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946 SIXIÈMR ÉPOQUE.
Hérode At 11H Valeur dé quarante millions de sesterces. Hérode Atticus ést
cité parmi les citoyens les plus fastueux de cette époque. Son père, nommé Julius, d'une famille pauvté, ét qui n’était rien moins qu'illüstre, ayant trouvé un trésor imménse dans une vieille mâison qu’il possédait, l'empereur Nerva , auquel il en donna avis, lui dit d’én faire ce qu’il voudrait, ét lui accorda remise de la part due au fisc d’après la loi; comme il répondait qu’il craignait de l’employer mal, l'empereur, plus généreux que prudent, reprit : Tu peux en user et en abuser comme il te plaira.
Son fils Hérode hérita donc d’un immiense patrimoine, à la charge de payer tons les ans à chaque citoyen d'Athènes une mine (87 fr. ): obligation dont il se racheta en payant en une fois le total de citiq années, ce qui dépasscrait vingt-deux millions. Élevé par les maîtres les plus habiles de la Grèce et de l’Asié, il acquit une grande réputation comme orateur; il obtint le consulat à Rome, et la préfecture des villes libres de l’Asie. Dans ce poste, il lui fut alloué par Adrien trois cents myriades de drachmes (2,700,000 fr.) pour amener dé l’eau, dont manquaient les habitants de la Troade; mais, comme la dépense devait s'élever au double, ce qui faisait mururer les employés du trésor, Atticus fit poursuivre et achever les travaux en complétant de ses deniers la somme nécessaire.
Une fois retiré des affaires, il passait ses jours tantôt à Athènes, tantôt aux alentours, discutant avec les sophistes , qui se laissaient vaincre volontiers par un adversaire si généreux ; il dépensait énormément en travaux d'utilité publique. Élu président des jeux dans la ville, il fit construire en quatre ans un stade de six cents pieds de long, tout en marbre blanc, et qui pouvait contenir la population entière. IL consacra à la mémoire de Régilla, sa femme, un théâtre où il n’entrait d’autre bois que du cèdre sculpté. Il rendit son ancienne magnificence à l’Odéon , que Périclès avait fait édifier avec les antennes des vaisseaux perses; il embellit le temple de Neptune sur PIsthme, qu’il se proposait de couper, et donna un théâtre à Corinthe, un stade à Delphes, des bains aux Thermopyles, un aqueduc à Canusium en Italie. Nous ne parlons pas ici des travaux moins importants exécutés à ses frais dans la Thessalie, l’Épire , l’Eubée, la Béotie, le Péloponèse, ni de ses libéralités envers les villes qui le choisissaient pour leur patron.
Voilà ce que faisait un simple particulier; or, bien qu’il ne puisse servir de terme de comparaison pour les autres, il nous donne au moins une idée du luxe étalé par ces citoyens opulents, auxquels le monde entier fournissait son tribut de jouissances et
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de splendeurs. Une fois la domination des empereurs pleinement affermie, les sujets, désespérant de recouvrer leur indépendance, s'étudiaient à embellir leur servitude de tous les plaisirs compatibles avec la tranquillité du prince. Des édifices s’élevaient donc de toutes parts, et leurs débris font encore aujourd’hui notre étonnement; ceux-ci étaient l'ouvrage des Césars, ceux-là des magistrats, d’autres des communes ou des particuliers. Nous avons mentionné successivement les premiers. À peine Rome eut-elle érigé le Colisée , que Vérone et Capoue voulurent avoir des cirques non moins magnifiques; quelques communes lusitaniennes jetèrent l’admirable pont d’Alcantara. Pline trouva les villes de le Bithynie bâtissant à l’envi l’une de l’autre : à Nicomédie, on terminait une nouvelle place, un aqueduc et un canal; à Nicée, un gymnase et un théâtre; à Claudiopolis et à Prusia, des thermes, «: à Sinope , un aqueduc de quinze milles. On apportait surtout un grand zèle dans la construction des aqueducs, à l’aide desquels prospéraient des populations nombreuses, dans des lieux que l’incurie des Barbaresques laisse envahir aujourd’hui par les sables de la Libye; ceux de Spolète, de Metz, de Ségovie, annonceraient plutôt de vastes capitales que des villes de province. À Nimes, à Arles, à Narbonne, près du Gard, on voit encore debout des monuments remarquables. Que devaient donc être Antioche, Alexandrie, Césarée, où étaient renfermées des nations entières ? Afin sans doute que nous pussions nous en former une idée, deux villes se sont conservées entières sous les cendres et
les laves, d’où elles sortent à cette heure, en nous révélant toute
la magnificence de cette époque (1).
