VITRUVE, I, 4.— STRABON, V
(3) SIDoINE APOLLINAIRE, [, 8.
(4) De cors, marais ou jonc.
it donné rs celui e et, des lis, cette ste plus
» de lIroches : devait uve des
dans de gnes, de ss infec- Reggio , lée (2); cher des antique mbriens es conattirait Vésuve les loiiplé par A pulie , rindes , t l’honconte-
ité, la s Celtes de fer, aquelle
septe nmains,
la Gaule
qu’il distribue plus confusément que Pline et Tacite. Mais, outre que les Romains et les Grecs n’étaient pas très-soigneux d'explorer la vérité, ni fort attentifs à la discuter, il arrive parfois, comme on donnait aux pays le nom des peuplés qui les occupaient, qu’une contrée change de situation d’un géographe ou d’un historien à l’autre, parce que le nom de ses habitants a changé.
Les anciens désignaient sous la dénomination vague de Germanie le pays, peu connu d'eux, situé entre le Rhin, le Danube, la Theiss, la Vistule, la Baltique et la mer du Nord, sans excepter la Scandinavie et la Chersonèse Cimbrique. Les armées romaines avaient reconnu le véritable cours du Danube en Germanie et en Pannonie ; aussi ne le faisait-on plus venir, comme au temps d’Aristote, de listrie en ligne droite. On avait des notions précises sur le pays au nord de ce fleuve jusqu’à la Vistule et à la Baltique. On croyait que cette mer, appelée sinus Samarticus, était un golfe de l'Océan; qu’au milieu de ce golfe se trouvaient les îles de Scandinavie comme aussi la Thulé de Pythéas, et qu’il rejoignait les mers Scythique et Sérique, avec lesquelles la mer Caspienné était supposée communiquer.
La Scandinavie (Thiuland), déjà visitée par Pythéas (1), qui pénétra jusqu’à la Baltique, passait, près de ceux qui en admettaient l’existence, pour un archipel de grandes îles, appendices du pays des Suèves ou de la Germanie orientale : on connaissait les Kymris, qui recueillaient l’'ambre dans la Chersonèse Cimbrique (Jutland); les Svions (Suédois), puissants sur terre et sur mer, et gouvernés par des monarques absolus, tels que ces rois-pontifes successeurs d’Odin, dont parlent les Sagas de l'Islande; les Gottons ou Goths, qui conciliaient la liberté avec le gouvernement d’un seul; d’autres peuples encore, dont les institutions étaient plus stables et la civilisation plus avancée que celles des Germains. On plaçait dans la Russie centrale les monts Riphées, « toujours couverts e neige ».
Déjà les Romains avaient éprouvé ce que pesaient les armes des Germains ; les Longobards, sur les bords de l’Elbe, paraissent avoir été le peuple le plus éloigné avec lequel leurs légions aient eu à se mesurer. Les marchands fréquentaient le grand État constitué par le Marcoman Maroboduus dans la Bohême , la Silésie et les autres contrées voisines, enlevées à un prince goth. Vers l’em-. bouchure de la Vistule, on désignait nommément les Vénèdes, pillards farouches, et, en remontant ce fleuve, les Liges ou Lut-
(1), Voy. tome IT, page 135.
tes, peut-être les Lèkhes du moyen âge, ancêtres des Polonais, comme ceux des Russes furent les Roxolans ou Roxans et les Jazygès, probablement de race sarmate. Les Bastarnes, habitants de la Pologne méridionale , formaient, selon Pline , un cinquième de la nation germanique. ( On connut plus tard , au sud-ouest de la Lithuanie, les Finnois qui , dans le onzième siècle, passèrent dans la, Finlande. ces hommes, tout à fait sauvages et repoussants,, n’avaient ni armes , ni chevaux, ni même de huttes; ils se nourrissaient d’herbes, se couvraient de peaux, dormaient sur la terre, se servaient de flèches dont un os formait la pointe, et déposaient le produit de leur chasse au milieu des branches entrelacées des arbres : c’était là aussi que les enfants reposaient, que mouraient les vieillards, et tous préféraient cette rude existence à l’esclavage des peuples policés , sans cesse ballottés entre la crainte et l’espérance. Bérébiste , roi des Gètes ou Daces, excitait par ses.conquêtes la jalousie des Romains. Il arrêtait sur les rives du Borysthène les éxcursions des Sarmates, qui, à l’instigation de Mithridate, étaient venus des contrées entre le Caucase, le Tanaïset la mer Caspienne, leur pays natal, pour combattre les Scythes; puis, abandonnant leurs chars et la vie errante , ils s’étaient établis dans la Lithuanie
et dans les régions voisines, où ils devinrent la souche de nations.
