‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 25 sur 135 · OTHON · texte numérisé non relu

OTHON

se trame un complot contre Othon, prennent les armes , parcourent la ville comme des furieux , se jettent sur le palais, où l’empereur traitait les principaux citoyens et les sénateurs, et c’est à peine s’ils s’apaisent lorsqu'ils l'ont vu vivant. La terreur fut grande, et bien qu’on eût apaisé les mutins à force d’argent, la ville n’en resta pas moins dans Peffroi, d'autant plus que , un autre empereur s’avançant, toute partialité témoignée aujourd’hui à l'un pouvait le lendemain servir de prétexte à la vengeance de l’autre; c’est pourquoi les sénateurs, bien que favorables à Othon , n’osaient rien décréter contre Vitellius. Des prodiges, des apparitions de fantômes , des statues renversées, des naissances monstrueuses ajoutaient à l’épouvante. Un bœuf avait parlé dans PÉtrurie; le Tibre débordé , portant plus loin que jamais l’inondation, et entraînant les récoltes, avait occasionné la disette. Il n’était pas dans Rome une seule classe qui ne tremblât et ne se crüt en péril. Les principaux sénateurs étaient affaiblis par l'âge ou par une longue paix ; la noblesse insouciante avait oublié la guerre ; les chevaliers ignoraient le service militaire , et tous étaient d’autant plus effrayés qu’ils s’efforçaient de dissimuler leur frayeur. On voyait cependant des citoyens qui, par folle ambition, achetaient de belles armes, des chevaux de prix, faisaient même parade de banquets. de voluptés, toutes choses qu'ils regardaient comme des instruments de guerre; or, tandis que tout homme sensé tremblait pour la paix et la chose publique , ils se montraient pleins d’une folle audace et sans inquiétude de l'avenir.

Othon voulut sortir de cette position incertaine, et marcha audevant du danger; il s’avança vers la Provence avec la plupart des magistrats et des personnages consulaires, à la tête des cohortes prétoriennes, La fortune le seconda dans cette partie de la Gaule qui souffrit cruellement et fut mise à feu et à sang. Une mère, livrée à la torture pour qu’elle révélât l’endroit où elle avait enfoui son trésor, tandis qu'elle n’avait caché que son fils, expira au milieu des tourments, sans dire autre chose que : Z{ est enterré là! et elle montrait son ventre. Le pays entre les Alpes et le Pô se soumit à Vitellius, non par inclination ni par haine, mais par indifférence pour le maître auquel il devait obéir.

La lutte se prolongea longtemps dans ces contrées, et fut acharnée comme le sont d’ordinaire les guerres civiles auxquelles prennent part des auxiliaires étrangers. Enfin, les deux armées se livrèrent bataille à Bédriac, où celle 'Othon fut taillée en pièces. Un soldat en porta lanouvelle à Brixellum, où Othon l’attendait ; mais voyant qu’on ne le croyait pas, parce qu’on le prenait pour

Bataitle de Bédriac.

20 avril,

91 avril.

Mort d'Othon.

un fuyard, il se perça de son épée, A ce trait de courage, l'empereur s’écria : {/ ne sera pas dit que des gens si braves el si affectionnés seront exposés à cause de moi à de nouveaux périls! et il résolut de mourir. En vain ses soldats, pour ranimer son courage, lui veprésentèrent que rien n’était désespéré quand tous voulaient, donner leur vie pour lui; en vain quelques-uns se tuèrent sous ses veux, pour lui en donner la preuve; en vain d’autres lui

dirent que | la grandeur d’âme consistait à supporter les revers et.

non à s’y soustraire par la mort, il les suppliait tous de le laisser sacrifier sa vie pour sauver celle de tant d'hommes : J/ ne s’agit pas, disait-il, de combattre Pyrrhus ou les Gaulois, mais des conciloyens, el la victoire ne peul tre acquise qu’au prix de beaucoup de sang fraternel. Vitellius a Aris les armes, j'ai dû me défendre ; mais la postérilé saura que je n’ai voulu exposer qu’une fois pour moi des Romains contre des Romains. Vitellius trouvera son père, sa femme, ses enfants sains et saufs. Si d'autres ont gardé l'empire plus longlemps que moi, personne ne l'aura abandonné plus généreusement. Je neme plains de personne; car s’en prendre aux hommes et aux dieux, au moment de mourir, c'est montrer qu'on regrelle la vie.

