‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 51 sur 135 · LES LÉGUMES · texte numérisé non relu

LES LÉGUMES

La meilleure laitie, chaque botte de cinq, » 90

Les choux, chaque pied,

Les plus beaux choux-fleurs, cinq têtes, » 99 Betteraves, les plus belles par hottes de cinq, » 90 Le céleri et les cardons les plus gros, » 90 AUTRES COMESTIBLES, Le meilleur miel, chaque litre, 18 »

L'huile de première qualité, 18 »

Liquamen, pour stimuler l'appétit, 2 »

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prospérité de Palmyre, qui acquit, au temps des Séleucides , une importance qu’elle conserva même lorsque la Syrie fut assujettie aux Romains; bien plus, ces derniers et les Parthesse disputaient à l’envi son amitié.

Sous les derniers Ptolémées, le couuimerce de l'Arabie et de l’Inde traversait Pétra pour gagner la Méditerranée ; de Leucécome, sur la mer Rouge, de nombreux chameaux portaient les marchandises à Rhinocolure (E/-Arich) en passant par Pétra, située dans la vallée de Mosès Ouadi-Mousa (1). Il paraît qu’à cette époque les Grecs ne trafiquaient pas encore directement avec l'Inde, si ce n’est par le cabotage , à la manière des Arabes, qui, courant la mer sur des barques revêtues de cuir, amtssèrent ces trésors qui tentèrent la cupidité d’Auguste et lui coftèrent si cher.

Le Digeste nous a conservé un tarif des marchandisesindiennes, dont la variété est attestée par le Périple de la mer Rouge, attribué à Arrien. D’après les renseignements qu’il donne, les bâtiments égyptiens abordaient à Patala sur l’Indus; ils apportaient des étoffes légères, des tissus travaillés et des parfums étrangers à ce pays, du corail, toutes sortes de verroterie, de menus objets d’or et d'argent, et des vins qu'ils échangeaient contre des

. épiceries, des saphirs et autres pierres précieuses, des soies, des

tailès de coton et du poivre noir. Barygaza ( Barous), sur les bords du Nerbuddah, était encore plus fréquentée ; elle servait de tran-

. sit aux marchandises qui ne devaient pas suivre la voie de terre,

et qui s’expédiaient alors de Tagara ( Dultabad) et traversaient les hautes montagnes du Balaghât. On allait y échanger des vins d’Italie, de Grèce, d'Arabie, du cuivre, de l’étain, du plomb, des ceintures bizarres, l’herbe du mélilotos, du verre blanc, de l’arsenic rouge, du plomb noir, des monnaies d’or et d'argent, contre des onyx et d’autres pierres, de l’ivoire, @: :a myrrhe, des cotorinades unies où brodées, et du poivre long. Un commerce à peu près semblable se faisait à Musiris, sur la côte appelée aujourd’hui de Malabar; mais de ce point, plus rapproché de l'Inde, ontirait plus facilem:rt et en plus grande quantité certains articles, et particulièrement des diamants, des perles, et du poivre d’une qualité supérieure,

(1) Eu 1812, Burckhardt visita les ruines de Pétra ( 30° 21 21 de latitude) ; en 1818, les capitaines Irby et Mangles y trouvèrent beaucoup de sépuicres creusés dans le roc vif, et un entre autres d’une beauté ringulière. Léon de Laborde et Linant en ont donné une nouvelle description en 1830. Les Arabes croient que ces ruines renferment de riches trésors; et c'est pour celte raison

qu’ils ne permettent que dificilement aux Européens de pénétrer dans l’Idumée,

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Les tuiles et le coton en balle, qui foni aujourd’hui les principaux objets d'exportation de l'Inde, n’avaient pas la même importance pour les anciens, qui portaient surtout des vêtements de laine ; le salpêtre du Bengale et la soie écrue entraient également pour peu de chose dans leur consommation.

Sous les Ptolémées Lathyre et Physcon, Eudoxe de Cyzique chercha une voie plus directe pour ali£r dans inde, d'où :! rap porta les premiers diamants en faisant le tour de l'Afrique par l'occident (1). Diodore Hippalus, environ quatre-vingts ans avant la réunion de l'Égypte à l’empire romain , osa s’écarter de la route battue; en sortant du golfe Arabique , il eut le bonheur de :2ncontrer des vents favorables qui le portèrent à Musiris. La connaissance Ge ce vent, auquel on donna le nom du navicrteur, et qui souffle régulièrement du sud-ouest , est la décauverie la plus importante du commerce ancien; depuis cette époque, les bâtiments $\enturècent en pleine mer, et profitèrent pour le retour de l4 rvousson contraire.