étrangères à la race slave.
Lorsque de la Germanie et de la Dacie, unique province possé-
dée par les Romains au delà du Danube, on se dirige vers la mer Caspienne , on renconire un pays de plaines immenses, d’où venaient des fourrures que les habitants échangeaient contre des:vêtements et des vins. Tanaïs, sur Le fleuve du même nom, avait été détruite par les rois du Bosphore, pour se relever dans le moyen âge; mais Olbia, sur le Borysthène, faisait un commerce actif.
Sur les rivage occidental de la Baltique habitaient les Esthyens,
d’où sont descendus vraisemblablement les Esthoniens qui portaient au cou l’image d’un sanglier, animal consacré à Freya; ils s’occupaient à recueillir Pambre, et s’étonnaient de le voir rechercher comme un objet de prix.
Avant que les Romains franchissent le Rhin et le Danube, le pays entre le premier de ces fleuves , la mer du Nord, l’Elbe et le Mein, était habité par les Istévons et les Ingévons. Derrière eux , de l’est au midi, depuis le Rhin supérieur etle Danube jusqu’à la Baltique, la Germanie intérieure était occupée par les Suèves, parmi lesquels on remarquait les Semnons, à l’extrémité septentrionale,etles Marcomans au sud-ouest. A lorient des Suèves,
onais, es Jabitants quième Î
8 Finnlande.
jient ni t d’herervaient produit res : C’Ées vieilrage des pérance.
tes la jae les ex- ; étaient ispienne, donnant Lithuanie e nations:
| de\acconfédération:
RÉVUÉ DU MONDE. 17 les: Vandhlés! s'ététiduient jusqu'aux imites extrêmes, de Ja Germânie; é'est”parnii eux qu'il faut ranger les. Bourgyignons et:les Gotlis'de las prémière invasioh.' sn ; à LE acibitbtit SN80Ï0N Ai 71) 1tLes Suèvéb, chhsseutéet paires ; qui se batti ent.contre César, et qui changeaient de contrée chaque année, convertissaient en déserts les pays envirümmants. Quelques -uns d’entre eux. sous le:nomide Sénories } occutiätent'cent districts entre l’Oder et l’Elbe,.seréunissant'olaque ätnée pour un sacrifice humain, dans une, forét où l'onl'n’énträit que lés maïns liéés ; d’autres, avec Maroboduus, s/64 taient'établis däbis la Bohême, et d’autres enfin donnèrent leur 10m dune partie dé ls Gérmanie (Souabe), ce qui indique peut-être qu'à était COMBLER) ein cat aug ireus Ét 18 liAu x Pline, les Vandäles étaient le peuple le plus puissat pari etux qui résidaient entre la Vistule ét. l'Qder.i Vers l’'embouctiuré de cé dernièr fleuve étaigntles Coll ebyersieNarts et: li -Nétisy0 Tes Burgondés, qui, appartenant sans-doute à; la mêémeirace:)l vivaient! sous dés rois athovibles (Hendios; Kindies) etsous despontiféé à Vié' (Sinistans Va Les Rugiens, y, Ruges.devinrent télèbres dans 1euts nigratiüns /ainsique les Varins (War):
sur lus Botdéde’la Varnä!! ent nn r est iDand lé Mecklenboutg tie Holstein, les, Angles. adoraient. Hertha, déessé”scindinavé dt là Terre, qui avait son temple dans une île (Femern), au milieu d’un lac où Pon jetait. les esclaves quisavaiont éfrert 168 Kacrificés. Diverses tribus réunies formaient, lasconfédération!ües Sk£ons ,'dont le nom est peut-être collectif, Quant à la Gérinärlié Ottidentalé baignée par la mer; elle était, entre-l'Eibe'etl'Ems 46 séjour des Chauques, qui, contraints par.