Que l'admiration ne nous fasse pas oublier néanmoins que les constructions des empereurs étaient une charge pesante pour leurs sujets, contraints à les exécuter de leurs propres bras. Vespasien cependant, qui entreprit dans tout l’empire tant et de si grands travaux, « les conduisit à fin sans molester les cultivateurs (2) ; » ce dont on lui tit un mérite, tandis qu’on reproche à Dioclétien « son insatiable manie de bâtir, ce qui faisait que la mise en ré- « quisition des ouvriers, des manœuvres, des chariots nécessaires « pour ces constructions, n’était pas moins onéreuse que la per- « ception des impôts (3). »
Ces constructions nous permettent de juger le système politique des anciens, dont toute l’attention se portait sur les villes ,
(1) Voy. ci-après, chap. XXXTII.
(2) AuréLIUS Victor, de Cæsar., c. 9.
(3) Lacrance, de Mort. persec., $ 7.
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en sacrifiant entièrement les campagnes. Après le moyen Age, au contraire, on ne trouvé pas ün coin dé pays où ne s'élève un vil: lagé, avec son église et sa maison communale. Alors tout se concentrait dans les villes ; c’était à elles que conduisaient les grandes routes, sans avoir pour accessoire ce réseau de chemins inférieurs qui'relient aujourd’hui les moindres villages ; alors, en ‘un mot,
c’étaient les citoyens, aujourd’hui le peuple; alors quelques privilégiés, aujourd'huilhumanité entière.
Combien se tromperait donc celui qui, à la vue de ces magnificences, se figurerait que la population de ce temps était extrémement riche ! La prospérité des nations résulte, non des nombreuses richesses amassées dans les mains de quelques-uns, mais de la distribution équitable entre tous de ce quisért au nécessaire, aù bien-être, aux jouissances. Rome, après avoir enlevé aux vaincus leur territoire, le divise en petites portions pour le distribuer à titre de récompenses militaires; elle conserve le reste comme domaine'national (ager publicus), pour laffermer, soit par baux de cinq années, soit à perpétuité, moyennant une rede vance qui formait une dés principales branches du revenu public. Les patriciens, à raison de la puissance que leur attribuait la constitution, s’en attribuaient la meilleure partie, et leur principal soin était de la conserver et de l’accroître. Tout favorisait leur désir. Les matières précieuses que la conquête fait entrer dans le pays diminuent la valeur de l'argent ; d’où il suit que la redevance qu’ils payent se réduit à peu de chose ou à rien, et qu’ils n’ont plus qu’à … acheter dés esclaves et à faire les frais de culture.
Ils permettent à ces esclaves d'économiser sur leur nécessaire , ou d’exercer un pétit négoce à la faveur duquel ils se créent un pécule qu’ils placent à intérêts dans les mains de leur maître luimême, lequel se trouve ainsi propriétaire, cultivateur et banquier. Les grandes propriétés, soutenues par un capital surabondant, tendent à s’accrôître ; chaque jour elles absorbent quelque modeste patrimoine, et les choses en viennent au point que le territoiré romain pourrait passér pour une confédération de petits royaumes, L'Italie, peuplée de nations industrieuses, avait vu ses enfants s’épuiser, soit dans les luttes contre la tyrannie de Rome, Soit dans les proscriptions qui signalèrent les triomphes de la cité victorieuse; soitenfin en la secondant dans ses nouvelles conquêtes. À peine le temps avait-il réparé les pertes causées par lés guerres d’Annibal et par celle, plus meurtrière encore, des Marses, que. survinrent. les luttes civiles; aux maux. de la guerre. s’ajoutèrent bientôt ceux de la victoire; quand Sylla, et plus encore
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Auguste, partagèrent ces belles contrées entre leurs vétérans. Ces nouveaux, maîtres chassèrent de leurs champs, de leurs foyers, de leurs temples, de leurs tombeaux même, les anciens propriétaires, qui accoururent à Rome, nus et sans ressources, pour demander du pain (1).
Mais le vétéran, qui se trouvait enrichi si facilement, ne connaissait ni l’industrie qui fait acquérir, ni l’économie qui conserve : habitué à l’imprévoyance du soldat et à la dissipation, fruit des largesses et du pillage, il se livrait aux plaisirs , se voyait bientôt réduit à hypothéquer le fonds , la maison, le mobilier ; puis, nu comme auparavant et plus vicieux, il revenait à Rome pour se rassasier de pain et assouvir sa soif de plaisirs. Tacite raconte qu’on dut repeupler Tarente et Antium avec des vétérans, mais sans résultat ; car la plupart des soldats se dispersaient dans les provinces où ils avaient terminé leur service ; puis, comme ils n’avaient pas l'habitude de se marier, ils mouraient sans enfants.