L'homme qui parlait ainsi avait été le complaisant et le complice de Néron, qui le chargea de lui garder Poppée jusqu’à ce qu'il se fût débarrassé d’Octavie ; il avait contracté des dettes immenses, s’épilait tout le corps et se rasait chaque jour, s’adoucissait la peau en la frottant avec de la mie de pain détrempée, et portait sans cesse à son côté un miroir devant lequel il se composait un air martial avant de marcher à l'ennemi.

Lorsqu'il eut persuadé à ses amis de ne point compromettre leur salut en s’opposant à sa résolution, Othor se disposa à mourir dans la soirée; puis il dit : Ajoutons encore lle nuil à notre vie! Il place. alors deux poignards sous son oreiller, s’endort, et , le lendemain matin, il met fin à ses jours.

Ses soldats, pleurant un empereur qui mourait à trente-sept ans pour les sauver, se mutinèrent avec une fureur d’autant plus redoutable que personne n’était là pour les apaiser. Ils offrirent l'empire sans trouver un ambitieux qui. voulût l’accepter; mais, tandis que le sénat se déclarait pour Vitellius et décrétait des remerciments aux légions de Germanie, la licence militaire aug-

mentait des deux côtés, sous le prétexte de punir les hommes du parti contraire. Vitellius, qui était accouru en Italie, pardonna aux principaux officiers, de son, compétiteur,. et punit de mort les autres: il se rendit de Crémone à Bédriac pour repaître ses veux

du spectad sans sépul nonçanñt cé plus enco et distrib Le nou gourmand porter ce de splendi bres de to aurait cru gardé ave sans comf poque de les habita L’empe un conqu amis ne prendre sénat, il p et tous af mandise, Un de se donne il bannit nonçant de Rome dûment séances Priscus, soient d' il laissai lui avait Asiatict tout le mère ; & récomf à mort pour P:

Sa I moyen tous 8€

du spectacle du champ de bataille, encore couvert de cadavres sans sépulture, et se complut à contempler leurs blessures :'en pronoñçant ces mots : Le cadavre d'un ennemi sent toujours bon, et plus encore célui d'un citoyen, il se fit apporter du vin, en but, et distribua le reste aux assistants.

Le nouvel empereur se révélait pour ce qu'il était réellement, gourmand et cruel. Sur toute sa route, on s’empressa de lui apporter ce que la contrée produisait de plus exquis; il réunissait à de splendides banquets les principaux citoyens, et ses soldats, libres de toute contrainte, l’imitaient de leur mieux, si bien qu’on aurait cru que son camp célébrait les Bacchanales. Bien qu’il n'eût gardé avec lui qu’une partie de l’armée, soixante mille soldats, sans compter les hommes à la suite, traversèrent l'Italie à l’époque de la moisson et la dévastèrent , pillant, violant, vendant les habitants comme en pays ennemi.

L’empereurallaitentrer à Romeavecla cuirasse etl’épée, comme un conquérant qui Chasse devant lui le sénat et le peuple, si ses amis ne l’eussent invité à lui épargner ce nouvel outrage et à prendre lhabillement de paix. Dans sa harangue au peuple et au sénat, il parla en termes pompeux de son activité, de sa tempérance, et tous applaudirent à ses paroles, bien qu’ils connussent sa gourmandise, sa paresse, ses débauches honteuses.

Un de ses premiers décrets défendit aux chevaliers romains de se donner en spectacle sur lé théâtre et dans l’arène; par un autre, il bannit les astrologues ; mais, comme on afficha un écriteou annonçant que Vitellius mourrait le jour où les astrologues sortiraient

de Rome, il fit tuer tous ceux qu’on put saisir. Il fréquentait assidûment le théâtre et le cirque, et n’était pas moins exact aux séances du sénat. Un jour qu’il y fut contredit par Helvidius Priscus, il dit : Zl n’y a rien d'étonnant à ce que deux sénateurs soient d'avis différent. Incapable toutefois d’occupations sérieuses, il laissait le soin des affaires à ses favoris Valens et Cæcina , qui lui avaient donné lPempire, et au compagnon & ses débauches, Asiaticus. C’est peut-être à leurs suggestions qu’il faut imputer tout le sang dont se souilla Vitellius et l'assassinat de sa propre mère ; ayant trouvé une liste des individus qui avaient réclamé des récompenses d’Othon coimme imnéurtriers de Galba, il les fit mettre à mort, moins comme châtiment du passé que comme garantie pour l’avenir.