| lesmaréés de ac réfugier Sut'db hautes collines ou dans des huttes:,
flottantes; !säns troupeaux, ‘Hi fhit, ni plantes, vivaient, de poisson cuit à un feu‘dé tourbe.'ÎF s’associèrent ensuite aux Saxons, et devinrehit'ur des peuples les plus puissants et les mieux gouyernés
Le pays à ‘partir de l’Ems jusqu’à l'embouchure la plus
ner se ÊTR 048 108
1 dentale dela Meuse; était dcctpé par les Frisons, Après avoir ré-:
” sisté à Tibère, ils furent vaincus par Claude, qui abandonna cette conquête! Derrière éux étaient les Bataves, colonie des Cattes entre .
les bouches du Rhin ; ils étaient ménagés par les Romains, comme
|} une réserve en cas-de guerre, Du Hartz au Rhin, et du midi de
la Westphalié actuelle jusqu’à la Saale en Franconie, habitaient
1 les Bructères|;lés Chamaves , les Sicambres , les Marses , les Ché-
rusques Iles Cattes {tous compris probablement sous le nom géayéue 20h rate LA. 291 :
1) Schweifer, vagabonds ?
DIST, UNIV, — T, Ve ?
1Q SIXTÈME ÉPOQUE.
nés, * d’Istévons (1) ; ils étaient habituellement en guerre avec dt les Ingévons, qui formaientla ligue du nord, laquelle comprenait les ‘à TI Frisons, les Chauques, les Angrivares, les Cimbres et les Teutons. | Les deux dialectes entre lesquels l'Allemagne est encore partagée ont fait présum er que les Francs et les Saxons d'aujourd'hui ne sont autres que les descendants des peuples qui composaient ces deux ligues.
Vers le confluent du Rhin et du Mein, ane foule de Gaulois avaient occupé des terres dont ils payaient la dîme (agri decumates ); diverses tribus éparses dans ces environs formèrent, sous Caracalla, la confédération des Alemans.
Le centre et l’orient de la Germanie demeurèrent inconnus; seulement, la grande nation des Hermundures se maintint amie des Romains, et pouvait trafiquer dans les villes florissantes de la Vindélicie et de la Rhétie. Au nord de ce peuple étaient les Teuriochèmes ( Thuringiens ?); au sud-est, les Narisiens, qui, avec les Marcomans et les Quades habitants de la Bohême, de la Moravie et de l’Autriche actuelle, touchaient à la frontière de l'empire. La forêt Hercynia, nom sous lequel César confondit toutes celles de la Germanie centrale , s’étendait au nord de la Moravie, du côté de la Hongrie (2).
Il est inutile de faire observer que tout ce que nous avançons ici n’est que conjectural , surtout pour ce qui concerne les deux ligues, dont l’existence n’est pas admise généralement. Ce qu’il y a de certain , c’est que nous avons vu les Suèves et Arioviste envahir la Gaule, et que César les força à repasser le Rhin. Quand, après la conquête de la Gaule, les Romains passèrent en Germanie, ils eurent d’abord à lutter contre la ligue des Chérusques , puis contre celle des Marcomans; or, si, après la défaite de Varus, elles eussent réuni leurs forces , la Germanie n’aurait point subi le joug romain.
Auguste se contenta d'organiser le pays militairement ; il distribua dans les villes huit légions formant quatre-v'n.::trnille hommes, et entretint une flottille sur le Danube.
Dans la Chersonèse Taurique florissaient, :‘:.: : pr ,ection de Rome, la ville libre de Chersonèse, près de Sébastopol; le royaume
(1) Esthwohn, habitant à l’ouest; Lehr, haut : ce qui semblerait indiquer que a Harmions habitaient au centre ou au levant. Ingévons vient de eigion, la . «+5 Vansiiies de wand, frontière, côte.
1 ous parlerons plus en détail des peuples germains dans le livre VIF,
ch.
re avec nait les 'eutons.
artagée j'hui ne jent ces
‘Gaulois decumant, SOUS
connus ;
int amie
santes de taient les ns, qui , ne, de la ntière de confondit de la Mo-
avançons les deux Ce qu'il y oviste en- . Quand, n Germaérusques ; de Varus, int subi le
sil distrihommes,
| ection de e royaume
indiquer que de eigion, la
e livre VIF,
du Bosphore avec Panticapée, colonie milésienne (Zenikalé), et Thévdosie (Caffa).