Les campagnes restaient donc en friche; le fisc s’en emparait, ou‘elles devenaient la proie des riches, qui formaient ainsi des domaines immenses avec les dépouilles des petits. De là, :c: ‘atifundia qui ruinèrent lItalie (2), où souvent un seul indiv du possédait un territoire dont la conquête avait suffi à faire décréter le triomphe d’un général.
Le nombre des pauvres devait croître à l’infini, par les propriétaires dépossédés, par les cultivateurs libres qu’écrasait la concurrence de vastes exploitations à esclaves, par les débiteurs que dévorait l’usure, par tous les plébéiens enfin, sauf ceux qui, à force d’esprit ou de valeur, parvenaient à prendre place dans l’ordre des chevaliers : aristocratie d'argent qui se substituait à celle de race.
Il serait possible peut-être, parmi les n«'ions modernes, d'en citer une divisée de même en un petit nom: de possesseurs de richesses immenses et en une infinité de misérables (3) ; mais ceux sur lesquels l’orgueil s’apitoie quand il ne les insulte pas sous le nom de populace, forment aujourd’hui ia classe infime, laborieuse et obscure qui, dans l'antiquité, était remplacée par les esclaves
(1) Moré latrociniiveteribus possessoribus adimerunt agros, domos, sepulcra, Jfana..…. juvenes pariter ac seniores, mulieresque cum parvis liberis, conquerentes se pelli agris facisque. Arpien., de Bello civ.
(2) Latifundia perdidere Italiam. (Pue, Hist. nat., XVIIL.)
(3) Ce phénomène de l’expropriation se reproduit précisément aujourd’hui en Écosse , où la suprématie des Zairds s’ést changée en propriété, chacun d’eux ayant absorbé les terres de:tont le clan,
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appartenant au maître et entretenus par le maître, La plèbe, au contraire, était composée d'hommes lihres et privilégiés dans l'ordre civil, qui formaient un parti redoutable par le nombre, par ses habitudes guerrières, par la puissance de l’accord et de la légalité. La plèbe pouvait donc soutenir une lutte ; et les pauvres ; succombant avec les Gracques, triomphèrent durant les proscriptions, lorsque les biens enlevés aux anciens propriétaires furent distribués, non , comme on le disait, pour arriver à une répartition égale, mais pour récompenser ceux qui avaient aidé aux victoires des triumvirs.
Ce changement de maîtres amena, sous l’empire, un nouveau système d'économie et de finances. Les anciens membres de l’aristocratie continuaient, par tradition, à faire cultiver les champs par des esclaves placés sous la direction d’autres esclaves ; les nouveaux enrichis, ne songeant qu’à jouir dans le luxe de leur opulence démesurée, louèrent leurs biens à des cultivateurs libres , qui les firent valoir à leurs frais et risques. On louait habituellement pour cinq ans , et le fermage était payé d’ordinaire en argent et selon le nombre des esclaves attachés au domaine; mais on peut juger combien le revenu devait être incertain, si l’on songe à la multiplicité des distributions gratuites, et lorsque la munificence de l’empereur ou des riches faisait obstacle à toute spéculation privée. Ajoutez à cela les monopoles, les trésors que la victoire mettait tout à coup en circulation, et qui altéraient capricieusement la valenr des denrées envoyées sur le marché par le propriétaire.
La difficulté d’affermer des biens à des cultivateurs libres s’étant accrue de plus en plus, il s’introduisit, après le deuxième siècle de l’ère vulgaire, un nouveau système d'économie rurale : l’eselave fut changé en colon servile, avec la faculté de prendre femme, d’avoir des enfants, de disposer de son pécule, à la condition de payer une redevance annuelle (1). Cette réforme aurait pu amener le rachat de l’esclave; mais, comme la disproportion entre les pauvres et les riches devenait toujours plus grande, et qu’elle se trouvait augmentée par l’horrible système de finances que les besoins croissants de la république avaient fait adopter, on en vint à craindre que le propriétaire ne vendit les esclaves et ne laissât les champs sans culture. Il fut donc décidé que le colon resterait avec sa descendance attaché à la glèbe, et serait vendu avec elle; cette mesure rendit plus misérable la condition de l’es-
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clave, et produisit beaucoup d’inégalité dans la distribution des travailleurs, qui, accumulés dans certains endroits, étaient trèsrares dans d’autres. Aussi, à la fin de ce sièclé, des campagnes au-+ trefois mises en valeur par les populations actives des Éques, des Sabins, dés Volsques, des Étrusques, des Cisalpins, restèrent en friche , et des terrains immenses furent envahis par des jardins de plaisance entièrement improductifs (1).