Sa principale occupation était de rechercher de nouveaux moyens d’aiguiser l’appétit; faisant jusqu’à cinq repas pat jour, tous servis à grands frais, il s’invitait lui-même À déjetiner chéz

jee | le | nl |

un ami, à diner chez un autre, à goûter chez un troisième et à souper chez un quatrième, le tout pour le même jour , et c’était à qui le traiterait le plus splendidement ; mais tous furent surpassés par son frère Lucius, qui lui servit deux mille plats de poisson et sept mille d'oiseaux, les plus exquis de tous les pays du monde. L'empereur lui-même imagina un plat appelé le bouclier de Minerve, pour sa prodigieuse ampleur, et qui réunissait les mets les plus propres à chatouiller par leur délicatesse le palais ou le caprice : c’étaient des cervelles de faisans, des foies de scares, des laitances de lamproies, des langues d’oiseaux rares aux mille couleurs, tirés de la cage à une certaine heure, les femelles surprises sur leur couvée, les mâles interrompus dans leur sommeil, attendu que l'agitation fait de leur foie un mets délicieux ; du frai de poisson détaché du fond des lacs par les procédés que l’on employait pour pêcher les perles; d’autres poissons envoyés à Rome dans l’eau même où on les avait pris; des champignons dont on épiait la naissance durant les nuits humides; des fruits embarqués avec la tige et à: terrain qui les produisait , afin que César, les cueillant de sa main, eût les prémices de leur parfum et de leur duvet. Partout où il passait, il fallait tenir des mets préparés; autrement, il se jetait sur tout ce qu’il trouvait, dévorant jusqu'aux offrandes déposées sur l’autel des dieux ; en peu de mois, il engouffra neuf millions de sesterces. Il dissipa aussi beaucoup d’argent à faire bâtir des écuries, à donner des courses, des spectacles de gladiateurs et de bêtes féroces, à faire célébrer enfin en l’honneur de Néron de splendides obsèques , à la grande joie de la populace, à la profonde indignation des gens de bien.

Les nouvelles d’Orient vinrenttroubler, maisnon pasinterrompre, ses immondes loisirs. Vespasien , qui faisait la guerre aux Juifs, ayant appris la mort de Néron, envoya Titus son fils féliciter Galba ; mais informé en route de la fin de ce prince et de lalutte engagée entre Othon et Vitellius, Titus était revenu sur ses pas afin d'exhorter son père à s’emparer du pouvoir que se disputaient ses deux rivaux. Les légions d'Orient, se croyant en droit d’imposer un maitre à l’univers aussi bien que celles de la Germanie et de la Gaule, jetèrent naturellement les yeux sur Vespasien; ses soixante ans, la pensée de jouer son avenir et celui de ses enfants dans une tentative dont le résultat était le trône ou les gémonies, le firent balancer quelque temps ; enfin, il se laissa proclamer empereur. Les provinces d'Orient jusqu’à l'Asie et à l'Achaïe n’hésitérent pas à lui jurer obéissance; alors, ayant pour lui des légions aguerries, des rois fidèles à sa cause, une grande expé-

rience m lius.

Il étab pela les armes , guerre ; mandan égal, at des imp4 à l’Espa Le no sent jus niennes raient Médite effusion de des tinum, Vérone cations crainte pas le buer qi respect à coml Cæcini procla de Cré triotes connt dire, Crém la vie désir!

cieus lenne soif € dura sold.

lui Vite

rience militaire, il s'apprêta à délivrer l’empire de l’ignoble Vitellius.

Il établit à Béryte un sénat pour la discussion des affaires, rappela les vétérans, ordonna de nouvelles levées, fit fabriquer des armes, battre monnaie, laissa Titus en Judée pour continuer la guerre , et se rendit en Égypte. Il dirigea contre Vitellius le commandant de l’armée de Syrie, Mucien , qui se regardait comme son égal, augmentant ses forces à mesure qu’il avançait, et levant des impôts , Mucien arriva en Europe , où les légions, de l’lllyrie à l'Espagne et à la Bretagne, proclamèrent Vespasien.

