‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 21 sur 135 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

GALBA, — UTHON. = VITELLIUS .

Si le peuple et le sénat s'étaient réjouis de la mort de Néron, ils durent être consternés en pensant à la manière dont Galba venait d’être élu. Un empereur pouvait donc être fait hors de Rome, et ce dangereux secret venait d’être dévoilé (1); le pouvoir suprême résidait donc dans l’armée, et le despotisme, aristocratique jusque-là par lélection du sénat, devenait donc démocratique par l'élection des soldats.

Servius Sulpicius Galba était né à Terracine , d’une illustre famille; riche et ambitieux , une foule de présages lui avaient annoncé l'empire , et, durant sa préture, il s'était fait chérir du peuple en lui procurant le spectacle nouveau d’éléphants qui dansaient sur la corde, Nommé au commandement des troupes en Germanie , il rétablit la discipline ; il fut aimé de Claude, puis il seffaçga de son mieux sous Néron, pour ne pas exciter ses soupçons. Comme il s’attendait à chaque instant à être proscrit, il ne sortait jamais sans être muni d’une forte somine d'argent, pour le cas où il devrait fuir subitement ; néanmoins, Néron lui

gta impérit aréano, principem Gti0t quam Roma fiert, (ÉACVTE,

9 juin.

confia le gouvernement de l'Espagne tarragonaise, où , après avoir montré d’abord une excessive rigueur, il mollit bientôt, soit par nonchalance naturelle , soit par peur.

En réprimant les concussionnaires , il se fit aimer de cette province , qui lui prêta son appui lor$qu’il se révolta contre Néron, afin, disait-il, de rendre au peuple le premier des biens, la liberté, qu’un monstre lui avait ravie; mais quand Vindex se fut tué, et que Virginius eut déclaré qu’il ne voulait pas être empereur, ni souffrir qu’un autre le devint sans le consentement du sénat, voyant la fidélité de ses troupes chanceler, il se retira à Clunia, résolu à se donner la mort.

Sur ces entrefaites, il apprend que Néron n’est pins. et ses esperances se ranimant tout à coup, il prend le titre d’empereur, puis se dirige vers Rome avec la foule de ceux qui s’inclinent devant le soleil levant; mais il commence son règne sous de tristes auspices, en châtiant les villes et les individus qui avaient refusé de le soutenir dans sa révolte. Parmi les rivaux qu’il pouvait craindre, Vespasien, alors occupé à faire la guerre en Judée , lui promit obéissance, et Virginius Rufus refusa l’empire, qui lui était offert ; seul, Nymphidius Sabinus, commandant des prétoriens qu’il avait gagnés par ses libéralités, reçut les hommages du sénat, auquel il adressa de graves reproches pour avoir expédié à Galba des dépêches sans les avoir fait sceller de son sceau. Bien qu'il n’eût pas le titre d’empereur, il n’en exerçait pas moins l’autorite souveraine et laissait assez comprendre que, si le tyran était tombé, la tyrannie existait encore. Tandis que sénateurs et patriciens se pressaient en foule à sa porte, pour le féliciter d’avoir déposé Tigellin et sauvé la patrie , il se conciliait le peuple en lui livrant en spectacle, et pour les massacrer, les amis de Néron ; il poussa bientôt si loin l’abus du pouvoir, que Mauriscus , sénateur respectable , dit dans la curie : Je crains que celui-ci ne fasse regretter le gouvernement de Néron ! mais bientôt Nymphidius ayant voulu suborner les soldats pour se faire proclamer empereur, ils se jetèrent sur lui et le tuèrent.

Le massacre de ses complices ou de ses partisans annonça aux Romains que le doux Galba ne s’écarterait pas des voies sanglantes. Lorsqu'il arrive au pont Milvius, un corps de marins, que Néron avait organisés en légion, se présente à lui et demande à être conservé. Galba refuse, et, comme ces hommes se mutinent, il les fait charger par la cavalerie. Sept mille sont tués dans le

suivirent cette exécution, et tous furent ordonnés avec une froide

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