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des prêtres ; Arsinoé fabriquait des draps; Naucrate et Coptos, des poteries; Diospolis, du verre; Alexandrie, des étoffes de lin etdes tapis; le papyrus était une de ses industries. Ces objets, ainsi que des vases de terre cuite et de la verroterie, étaient portés dans l’Inde et l’Éthiopie pour être échangés contre les productions locales ; on y envoyait également du fer, du plomb, de Pétain, que fournissait le Nord, ainsi que des huiles, des vins et des roses (1) d'Italie et de Laodicée.
La Scythie servait de transit pour les marchandises de l’Inde. La Germanie, couverte de forêts et de marécages, se prêtait peu au commerce; cependant Sénèque donne au Danube l’épithète de gemmifère , et ambre se recueillait dans ces régions. L’Istrie donnait un vin doux et mousseux ; la Rhétie trafiquait du produit de ses vignobles; l’Illyrie , de ses esclaves; le Noricum , de ses peaux, de son bétail et de son fer, qui était en grande réputation. On faisait un commerce plus important avec la Grèce , les Gaules, l’Espagne. Ce dernier pays fournissait en abondance de l'argent, du miel , de l’alun , de la cire, du safran, de la poix , des vis de bonne qualité, des chevaux, des chanvres et du lin. De la Gaule on tirait du cuivre, des chevaux et de la laine , de l’or extrait des Pyrénées , des vins, des liqueurs , du bétail , du fer, des draps, de la toile ; les jambons de Bayonne s’expédiaient jusque sur les marchés de la mer Noire. Les îles Britanniques produisaient du plomb et de Pétain. Le bronze de Corinthe se payait au poids de lor; l2 miel de l’'Hymette, le vin, le soufre, la térébenthine, la cire, le nard, lesétoffes , les pierres précieuses, les esclaves de la mer Égée et de la Crète, les laines de l’Attique, la pourpre de Laconie, lellébore d’Anticyre , l’huile de Sicyone, les blés de Béotie, faisaieinr du commerce de la Grèce un objet des plus importants.
Rome recevait de PAsie Mineure des fromages , des anneaux et du fer de l’Euxin , du bois de la Phrygie, de la gomme du mont Ida, des laines de Milet, qui étaient les plus estinées après celles de Tarente. Le mont Tmolus lui fournissait des vins et du safran; la Lydie , des vases et de la poterie.
Nous savons que Platon, qui déconseillait le commerce comme un instrument de corruption, disait qu’il eût mieux valu pour Athènes de payer le tribut de sept enfants au Minotaure que de devenir une puissance maritime , et qu’il plaçait sa cité idéale à dix milles au moins de la mer; les philosophes puisaient de telles
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lation entre maîtres et esclaves portait les premiers à regarder comme glorieux de n’avoir rien à faire. Si les Romains n’exerçaient pas eux-mêmes le commerce , ils l’encourageaient chez les peuples soumis par de bonnes mesures et, ce qui vaut mieux, par la liberté. Ils adoptèrent la loi maritime des Rhodiens, firent des expéditions lointaines, et reçurent des ambassadeurs des Sères, des Sarmates, des Scythes, des Taprobans, qui ne pouvaient avoir d’autre but que de tenir ouvertes les voies par lesquelles tant d’or se répandait dans leurs pays.
Les Romains, cependant, malgré toutes les facilités qu'ils avaient de faire uu commerce actif entre tant de peuples unis par la langue et les lois , regardèrent toujours les arts manuels comme une occupation abjecte. Du temps de Constantin , on tenait encore pour infâmes ceux qui se livraient à un commerce de détail , ou qui exerçaient une industrie pour vivre, et leurs filles etaient assimilées aux danseuses et aux femmes esclaves (1). Honorius et Théodose défendirent aux nobles et aux riches de commercer, comme chose préjudiciable à l’État. En outre, lies fermiers des revenus publics empêchaient la circulation par toutes sortes de mesures fiscales; quelques-uns achetaient des empereurs le monopole de telle ou telle marchanuise. Quoique tant de richesses et de travail entretinssent un commerce actif d'échange jusqu'aux exi"émités de l'Orient, les Arabes ne donuaient leurs produits que contre du numéraire ; il en était de même des Sères et des habitants des rives du Gange, qui n'avaient pas besoin de produits étrangers. Aussi Pline affirme qu’il sortait annuellement de l’empire mille millions de sesterces (190 millions), qui allaient se distribuer dans ces pays (2). Ce calcul est certainement exagéré, et d’ailleurs impossible à faire ; mais il indique du moins l'énorme extension du commerce romain, lequel dut augmenter en proportion du luxe, qui arriva au plus haut degré quand les cours impériales se furent multipliées et que Dioclétien crut nécessaire de déguiser la décadence sous le faste oriental.
(1) CI. 5, Cod. de Nat., 48. :
(2) Minima computatione, millies centena millia sestertium annis omnibus India et Seres, peninsulaque illa (Arabia), imperio no$tro adimunt : tanto nobis deliciæ et feminæ constant! (Hist. nat., XII, 41.)
DS