L'agriculture italienne anéantie, il fallut faire venir du dehors jusqu’au vin, soit des îles de la Grèce , soit de la Syrie, de l’Espagne ou des îles Baléares, soit de cette Gaule même, dont les fils étaient descendus en Italie, attirés par ses riches vignobles. La laine, produit jadis en renom des troupeaux de l’Apulie et de l’Euganée, dut être demandée à l'Espagne, à Milet, à Laodicée, et la plus commune, à la Gaule, Les principales familles ayant adopté le luxe jadis royal de l’employer teinte en pourpre, on la faisait venir de Tyr, de la Gétulie, de la Laconie, au prix quelquefois de mille drachmes la livre.
A l’époque où, par suite d’expédients fiscaux ou de l’urgence des besoins, l’egriculture se transformait ainsi, l’industrie ellemême subissait une révolution radicale. Les corporations d’ouvriers libres, très-anciennes à Rome , n’avaient pu prospérer à côté des manufactures serviles, chaque citoyen riche faisant fabriquer chez lui tout ce qui était nécessaire aux besoins et au luxe de la maison. Plus tard les parvenus qui affluèrent à Rome s’aperçurent qu’une étoffe, un ustensile quelconque, achetés dans une boutique, coûtaient moins cher que ceux qu’on faisait fabriquer chez soi par ses esclaves; ce qui fit abandonner l’industrie domestique, accrut le nombre des artisans libres et seconda le système d'égalité adopté par les empereurs. Mais on ne voulut pas donner à cette foule d’artisans la liberté enlevée aux gens de la campagne, et, sous prétexte de les assujettir à un ordre régulier , on enchaîna chacun àson métier, comme on avait enchaîné les colons à la glèbe. Sans aucune idée de lalibre concurrence, on regardait comme une nécessité l'intervention de la loi en toute chose, pour assurer cette prospérité publique à laquelle nous pensons aujourd’hui que suffit la prévoyance de l'intérêt privé; dès lors on réforme les corporations (associations ou compagnies), et l’on organise dans chaque ville celles qui sont nécessaires pour
(1) C.G. Zumpt ( Ueber den Stand der Bevôlkerung ; Berlin, 1831 ) agde le mouvement de la population chez les anciens. I réfute Gibbon, qui Met le maximum au temps des Antouins, et dénontre que chez les Grecs la population
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satisfaire convenablement aux besoins des habitants. Les corporations que l'on peut considérer comme accessoires sont groupées autour de la principale; on les échelonne par. degrés, et le passage de l’une à l’autre est accordé comme un privilége. L'empereur, ou la commune, ou les membres de la corporation euxmêmes , établissent, un fonds social; mais, comme celui qui n’y verse rien peut y avoir part, et que tout homme libre. a la faculté d'entrer dans l'association, la moindre valeur acquiert du prix. Toutefois l'associé ne peut ni vendre’ni léguer ‘son pécule qu’à l’un de ses confrères ; de sorte que, contrairement à ce qui existe aujourd’hui, l’industriel appartient à son industrie. Là se rétrouyait encore la déplorable influence du fisc, car chacune de ces communautés était grevée de chargesénormes. Outre les droits de vente et de péage, elles devaient acquitter une. contribution appelée auraria , parce qu’elle se payait en or; tous leurs membres étaient tenus solidairement , et les biens-fonds qu’elles possédaient étaient hypothéqués pour la garantir.
Ainsi, point d'agriculture pour créer la richesse, point d’industrie pour la mobiliser, point de commerce pour la répandre. Une foulede gens detous les pays affluaient à Rome ; on peut donc juger de ce qu'il devait y avoir de misère et de corruption dans cette multitude inoccupée, tous voulant vivre des distributions publiques ou de leur infamie. Alors se multipliaient les aveugles instruments du luxe et de la débauche ; de véritables armées d’esclaves remplissaient les maisons des principaux citoyens, au point qu’il fallait un nomenclateur pour se rappeler le nom de chacun d’eux.