Le long de la rive méridionale du Danube s’étend l’Illyrie , nom qui embrasse tous les pays à partir de l'Helvétie, de l'Italie et du Danube, jusqu’à la Grèce et à la Macédoine ; elle était habitée en 4 partie par les Celtes , en partie par les Illyriens établis dans l’AI- ‘4 banie actuelle , ainsi que dans la Dalmatie appelée Illyrique , dans
l'Istrie et la Pannonie. Peut-être se perdirent-ils en se mêlant avec . les Slaves qui, plus tard, occupèrent ce pays. Strabon les distingue
des Thraces, qui s’imprimaient des piqûres sur la peau , et des s, qui se couvraient le corps d’un enduit coloré.
Parmi ces nations, considérées comme les plus belliqueuses de l’empire, la principale était celle des Boïes , de race celtique, qui domninèrent ensuite sur une grande partie de la Bavière et de l’Autriche modernes , et donnèrent leur nom à la Bohême. Les Taurisques habitaient au milieu des Alpes de Salzbourg, de la Carinthie et de la Styrie, où les mines d’or et de fer attirèrent les Romains dans la ville de Noreia, qui donna son nom aux deux Noriques ; venaient ensuite les Scordisques sur la Saye inférieure, d’où ils faisaient des excursions jusqu’en Macédoine. Vaincus par les Daces et les Romains, ils abandonnèrent leurs contrées désertes à ces derniers, qui en formèrent les provinces appelées Noricum et Pannonie. |
Des rives du Danube aux Alpes s’étendait la Rhétie , province qui fit oublier l’ancien nom des Vindéliciens , et où habitait une nation intrépide , décidée à mourir libre.
A l’orient de l’Illyrique se trouvaient les Mœsiens, les Dardanes, les Triballes, barbares intraitables, vivant au milieu de forêts et de marécages , dont l'influence rendait rigoureux un climat qui aujourd’hui rivalise avec le nôtre. La Thrace, sauvage aussi, était ui pays belliqueux entre les monts Hémus et Rhodope, le Bos- + phore et l’Hellespont, qui devint une province romaine. Des coloue. | nies grecques s’y maintenaient florissantes , entre autres Byzance, enrichie par le commerce et destinée à remplacer Rome comme | capitale de l’empire. La Macédoine, qui avait commandé à l'Asie, * exploitait les mines d’or du Pangée et les champs fécondés par le Strymon. Thessalonique, qui éclipsait Pella et Édesse , se souvenait moins de ses anciens rois que des combats livrés dans les : champs de Philippes ; elle formait une province. L’Achaï e et les iles de la mer Égée, dont Rhodes était la plus considérable, en composaient une autre.
[Lest inutile de revenir sur la Grèce et sur ses îles, qui ne se 2,
j\eli PEL UT
Illvrie,
Grèce.
rappelaient plus leur ancienne gloire que pour sentir leur abaissement présent. Le Péloponèse pouvait. passer pour désert en comparaison de.ce qu’il était dans ses jours de liberté; et des cent villes de la Laconie , c’est à peine s’il en restait trente. A Corinthe, on fouillait les cendres pour trouver des restes précieux. L’Achaïe n’avait plus de. villes importantes; dans la Phocide, l’oracle de Delphes était devenu muet (1),.et la domination de Rome avait effacé partout la variété bizarre des lois et des mœurs.
Qui reconnaîtrait les villes de Périclès et de Léonidas, quand Auguste, parcourant la Grèce, accorde à Sparte l’île de Cythère:en récompense de lhospitalité donnée à Livie durant la guerre de Pérouse ; enlève Égine et Érétrie à Athènes pour la punir de s’être montrée favorable à Antoine; règle chaque chose à son gré, et se voit salué d’hymnes flatteurs par les muses dégénérées ? La religion ne prétait plus son ombre protectrice aux délibérations des cités, mais elleouvraitencore des refuges aux malfaiteurs ; lorsque Rome enjoignit aux différentes villes de justifier de leur droit d’asile, Éphèse. disputa sérieusement à Délos. Phonneur d’avoir donné naissance à Apollon; Magnésie, Aphrodise, Stratonice, Hiérocésarée, Chypre et d’autres encore s’appuyèrent sur les traditions et les anciennes inscriptions pour obtenir l’inviolabilité de leurs temples. Onze des plus grandes villes de l’Asie ne mirent pas moins d’empressement à se disputer devant le sénat la gloire d'élever un temple à Tibère, ce monstre déifié.
