture, Quatre rangs. de:colonnes la partageaient en cinq aefs : le pavé était de marbre jaune et violet; les murailles, incrustées de marbre blanc; le plafond , en bronze, Plusieurs statues de personnages illustres

634 SIXIÈMÉ ÉPOQUE.

formaient une décoration extérieure. On montait paf cinq. degrés aux trois portes qui ouvraient au midi, et dont chacune avait son portique.

Apollodore de Damas, à qui lon attribue aussi l'are de triomphe d’Ancône, stitmonté de la statue équestre de l’empereur, en fut l'architecte, ainsi que du fameux pont sur le Danube, soutenu par vingt et une arches de cent soixante-dix pieds d’ouverture, et dont les piles avaient cent cinqüante pieds de hauteur. Il n’eut pas la prudence de flatter Adrien, ou du moins de ne pas rire de ses prétentions d'artiste, et ik lui en coûta la vie.

L'exemple de Trajan gagna les particuliers et les villes, qui s’embellirent d’édifices somptueux. Nous avons déjà parlé des maisons de plaisance magnifiques de Pline le Jeune, qui, pendant son proconsulat en Bithynie, fit élever ou restaurer des bains, des aqueducs, des cloaques ; Nicée lui dut aussi unthéâtre splendide etun canal qui joignait son lac à la mer. L'architecte Caïus Julius Lucérus bâtit à Alcantara, en Espagne, un temple trèsélégant qui subsiste encore, et un admirable pont en pierre sur le Tage , à deux cents pieds au dessus du niveau du fleuve; il mesure six cent soixante-dix pieds de longueur, ses arches quatrevingt-quatre d'ouverture ; ses piles vingt-huit de diamètre, et le tout est en blocs de granit de quatre pieds sur deux. Les pierres sont si bien jointes que le temps n’en a pas déplacé une seule ; à l'entrée , on voit un pétit temple de vingt-trois pieds d’élévation, avec sa façade composée seulement de deux colonnes.

- Le pont d’Augusta-Émérita (Mérida) sur la Guadiana , tout en pierre de taillé, avait deux mille cinq cent soixante-ruinze pieds de long; il se développait sur soixante-quatre arches à la voûte arrondie, d’inégale grandeur, En parcourant l’histoire de chaque province, on trouvera des monuments plus ou moins re- Marquables, attribués pour la plupart à l’époque des empereurs, Comme les amphithéâtres déjà cités de Vérone, d’Arles, de Nimes et de Vienne; celui de Pola , dans l’Istrie, presque aussi admirable que le Colisée; un autre à Orange, ville peu considérable , avec une naumachie , un stade et un théâtre , l’un des plus grands que l’on connaisse, Outre les merveilles de Palmyre et de Balbek , d’autres constructions dans la Décapolis de Palestine, sur les côtes d'Afrique et en Espagne, appartiennent à ce siècle , comme, dans la Gaule , le pont du Gard, avec d’autres édifices admirables à Arles, à Nimes, à Narbonne, à Autun et ailleurs (1).

(1) Les colonnes de San-Lorenzo à Milan sont de celle époque, amis! que le

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HÉAËX ARTS: 635

Adrien fit probablement exécuter beaucoup de ces travaux, passionné qu’il était pour les arts, auxquels il s’exerçait lui:même ; il faisait transporter ou copier tout ce qui le frappait dans ses voyages perpétuels. Le temple de Cyzique, élevé par son ordre, fut compté parmi les sept merveilles du monde ; il termina celui de Jupiter Olympien, commencé par Pisistrate sept cents ans auparavaht, sans parler de beaucoup d’édifices dont il embellit Rome et la Grèce; il construisit aussi l’amphithéâtre de Capoue et la basilique Plotine à Nîmes, qui est la ruine rontaine la plus remarquable dans les Gaules. Jérusalem lui dut un théâtre et plusieurs temples; Athènes, un Panthéon avec un portique diptère décastyle ;aux colonnes corinthiennes; Rome, le pont Ælius et le môle d’Adrién , aujourd’hui château ‘Saint- Age! Ce monument, revêtu de bronzé , était accompagné de quarante-deux colonnes , dont chacune portait une statue ; au sommet apparaissait l'effigie de l’empereur sur ün quadrige, et telles étaient les dimensions du groupe qu’uti homthe pouvait entrer dans l'orbite de l'œil d’un cheval (1). Pour comble de merveille, on ajoute qu’il était d’un seul morceau; ce qui n’est pas plus croyable que le prodige opéré par son architecte Détrianus, qui, dit-on, transporta d’üm lieu dans un autre le temple de la déesse Bona avec le colossé de Néron, debout et suspendu , en employant la force de vingt-quatre éléphants.

