SOUS > SOUS
L letexte Paris, en recquefut enn 1813ais elle
Ptoléméedonna son non: au système qui place la terre au centre de l'univers, et ‘fait tourner jies cieux autour d’elle d’orient en occident; ce n’est pas qu’il en füt l'inventeur, mais il l’expliqua, en le soutenant contre Aristarque de Samos, qui enseignait le mouvement de la terre. Les étoiles , selon lui , ont quatre mouvements : le premier, de vingt-quatre heures, comme les pla nètes , autour de la terre; le second , diurne , qui les fait incliner quelque peu du couchant au levant; le troisième, parsuite duquel elles flottent tantôt au levant au couchant , tantôt en sens opposé ; le dernier, qui les fait vaciller entre les deux pôles. Il y a trois cieux : un, qu’il appelle le premier mobile , fait mouvoir les étoiles et les planètes autour de la terre; les deux autres, cristallins, doués d’un mouvement de vibration, impriment aux planètes leurs autres mouvements. Pour rendre raison des variétés énormes que présentait son système, il dut supposer une complication de cercles excentriques et d’épicycles se croisant les uns les autres d’une manière si contraire à la simplicité majestueuse de la nature que le roi Alphonse put se permettre cette remarque, plus savante que sage : Si j'eusse été près du Créateur, je lui aurais conseiilé mieux que cela. Les progrès de la science firent voir en cela encore que les fautes attribuées à la Providence sont l'effet de notre orgueil et de notre ignorance.
Ptolémée dressa le catalogue des étoiles d'Hipparque, en indiquant la position de mille vingt-deux d’entre elles ; il crut qu’elles avançaient d’un degré par siècle, tandis qu’Hipparque, s’éloignant moins de la vérité, leur avait assigné un parcours de deux degrésen cent cinquante ans. Il décrivit la sphère armillaire d’Hipparque et l’astrolabe , dont il se servait pour observer la hauteur des astres et les parallaxes. Il sut que la lumière des corps célestes en venant à nous se réfracte dans l'air; mais, au lieu de mettre cette notion à profit pour expliquer leur plus grande dimension apparente lorsqu'ils sont à l'horizon, il la crut produite uniquement par un faux jugement de notre esprit. Il enseigna à déterminer l’heure en combinant la position du soleil ou d’une étoile avec la latitude du lieu où l’on se trouve; il découvrit Pévection de la lune, et démontra que l'équation du centre de l’orbe lunaire est plus petite dans les syzygies que dans les quadratures; enfin il réduisit en système sa parallaxe lunaire , tout en la décrivant plus grande qu’elle ne l'est réellement.
ne dépassa pas le premier livre. Une édition beaucoup meilleure est celle qu’a faite Frin.-Guizz. Wien : Claudii Ptolomæi Geographiæ libri octo græce et latine, ad cod. mss. fidem ; Essendiæ, 1840.
Il traita aussi de la musique , et il paraît avoir eu le mérite de réduire à sept les treize ou quinze tons des ancieps , comme aussi de déterminer les véritables rapports de certains intervalles , en rendant l’octave diatonique plus conforme à l’harmonie. Pour juger du chant, dit-il, l'oreille ne suffit pas : le sentiment et la raison doivent aussi y avoir part. Il disserte sur ce point d’après les méthodes pythagoriciennes.
Son Canon royal, rédigé pour la commodité des astronomes, a rendu service à l’histoire, attendu qu’il donne exactement , en les rapportant au calendrier égyptien, les années du règne de cinquante-cinq rois.
Les mathématiques ne furent jamais très-cultivées à Rome, de l’aveu même de Cicéron; jusqu’à Boèce, ni Euclide, ni Ptolémée', ni Archimède, n’avaient été traduits en latin. Les mathématiciens, dont il est souvent fait mention dans les lois romaines, sont les astrologues, qui , toujours bannis, revinrent toujours dans la ville. L’orgueil romain trouvait quelque chose d’abject dans une science qui se mettait au service des arts mécaniques, calculait le gain et tenait des registres. Horace attribue la dépravation du goût à l’étude des mathématiques ; Sénèque la repousse comme avilissante (1), et Plutarque la dit méprisée par les philosophes (2).
Le seul écrivain qui se soit occupé de mathématiques appliquées est Sextus Julius Frontinus, qui, sous Vespasien, commanda Îles légions en Bretagne avant Agricola , et fut ensuite consul et augure; il était ami de Pline, et Martial lui décerna des louanges. Il défendit en mourant qu'on lui élevât un monument , disant : On se souviendra assez de moi, si ma vie m'en a rendu
(1) Metiri me geometria docet latifundia... numerare docet me arithmetica, et avarilix commodare digitos.. Quid mihi prodest agellum in partes dividere, colligere pedes jugeri, et comprehendere etiam si quid, decempedem effugit?... Quid tibi prodest si, quid in vila rectum sit, ignoras ? etc.