Ces Grecs , que Rome reconnaissait pour ses maîtres, dont elle se vantait d’être descendue , pour qui seuls elle avait renoncé à dicter ses ordres et à rendre la justice dans sa propre langue , que seuls elle ne traitait pas de barbares, combien ils étaient méprisés de l’orgueilleux Latin ! Un des rares diminutifs de son langage était une insulte pour le Grec {Græculus), qu’on, voyait s’insinuant à Rome comme propre à tout, enseignant , flattant, courant après les plaisirs. La déloyauté grecque était passée en proverbe ; Virgile l’immortalisait, et Cicéron la flétrissuit à la tribune : « Les « témoins, disait-il, sont Grecs, et déjà repoussés par l'opinion « générale. Je ne leur conteste ni les lettres , ni les arts, ni l’élé- « gance du langage , nila pénétration d’esprit,, ni l’éloquence; « mais, quant à la loyauté et à la religion du serment , cette na-
(1) Sulpicius écrivait à Cicéron ; £x 4sia rediens, cum ab Ægina Meégaram versus navigarem, cœpi regiones circumcirca prospicere. Post me erat Ægina, ante Megarà, dextra Piræus, sinistra Corinthus; quæ oppida quodam tempore florentissima fuerunt, nunc prostrata et diruta ante ocuins jacent. Ad Fam., IV, 5:
® cents
les p:
rent temp déser peu a
Ce!
plaine Caléd
r abaisésert en des cent orinthe, L’Achaïe racle de avait ef-
, quand ythèreen juerre de
de s'être gré, et se ? La relitions des ; lorsque droit d’ar d’avoir tratonice, nt sur les violabilité ne mirent t la gloire
dont elle renoncé à
gue , que méprisés gage était sinuant à ant après rbe ; Vire: « Les l'opinion s, ni l’éléloquence;; cette na-
ante ocuios
«tion y fut toujours étrangère ; jamais élle ne sentit la force, « l'autorité, la grave importance deschoses saintes. Cette phrase, « Jure pour moi, je jurerai pour toi, s’applique pent-êtré aux « Gaulois et aux Espagnols? Non , elle n'appartient qu'aux seuls « Grecs, si bien que ceux qui ne savent pas ün mot de grec la « prononcent dans cette langue. Si vous 'observez un témoin de « cette nation , son attitude suffit pour vons faite juger de sa re- « ligion et de sa conscience ; il ne pense qu’à la manière Ge s’ex- « primer,non à là vérité de ce qu’il dit. — Je récuse tous les « témoins produits danscette cause ; je lesrécuse parcequ'ils sont « Grecs, parce qu’ils appartiennent à la plus légère de toutes les « nations. »
S'il fait quelque exception en faveur de ceux d'Europe ,'il condamne : tous ceux d'Asie. « Je ne citerai pas des témoïgnages « étrangers, mais votre propre jugement. L’Asie Mineuré se com- « pose ,sije ne metrompe , de la Phrygie, de la Mysie , de la Carie « ét de la Lybie. Est-ce nous, ou bien vous-mêmes qui avez in- « venté ce proverbe : On n’oblient rien d’un Phrygien qu'avec
« les étrivières ? C’est vous-mêmes qui dités de la Carie : Voulez-
« vous courir quelque danger, allez en Carie. Quelle phrase est «plus usitée que celle-ci pour exprimer le plus profond mépris : « C’est le dernier des Mystiens? Est-il une comédie où le valet ne « soit un Carien (1)?»
Tant de mépris au comméncement d’une époqne dont la fin verra la splendeur de Rome se transporter sur sesrivages décriés , et un empire grec éclipser l’éempire latin et lui survivre!
Rome, en attendant, s’érigeait en reine et maîtresse ; elle étendait sa domination sur un espace de plus de sept cents lieues du nord au midi, de la muraillé d’Antonin et de la Dacie jusqu’à l’Atlantique et au tropique ; de mille de l’est à l’ouest , de l'Océan
© à l’Euphrate, occupant ainsi une surface de plus d’un million six * vents milles carrés entre le 24° et le $6° degré de latitude, dans
les pays du monde les plus propres à la civilisation, Ces limites fu-
à rent parfois modifiées par quelque conquête, mais pour peu ‘de
temps , la nature les ayant tracées par une enceinte de monts , de déserts et de fleuves , barrières infranchissables pour des peuples peu avancés,
Cette enceinte embrassait au nord-ouest l'Angleterre et les plaines de l'Écosse , dont les montagnes étaient abandonnées aux Calédoniens. Le Rhin protégeait l'Helvétie et la Belgique ; le Da-