Le nouvel ewipereur voulait que les légions d’Illyrie s’avançassent jusqu’à une lieue d’Aquilée , en occupant les Alpes Pannoniennes , afin de pénétrer en Italie quand d’autres forces les auraient appuyées ; la flotte, en attendant, aurait croisé dans la Méditerranée , et réduit par famine la péninsule à se rendre sans effusion de sang. Mais Antonius Primus persuada à l’armée d’Illyrie de descendre des Alpes sans s'arrêter à Aquilée ; les villes d’A!-, tinum , d’Este , de Padoue, de Vicence, furent surprises , ainsi que Vérone, ville florissante ; ce qui coupa à Vitellius les communications avec la Germanie et la Rhétie. Cet empereur bannissait les craintes en faisant bonne chère ; d’ailleurs , comme il ne croyait

pas le danger aussi pressant, il se figura qu’il suffirait de distribuer quelques troupes dans les différentes villes , pour les tenir en respect. Néanmoins, quand il se vit menacé de près, il se prépara à combattre , et mit son espoir dans les légions de Germanie ; mais Cæcina , qui commandait l’armée , le trahit. La flotte de Ravenne proclama Vespasien ; enfin, une bataille fut livrée sous les murs de Crémone, où trente mille vitelliens furent tués par des compatriotes et par des amis. Un fils immola son propre père , qu’il reconnu! en le dépouillant , et, après l’avoir prié de ne pas le maudire, il lui creusa satombe. Le camp des vitelliens une fois emporté,

Crémone fut assiégée , et obtint , après une résistance vigoureuse,

la vie sauve pour ses habitants; mais, bien qu’Antônius Primus

désirât vivement épargner une ville entourée d'habitations délicieuses , remplie d’une foule de gens accourus pour une foire s0lennelle , et qui renfermait tant de richesses , il ne put réprimer la soif du butin, jointe à une haine invétérée. Crémone fut saccagée durant quatre jours et détruite. Primus, irrité de la conduite des soldats , leur défendit de garder prisonnier aucun Crémonais; pour lui obéir, ils les tuèrent.

Valens, désireux de ramener la fortune sous les drapeaux de

Vitellius, conçut le projet (la réussite eût produit des résultats

2 octobre.

territles) de passer de l'Étrurie dans la Gaule, de la soulever ainsi que l'Allemagne, et d’apprêter à Vespasien une résistance vigoureuse. Mais une tempête le repoussa à Monaco, où il apprit que les Gaules avaient prêté serment à Vespasien, que l'Espagne et la Bretagne chancelaient dans leur fidélité; alors il congédia ses troupes, et s’en alla errant jusqu'aux environs de Marseille, où il fut arrêté.

Vitellius croyait remédier au danger en le taisant, erreur commune à d’autres monarques; aussi, malheur à qui aurait dit, près de l’empereur, un mot des désastreuses nouvelles du jour! Il envoyait des espions à la découverte dans le camp de Vespasien, et les faisait tuer aussitôt pour qu'ils ne parlassent pas; en même temps , il désignait les consuls pour dix ans , donnait le droit de cité à des étrangers avec de larges concessions; puis, dans les salles de Rome , dans les pares d’Aricie, oubliant le passé , le présent, l'avenir, il buvait, mangeait et s’abandonnait à la luxure. Le centurion Julius Agrestis, ayant en vain cherché à le tirer de sa torpeur, lui demanda la permission d'aller vérifier par ses yeux les forces et l'attitude de l'ennemi; il obtint, et se rendit auprès de Primus, auquel il déclara le motif qui l’amenait. Après avoir vu Crémone en ruines, les légions prisonnières etle camp puissamment défendu , il revint faire son rapport à Vitellius , qui ne voulut pas le croire; Julius alors se tua, en témoignage de la véracité de son récit. Tant on faisait peu de cas de la vie!

Enfin , l'empereur envoya occuper les passages de l’Apennin; puis, le péril devenant plus imminent, il rejoignit l’armée avec une suite de sénateurs qui ne le rendaient que plus méprisable, Demandant avis tantôt à l’un, tantôt à l'autre, on le voyait, à chaque nouvelle de l’approche de l'ennemi, se décourager et boire jusqu’à s’enivrer. Quand il apprit que la flotte de Misène avait passé du côté de son rival, il regagna Rome, où il employa pour attendrir le peuple les prières, les larmes, les promesses, dont il était d'autant plus prodigue qu’il ne pouvait les tenir; il réunit ainsi une tourbe de gens sans aveu, à laquelle il donna le nom de légion, Mais à peine Primus eut-il traversé l’Apennin avec la rapidité de la foudre , qu'ils désertèrent par bandes, surtout lorsqu'ils eurent vu la tête sanglante de Valens, le dernier espoir des vitelliens.