Nourrir et contenter la foule devait être un des principaux soins des empereurs, qui, à cet effet, tiraient continuellement des blés de la Sicile, de l'Égypte et de l'Afrique. Maintenir la liberté des communications avec ces pays était la première exigence de leur politique; car malheur à eux le jour où la pâture n'arrivait pas à tant de bouches affamées (1)! La floite qui transportait les blés en Italie était appelée sacrée ; les vaisseaux abordant à Kome chargés de froment ne payaient aucun droit; plus mauvais était le prince, et plus il accordait au peuple, qui faisait consister dans ces largesses la bonté du gouvernement et la justice.
Un édit de Dioclétien , témoinage éloquent de la misère du temps, a été mis récemmei en lumière; il a pour objet de fixer, dans un moment de disette, le maximum des subsistances et des
(1) Aurélien écrivait au préfet des subsistances de songer à ce que la plèbe fût
rassasio®. ( VOPiSCUs, Vie d'Atrécién, )
salaires les obje cher qu
(1) Ce Stratonic Londres,
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rpo- T héébmi 25 Var / ni Dés salaires pour les différents ouvrages. L’on y trouve la preuve que pas- les objets de première nécessité coûtaient de dix à vingt fois plus pe- cher qu’aujourd’hui (1). Bien que Pabondance dé l'argent et le peu euxi n'y (1) Ce tarif est LORS de 303; il a été trouvé par William Sherard à £ Stratonicée de Carie, en 1709, et publié, après des modifications, par Bankes, A-1Rr Londres, 1826.
t du Moreau de Jonnès en a tiré le tableau suivant mis en rapport avec les monnaies “pé- : et les mesures d'aujourd'hui : equi | PRIX DU TRAVAIL.
à se e de Approximativement.
droits Au manœuvre (25 deniers par jour), 5 fr.62 c. on Au maçon, 11 25 Au manœuvre qui gâche la chaux, 11 25 nen)- Au marbrier faisant les mosaïques, 13 50 )OSsÉ- Au tailleur pour la façon d’un habit, 11 25
Au cordonnier, pour façon de calcei, chaussures despatriciens, 33 75
dus- — — decaligæ, id. desartisans, 27 »
— id. pour soldats et . Une sénateurs, 22. 50 juger — — id. pour femmes, 13 50 cette LS — de campagi, sandales militaires, 16 87 ubli- . Au barbier, chaque fois, » 45 Au vétérinaire, pour tondre les animaux et leur tailler lé sabot, 1 35 stru- À l'avocat, pour une citation devant les tribunaux, » 25 laves — pour un procès, 925 »
de L PRIX DES VINS.
: soins Ceux du Picénum, le Tiburtin, le Sabin, l'Aminéen, le Sor s blés rentin, le Sétin, le Falerne, chaque litre, 13 50 tberté D'autres vieux vins de première qualité, 10 90 1pertu Les vins ordinaires (vina rustica), 3 60 ice de La bière (camum), 1, 80 vivait Le vin travaillé de l'Asie (caranium mæonium), 13 50. ait les Le vin d’orge de l’Attique, 10 90 Home DE LA VIANDE, au vas .
sister . Viande de bœuf, chaque livre, 2 40 — d'agneau, de chevreau, de pure, 3 60 Le meilleur lard, 4 80 re du Les meilleurs jambons de Westphalie, de Cerdagne et du pays fixer, des Marses, 4 80 et des Graisse de porc, 3 60 Foie de porc engraissé avec des figues (ficatum), # 80 Chaque pied de pore, » 90 èbe fût Saucisson de porc frais (isicium) pesant une once, » 40 Id, fumé et assaisonné ({ucanicæ ), 3° 60 Id, de bœuf frais ou fumé, 5 5
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d'industrie portassent le prix du travail à une somme excessive, on voit qu’un rustre ou un manœuvre pouvait à peine se procurer, avec le salaire de sa journée, une nourriture grossière et insalubre : chose grave pour une nation dont les trois quarts étaient réduits à vivre de pain , de fromage et de poissons, à ne boire que de leau acidulée, tandis que Vitellius dépensait pour sa table cent soixantequinze millions par an.
Le commerce aurait pu seul ramener la prospérité; du reste, les provinciaux, encore épargnés parles barbares, assez éloignés des empereurs pour ne pas sentir leurs iniquités personnelles, et favorisés par la paix, dirigeaient volontiers leurs enfants vers le négoce , depuis que la carrière publique se trouvait fermée ou entravée , afin qu’ils eussent moins de contact avec des monarques dangereux. A travers la Mésopotamie et le désert, les trafiquants romains suivaient la route battue depuis l’origine des so-
ciétés; cette direction, adoptée par le commerce, faisait la .