‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 58 sur 135 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Sénèque mérite aussi notre attention sous le rapport de la science. En effet, bien que ses Questions naturelles soïent un amas confus et indigeste, une eposition verbeuse de connaissances empiriques , sans point d’a »pui dans les sciences exactes, c’est le seul livrequinous atteste que les Romains sesoient occupés de physique ; car ce que nous en trouvons dans le poème de Lucrèce, dans Cicéron, dans la compilatica de Pline, est un emprunt, non un examen. Le livre de Sénèque marque jusqu'où les anciens poussèrent cette science; aussi cette œuvre resta-t-elle en Europe, durant plusieurs siècles, ce que furent parmi les Grecs les ouvra- &-. d’Aristote, le répertoire des connaissances physiques.

Fous y trouvons mentionnés le grossissement que produisent à l'œil les globes de verre par réfraction (1), et les miroirs par réflexion. Il parle encore des couleurs de l’arc-en-ciel formées artificiellement par un verre primastique ou taillé à facettes (2); de la diminution de la chaleur dans les régions élevées de l’atmosphère (3); de la formation des îles par l’action volcanique (4) ; des différentes couleurs des étoiles, des planètes, des comètes (5). Ces dernières sont considérées par Sénèque comme des astres au cours régulier, et visibles seulement lorsqu'elles passent dans le voisinage de la terre (6); il signale même une différence de densité entre le corps et la queue (7). Il paraît avoi” connu la pesanteur de l’air (8) et le refroidissement produit par l’évaporation (9),

(1) Literæ, quamvis minutlæ et obscuræ, per vitream pilam aqua plenam majores clarioresque cernuntur. (N. Q,., lib. I, 6.)

(2) Virgula solet fieri vitrea, stricta, vel pluribus angulis..… Haæc si ex transverso solem accipit , colorem talem, qualis in arcu videri selet, reddet 1,7,

Page 1