Sous Auguste, Ælius Gallus, gouverneur de l'Égypte, fit sortir du port de Myoshonnos, sur la côte égyptienne du golfe Arabique, une flotte marchande de cent vingt voiles; or, comme cette expédition eut un plein succès, la même route fut généralement adoptée. Les navires s’embarquèrent sur le Nil à Juliopolis, à peu de distance d'Alexandrie; en douze jours ils arrivèrent à Coptos, après un parcours de trois cents milles. De là ils prirent la route de terre et se transportèrent, à dos de chameaux et à l’aide d’autres moyens, jusqu'au port de Bérénice, sur le golfe Arabique ; ce trajet dé deux cent cinquante milles, qu’ils effectuèrent surtout de nuit, dura douze jours. Vers le milieu de l'été, ils se rembarquèrent, et en irente jours ils abordèrent au port d’Icelis ou du Chien ( capo Phartaco) dans l’Arabie Heureuse , d’où , après quarante jours de navigation, ils se trouvèrent à Musiris ou à Bérax , dans le Concan moderne. Dans les premiers jours du mois égyptien de #iby, qui correspond à décembre, ils appareilièrent par un vent nord-est, qui, à l'embouchure du golfe Arabique, se change en sud-ouest.

Josèphe affirme qu’Alexandrie versait en un mois plus de contributions que tout le reste de l'Égypte ns l’espace d’une

année, mais il exagère. En effet, sous le: ‘rniers Ptolémées, une vingtaine de navires à peine sortaient d:. ‘2 Arabique pour

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ron cent vingt bâtiments, dont la charge ne pouvait guère excéder cent tonneaux. Pline assure que les Romains y portaient annuellement pour cinq millions de marchandises , sur lesquelles ils faisaient un bénéfice du centuple, ce qui explique pourquoi ils interdisaient avec un soin si jaloux l’entrée de la mer Rouge au commerce étranger. |

Et ce riche trafic, depuis Auguste, se faisait par les Romains ou pour les Romains: tant sont loin de la vérité ceux qui supposent que ce peuple négligeait entièrement le commerce (1). Une capitale si populeuse , riche et plongée dans les voluptés , recherchait avidement les délicatesses de l'Orient, les parfums, les pierreries , les tissus, tout ce qui peut flatter le luxe et le caprice. L’encens, qui fumait sur mille autels; les parfums, destinés à embaumer les corps, afin que la mort fût encore dispendieuse pour celui qui avait vécu dans la somptuosité (aux funérailles de Sylla deux cent dix balles furent brûlées sur son bûcher, et Néron, à celles de Poppée, employa plus de canrelle et de casse que l’on n’en récoltait dans une année ); les essences, qui servaient aux femmes pour conserver leurs charm:s ou réparer les ravages du temps; les pierres précieuses, qui absorbaient des patrimoines entiers; les perles, que l’on voulait d’une grosseur extraordinaire, qui entraînaient Jules César aux conquêtes, et devenaient pour Cléopâtre un instrument de prodigalité; la soie, qui fut regardée comme un luxe ruineux jusqu’après Héliogabale : tels étaient les objets que fournissaient les bords du Gange , tandis que le Phase envoyait les tissus de la Chine, qu’il recevait des Parthes et des Persans.

De Dioscure venaient les productions du Pont-Euxin et de la Caspienne : le cinnamome, que l’on payait 1,500 deniers la livre (1.060 francs), la myrrhe, le nard, et autres bois odoriférants et gommes employés dans la préparation des onguents. On tirait de la Perse et de la Syrie, outre de la soie, des pelleteries ; Tyr donnait sa pourpre ; l’Éthiopiedes parfums, del’ivoire, du coton (2) et les animaux destinés au cirque. L’Arabie, où Séleucus essaya vainement de faire prospérer l’amome et le nard, produisait en abondsnce la myrrhc, la cannelle, des arbres à essence, de l’encens, sans parle: des perles ct des pierreries. L'industrie était ts-active en Égypte, les habitants ayant continué de l'exercer var goût , après y avoir été habi' és sous la tyrannie paternelle

(1) Mexcorni, del Commercio dei Romani.

(2, Nemora Æthiopum molli canentia lana. ( Vire.) HIAT, UNIV, = T, V, « 17

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