(2) 11 s'exprime encore plus clairement que Sénèque : « Eudoxe et Archytas furent les premiers inventeurs de cet art mécanique; mais, comme Platon s’éleva contre eux, les considérant comme des gens qui ruinaient et corrompaient tout ce qu’il y avait de bon dans la géométrie, qui des choses incorporelles et intellectuelles descendaient ainsi aux choses sensibles, pour faire usage des corps qui réclament un travail manuel, ennuyeux et servile, la mécanique resta dégradée et séparée de la géométrie, comme un art militaire dédaigné des philosophes... Archimède réputant chose ignoble et vile l’industrie relative aux labeurs mécaniques, et tout autre art auquel on se livre par besoin, mit toute son ambition dans les choses dont la beauté et l'excellence ne sont pas mêlés à la nécessité, » (Marcellus. )
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digne (1). Chargé de la surveillance des aqueducs, il écrivit l’histoire de ces constructions mémorables et vraiment italiennes (2) ; en outre, il laissa quatre livres de Sératagèmes, compilation tout à la fois militaire et historique, où l’on trouve peu de critique et un style négligé, mais où l’on remarque l’assurance facile de l’homme qui possède sa matière. Ses ouvrages sur l’art militaire ont été perdus. L'architecte Apollodore, l’empereur Adrien, lhistorien Arrien , écrivirent aussi sur l’art militaire ; mais surtout Onésandre , philosophe platonicien, dont nous reparlerons. Les Grecs et les Latins puisèrent beaucoup dans ses œuvres, et sa réputation s’est conservée jusqu’à nous.
Isidore trouva la duplication du cube et un instrument pour décrire la parabole au moyen d’un mouvement continu. Ménélas d'Alexandrie composa le premiertraité detrigonométrie (Zpaptx) dans lequel il parle des triangles, sans toutefois enseigner à les calculer. Ses théorèmes sont tous de pure spéculation , sauf celui que les Arabes appelèrent règle d’intersection, et qui exprime le rapport entre les six arcs d’une espèce de quadrilatère formé dans la superficie de la sphère : ce théorème est l’unique base de la trigonométrie des Grecs. Sérénus démontra que la section du cône produit la même ellipse que la section du cylindre ; Persée inventa les lignes sphériques , ou courbes formées en taillant le solide engendré par la rotation d’un cercle autour d’une corde ou d’une tangente. Philon de Tyane en imagina d’autres , et perfectionna la théorie des courbes. *
Lucius Junius Modératus Columella, natif de Cadix, se plaignait de ce que l'étude de l’agriculture restât négligée : « Il y a, disait- «il, des écoles de philosophie, de rhétorique, de géométrie, « de musique; il ya des gens occupés uniquement à préparer « des mets savoureux, d’autres à arranger les cheveux, et il n’est « personne qui enseigne l’agriculture. Cependant il fut un temps « où les villes étaient heureuses sans arts d'agrément, et il en « sera longtemps ainsi; mais, sans agriculture , il est évident que « les hommes ne peuvent subsister ni se nourrir. Quels sont les « meilleurs moyens de conserver et d'accroître son patrimoine ? « Sont-ce les armes , à l’aide desquelles on se procure des dépouil- « les teintes de sang?le commerce, qui, arrachant les citoyens à « leur patrie, les expose aux flots et aux orages, et les emporte « dans des contrées inconnues? l’usure, dont les profits sont plus
(1) Pine, Ep., IX, 61.
(2) Le titre peu élégant : De Aquæductibus urbis Romix Commentarius, paraît avoir été donné à son ouvrage par les copistes du moyen âge.
Columelle,
« probables sans doute, mais qui est reniée par ceux-là même deux « qu’elle soutient? Que si la terre rapporte moins aujourd’hui, ce decit « n’est pas qu’elle soit épuisée, comme quelques-uns le donnent le p
« à entendre , ni qu’elle se fasse vieille : la faute en est à notre ouve « inertie. » etp M Il écrivit donc, pour encourager à se livrer à cet art, un traité cont dont le premier livre parle de l’utilitéet du plaisir de l’agriculture ; . péri
le second, des champs, de la semence et de la moisson; le troi- char sième et le quatrième, des vignes et des jardins; le cinquième , de parc la manière de diviser et de mesurer le temps, des arbres, du gros don et menu bétail et de ses maladies, des abeilles et des volailles sé- adop parément, des devoirs d’un bon fermier ; il le termina par des ladie
instructions à l’usage de ceux qui s’occupent d'économie rurale. son 4 Le dixième livre, qui est en vers, concerne aussi les jardins, tait 1 dont l’auteur a traité la culture pratique, tandis que Delille a adju chanté les jardins paysagers ou d'agrément. tucs
Il écrit purement ; mais parfois il est simple jusqu’à la trivialité, mun et parfois élégant jusqu’à l’affectation. La lecture de son livre peut L être agréable à l’homme de letttres , mais elle n’est guère instruc- Ascli
tive pour l’agriculteur. Columelle préfère aux prés, que Caton regardait comme le genre de culture le plus lucratif , les vignes, qu’il place même au-dessus du blé (1).