Adrien $e coiniplut surtout à ernbellir sa maison de plaisance de Tivoli, qui ernbrassait un circuit de dix milles et renfermait deux théâtres. Le marbre y était à profusion , au point de former le lit du lac, d:%5 lequel on représentait des combats navals. Symbole matériel de l’éclectismie qui s’introduisit alors partout , il représentait les sites les plüs agréables et lesédifices les plus grandioses de la Grècé, même les champs Élyséés ; on y voyait des Statues de tous les pays , des divinités babyloniennes , des sphiynx égyptiens, dés dieux grecs ; dés idoles étrusques, des vases de Corinthe : qui sait? peut-être même des bas-reliefs indiens et dés porcelaines de la Chine.

On fit alors par imitation dos statues dans le style grec antique, d’autres en grañit roüge , à la manière égyptienne ; mais les deux statues d’Antinoüs, sans parler de celle du Belvéder, ainsi nommée peut-être à

à tort, suffisent pour a‘tester que l’on dessinait

temple déc: :: ‘écemment à Brescia, On trouvera dans Je livre suivant, chapitre XXIV, & coup d’œil général sur les progrès et la décadence de l'art ro-

Main.

(4) JUAN d'Anrinous na

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alors : avec une rare perfection. Sur les. monnaies des Jules et-des plin Flaviens les têtes sont pleines de noblesse et.de vie; Les revers | bietq ingénieux € ét. ‘bien exécutés. cl LOL ou ‘4 que Vi Après: avoir jé cal érlat momentané, les beaux-arts retombè- poussé rent, et Yes Anionu.s à aégl igèrent pour la philosophie. Le pre- E. lé porp mier, cépen ont it faire à Lanuviur. une, maison, de, plaisance, : gate, 1 dont la splendeur devait être extrême si l’on; en juge par.une clef dé mé d'argent du poids de quarante livres, destinée à ouvrir les réser- encore voirs qui çontenaient l'eau des. bains. L'ordre donnéaux, particu- | 1 peñ LD o° A . vitae liers par le sénat d avoir dans leur mrt:on. l'effigie des empereurs ; bien pl hâta la décadente de Vart, à cependaut, le, statue équestre. de | chevéi Marc- - Aurèle , ; qui orne aujourd’ hui la place du Câpitole.,. est un me les vêté heau monument de ce temps. La colonne érigée en son, honneur SN d’alôrs û aussi un grand mérite, quoiqu ’elle soit au-dessous de celle de : cé sièé ‘rajan pour la distribution des, groupes et pour l’exécution, des nént | figures : infériorité que ne compensent pas suffisamment. quel- surtou ques idées heureuses, celle , par.exemple , de la Renormmée, qui, bonian

traçant sur un bouclier les exploits du prince, sépare la guerre 1 modèlé contre les Germains des combats contre les Marcomans.

Les ares de triomphe se multipliaient , soit pour des victnires, soit pour des bienfaits , ou par pure flatterie: 3 mais les bas-reliefs 4 de celui de Septime Sévère sont très-mal exécutés, bica que la statue en bronze de cet empereur, aujourd’hui dans le, palais tuve'et Barberini , soit des plus belles. Alexandre Sévère s ’efforça de faire néfnet refleurir les arts , plaça autour du forum de Trajan les statues de :. lon‘ 4"! personnages illustres, et construisit plusieurs édifices, entre au- -

mettre fait iso ce qui

Tous

tres les thermes ; il peignait lui- même, et c’est lui qui iaventa à il art d’incruster des marbres d'espèces différentes (1). Les bains 4 écrivai de Caracalla sont d’une architecture étonnante ; mais Dioclétien 4 chacun voulut surpasser dan: les siens tout ce qui avait été fait jusque-là ; quede

cependant les ornements qui surchageaient la voûte et dont la - Nous v chute causa la mort de plusieurs personnes, n’étaient pas l'indice

d’un goût irrép:ochable dans l'exécution. IL faut reconnaître néan- bre moins que son palais à Spaletro est une constructior merveilleuse ; ceésé"à il se développe sur sept cent cin7 nieds anglais de chaque côté, et } éruptic quatre rues de trente-cin ieds de large sur deux cent vingt-six A villésd de long, ornées d’arcac> ‘ans toute leur étendue, venaient D ‘ celle aboutir à une place qui er formait le centre (2). est fac

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(1) Lawrr., Vie d'Alexandre, 25, 27.

(2) Avaw’s Ruin of the palace of Diocletian at Spalatro, 1764. Ses. Au Ova, Thermæ Diocletiani ; Anvers, 1558,

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