Après avoir, contrairement aux ordres de Vespasien , versé des torrents de sang, on songea à faire cesser le carnage en persuadant à Vitellius de renoncer à l'empire, ce qu'il inelinait à faire, comme il ne vayait plus de chance favorable; mais le peuple s’y opposa.

Rome qui, n tions d Néanm Vitelli teint d taqué s et les qui en ce qui qui , 80 grande des pri Tibre.

A la nus, F zèle de pour r ses pal : pri x ris86 sauveg tants, dans q criant Vite un che déchir promeé qui l’a l’acca votre c'étail de m Bor racin vainq tout ( nétra sur:

vait fils d

lever tance apprit Dagne védia eille ,

comprès r! Il sien, 1ème it de s les préure, r de yeux près voir amulut icité

Rome avait alors: pour gouverneur Sabinus, frère de Vespasien, qui, malgré les conseils de l’ambition domestique, les éxhortations des grands et le désir de mettre fin à la guerre, restait fidèle. Néanmoins, au moment où se répandit le bruit de l’abdication de Vitellius, il se décida à prendre les armes; mais le peuple, atteint d’une frénésie subite, le cerna dans le Capitole, où il fut attaqué avec le fer et le feu ; les maisons voisines furent incendiées, et les vitelliens , pénétrant dans le Capitole à travers les flammes qui en avaient gagné les portiques , passèrent au fil de 1 épée tout ce qui fit résistance. Sabinus fut massacré par ce peuple furieux, qui , sorti, on ne sait pourquoi , de son indifférence , mettait la plus grande ardeur à défendre une cause qui n’était pas la sienne, et des princes que, le lendemain , il aurait peut-être traînés dans le Tibre.

A la nouvelle de l’incendie du Capitole et du meurtre de Sabinus, Primus marche sur Rome. Vitellius, bien qu’enhardi par le zèle de la multitude , lui envoie avec les vestales un arnbassadeur, pour réclamer un seul jour de réflexion ; mais il ne l’obtient pas, et ses partisans sont refoulés dans la ville. Bientôt la ville elle-même

‘ prise; mais la bataille continue longtemps dans les rues, où »rissent cinquante mille hommes. La populace, trouvant une sauvegarde dans sa bassesse, applaudissait ou sifflait les combattants, comme elle faisait aux spectacles; si l’un d’eux se réfugiait dans quelque maison, elle se faisait un jeu de l’en arracher, en criant : qu’il vive ou meure ! comme atteinte de démence.

Vitellius, abandonné, chercha à s'enfuir, puis se cacha dans un chenil , où il ne tarda point à être découvert ; alors les vêtements déchirés, une corde au cou et les bras liés derrière le dos, il fut promené dans la ville au milieu des hurlements de cette populace qui l’adorait deux jours auparavant. A tous les outrages dont on l’accablait , il ne répondit que par ces seuls mots : Je fus pourtant votre empereur! Peu de moments après, il avait cessé d’exister : c'était le huitième empereur de Rome, et le sixième qui périssait de mort violente, :

Son frère Lucius Vitellius, qui commandait une armée à Terracine , déposa les armes et fut tué. La guerre terminée, les soldats vainqueurs poursuivaient ceux du parti opposé, les tuaient partout où ils les rencontraient, et, sous prétexte de les chercher, pénétraient dans les maisons afin de piller; la populace les mettait sur. la voie, et se montrait non moins avide qu'eux, Primus se servait du commandement pour voler plus que les autres; Domitien, fils du nouvel empereur, s’était enfui durant le soulèvement popu- MST, UNIV, — TV, 10

Mort de Vitellius, 20 décembre.

laire, travesti en prêtre d’fsis ; reconnu désormais pour César, il sé plongeait dans toûtes sortes dè turpitudes. Ce n’étaient partout que déscidres et crimès, ét la pauvrè Îtalie, aux abois, conservait à peine assez de soufflè pour proclämèër le nouvel auguste, Vespasien.

Page 1