On pense que Pédanius Dioscoride, d’Anazarbe en Cilicie, vécut Dioscoride. Qu temps de Marc-Aurèle. Sescinqlivres intitulés Matière médicale passaient naguère encore en Europe, et passent encore à cette
heure en Orient, pour le meilleur ouvrage de botanique ; il se con- tion tente pourtant d'indiquer la vertu médicinale des plantes (seul ou objet de ses recherches), sans remonter aux causes des maladies, port et sans proportionner ses doses au sexe ni à l’âge. deu) La médecine, jusqu’au temps de Pline, n’était point cultivée prat par les Romains (2); quoique les empereurs donnassent jusqu’à nort (17 Dépenses pour la culture de sept champs de vignes : fiée, Sesterces. la n:
Pour l'achat d’un esclave qui doit suffire seul.......... 8,000 suiv
Pour l'achat des sept champs......,,..........,.,.., 7,000 êt Pour les échalas et autres frais. ..,.,,,..,....,,.,.... 14,000 ‘ Intérêt à six pour cent sur ces sommes durant les deux tiqu années que la vigne ne produit pas. ....,....,..... 3,480 et v Total...... 52,480 que Rapport de sept champs de vigne tous les ans..,....... 6,300 l’hy
Outre dix mille provins qu’on obtient tous les ans de chaque champ, et qui
se vendent trois mille sesterces. (1 (2) Solam hanc artium græcarum nondum exercet romana gravitas in {2
tanto fructu. (Hist. nat., XXIX.) Hall
même hui, ce onnent notre
) traité ilture ; à troi- 1e , de u gros es séar des ‘urale.
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deux cent cinquante mille sesterces d’appointements à leurs médecins, qui, pour la plupart, étaient esclaves ou étrangers, César, le premier leur conféra le droit de cité (1). Dans une boutique ouverte (iatréon) ils faisaient des saignées , arrachaient des dents, et pratiquaient d’autres opérations, tout en plaisantant et en racontant des nouvelles (2). D’autres s’appliquaient à l’étude, et ex-
. périmentaient leurs systèmes sur de pauvres clients, dupes de leur
charlatanisine. Une de leurs écoles s’appelait medicina contraria, parce que, dans les fièvres lentes et obstinées, le professeur abandonnait tout à coup les moyens qu’il avait prescrits, pour en adopter d’autres précisément opposés. Auguste , atteint d’une maladie mortelle, était traité par des échauffants ; Antonius Musa, son affranchi, le guérit en leur substituant des bains froids. C’était le cas de dire avec Celse : Quos ratio non restituil , temeritas adjuvat. Une autre fois ce même affranchi le guérit avec des laitues , ce qui valut au médecin l'anneau de chevalier, et une immunité à tous ses confrères.
L’empirisme, ‘que Sérapion avait mis en vogue, fut ruiné par Asclépiade, que l’on confond peut-être avec le rhéteur du même nom. Venu à Rome pour exercer son art, ilintroduisit les dogmes de Démocrite et d’Épicure, et entra franchement dans une voie nouvelle, rejetant l'hypothèse des humeurs pour y substituer la physique mécanique.
Les corps, selon lui, sont une agrégation d’atomes qui laissent entre eux des interstices. La santé consiste dans la juste proportion entre le diamètre de ces atomes et les fluides qui y circulent ou s’en exhalent. Les diverses maladies proviennent d’une proportion vicieuse entre ies solides et les pores; il n’y a donc que deux causes de maladie, la dilatation et la condensation, et la pratique se réduit à administrer les remèdes qui rétablissent l’état normal par des effets contraires. La thérapeutique ainsi simplifiée, il appelait méditation de la mort la patience de l’art quiépie la nature pour la secourir ; c’était la méthode d'Hippocrate, qu’il suivait encore pour la doctrine de la crise. Tout traitement devait êtreprompt, sûr, agréable ; il se bornait donc à la diète, à la gymnastique , aux frictions , au vin, excluant tous les remèdes internes et violents, pour donner la préférence aux plus simples. On dit que, le premier, il a pratiqué lincision du larynx, et reconnu l’hydrophobie et l’éléphantiasis.
(1) Surr. in Cæs., 42.
(2) Hier. BERNEGAU, De servi medici apud Græcos et Romanos conditione; Halle, 1735,
Asclépiade, 60 av J.C,
Thémiun.
Les Méthodistes.
"Fhessalus.
