‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 4 sur 135 · EE RRR · texte numérisé non relu

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uube , les deux péninsules Italienne et Illyrique. Cette ligne de frontières gagnait la mer Noire , et de là , par la chaîne du Caucase , la mer Caspienne et les montagnes centrales de l’Asie. Les Ibères, qui en occupaient la partie la plus sauvage ;, ne purent jamais être subjugués par les Romains , qui eurent les Arméniens tantôt pour ennemis, tantôt pour tributaires , jamais pour sujets. De leurs montagnes descendent l’Euphrate et le Tigre , entre lesquels s'étend la Mésopotamie , où se rapprochaient les Perses et les Romains. Les déserts de l'Arabie servaient de limite aux collines fécondes de la Syrie, et de la mer Rouge à l'Égypte. En appuyant vers le midi , les déserts de la Libye et le Sahara , à l’occident l’Atlantique , arrêtaient l'essor des aigles romaines.

Entre ces limites, quelques États restaient indépendants : de ce nombre étaient , dans les Alpes Cottiennes, douze cités gouvernées par le roi Cottius , et dont Segusia (Suse) était la capitale ; Corcyre, Scio , Rhodes, Samos , Byzance , conservaient leurs lois; Nimes, Marseille, Lacédémone et plusieurs peuplades de la Gaule et de l'Espagne , jouissaient d'institutions nationales. Parmi les cinq cents villes de l’Asie, un grand nombre avaient des privilèges semblables, nommément celles de la Pamphylie, de la Thrace et de la Lycie; la Cappadoce était gouvernée par ses rois , de même qu’une partie de la Cilicie, la Comagène , Palmyre, la Judée , la Mauritanie, le Pont. Toutefois, cette indépendance était purement nominale ; rois et républiques ne pouvaient être considérés que comme des instruments de la puissance de Rome,

Lors du dénombrement fait par ordre de l’empereur Claude , le nombre des citoyens romains s’élevait à six millions neuf cent quarante-cinq mille ; ce qui donnerait prèsde vingt millions en y ajoutant les femmes et les enfants. Il est difficile d'évaluer le nombre des sujets del’empire ; néanmoins , en s’arrêtant à un terme moyen entre des opinionstrès-diverses , on peut admettre le double pour les habitants des provinces , et la population en esclaves n’était certainement pas moindre que celle des personnes libres : le chiffre total s’élèverait ainsi à cent vingt millions d'habitants.

Le monde a vu des empires plus vastes, et il en voit encore ; mais ils s’étendent sur des déserts ou sur des populations errantes et grossières. Celui des Romains embrassait les pays les plus civilisés, ceux qui entourent la Méditerranée , et sa domination fut durable , parce qu’elle n’était pas l'effet d’une invasion passagère. Dans chaque province, on rencontrait des villes importantes, dont quelques-unes renfermaient un peuple entier : telles étaient, sans parler de Rome, Antioche, Alexandrie , Carthage, toutes

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Telle était l’étendue du territoire que Rome avait acquis par le système de guerre perpétuelle de cette république qui venait de finir, Auguste , répudiant l’ambition des conquêtes ; animé du seul désir de fonder un trône dans le Capitole à côté de la statue de la Liberté, n’eut en vue que la paix dans les guerres qu’il dut soutenir; ce fut pour faire entrer les Alpes dans les limites de l’empire, qu’il conquit la Rhétie, la Vindélicie, le Noricum , la Pannonie. Ses successeurs eux-mêmes, à qui l’administration d’un aussi vaste empire donnait bien assez d’occupations, loin de désirer la guerre, craignaient que les généraux ne s’accoutumassent , dans des conquêtes lointaines ; aux douceurs du commandement. Les généraux, de leur côté , n’étaient pas excités par l’espérance du triomphe ni par l’appât de la gloire, qui revenait tout entière au prince. | . D’autres nations se pressaient aux frontières, poussées comme les flots de la mer, et arrêtées par l’immobilité menaçante des légions. L’ennemi le plus dangereux pour l'empire romain était la dépravation intérieure , qui préparait déjà la dissolution de ce grand corps, au moment même où tout le monde le croyait plein de force et de vie.

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