Asclépiade avait une énorme confiance dans sa méthode; il allait jusqu’à dire qu’il consentait à perdre tout crédit s’il venait à être malade; en effet, il ne le fut jamais sérieusement, et il mourut d’une chute. Ses contemporains le vénérèrent comme un dieu, tandis que Galien et d’autres le traitaient d’imposteur. On peut dire toutefois que ses théories physiques sont ce qu’il y a de plus plausible ou de moins absurde chez les anciens. La douceur de sa pratique réconcilia les Romains avec la médecine, dont les avait dégoûtés le chirugien Archagathus, surnommé d’abord Vulnérarius, puis Bourreau ; ce qui fut peut-être la cause des invectives de Caton contre les médecins en général.
Les germes qu’Asclépiade avait déposés dans ses écrits furent fécondés par Thémison de Laodicée, qui, sous le règne d'Auguste, réduisait la médecine en système, et se mit à la tête de l’école meéthodique. La théorie des pores une fois adoptée, de même que la division des maladies en deux classes, selon qu’elles provenaient de rétrécissement ou de dilatation, sans égard aux différences particulières, il s’appliqua à simplifier la doctrine et à faciliter la pratique. Aux causes occultes des dogmatiques et aux causes évidentes des empiriques, il substitua les causes prochaines, comme bases de la diagnostique, négligeant à tort les causes éloignées. Pour lui la médecine était la mélhode évidente de reconnaitre ce que les maladies ont de commun, et de Les traiter. Wsuffisait donc de donner son attention anx analogies communes ; les maladies, selon qu’elles étaient chroniques ou aiguës, nécessitaient un traitement tout différent ; la même distinction s’observait pour les maladies, suivant qu’elles se trouvaient dans leur période d’accroissement ou dans celle de déclin. On lui tient compte du soin avec lequel il a décrit le commencement et la marche dela maladie, ou, pour nous servir de son expression, les rapports de temps, qui, avec les rapports communs, devaient déterminer les moyens curatifs.
Plus tard les méthodistes passèrent des dogmes moyens aux extrêmes, imaginant un cercle résomptif et métasyncritique, série bizarre de remèdes appliqués dans un temps et un ordre déterminés, sans tenir compte des parties affectées non plus que des tempéraments individuels; cependant, en général, ils s’en tinrent aux secours simples et naturels, rejetèrent les purgatifs, et, loin de prodiguer les médicaments, ils se bornèrent aux laxatifs et aux astringents, faisant consister l’art dans la justesse de l’appropriation.
Thessalus de Lydie, détracteur orgueilleux de ses devanciers , s’attribuait le mérite d’avoir introduit le véritable système métho-
diqu les parti rurg de t ilse fluer A secte la su ficile Coœli puis Cette Galie etq mieu la do Pa l’épis insti était avait
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dique , parce qu’il enseigna le changement complet d’état dans les pores de la partie malade (metasyncrisis), étendit quelques parties du système aux accidents qui sont du ressort de la chirurgie , et prescrivit trois jours d’abstinence avant toute espèce de traitement. Avec lorgueil propre aux inventeurs de systèmes, il se vantait d'enseigner la médecine en six mois , ce qui faisait affluer chez lui les élèves. |
Avec moins d’exagération, Soranus d'Alexandrie accrédita la secte des méthodistes par quelques améliorations ; mais telle est la subtilité des divisions de sa doctrine qu’on en découvre difficilement le fond, même en étudiant sa méthode, d’abord dans Cœlius Aurélianus, qui l’adopta pour en faire un usage modéré, puis, dans Bagliviet Prosper Alpini, qui essayèrent de la rajeunir. Cette école; peut-être, ne mérite pas le mépris que lui prodigue Galien; en effet, si elle a eu le tort de négliger les causes éloignées et quelquefois la physiologie et l'anatomie, elle a su du moins, mieux qu'Hippocrate et Galien lui-même, établir la connexion entre la doctrine et la pratique.
Parmi les autres écoles qui surgirent plus tard nous citerons : l’épisynthétique, fondée par Léonide d'Alexandrie ; Péclectique, instituée par Archigène d’Apamée ; la pneumatique, dont le chef était Athénée d’Attalie. Les deux premières adoptaient ce qu’il y avait de meilleur dans les deux systèmes précédents ; la dernière, aux quatre éléments, chaud, froid, humide et sec, ajoutait l’esprit, qui, pénétrant dans les corps, produit les diverses affections, la pulsation du cœur et des artères.
Scribonius Largus Désignatianus, qui vivait sous Claude, chercha à combiner les doctrines méthodiques avec l’empirisme. Au lieu d’extraire une dent gâtée, il se bornait à enlever la partie malade ; il enseigna aussi à guérir le mal de tête par Pélectricité, en se servant d’une tortue vivante, remède qu’adopta Dioscoride.
Quelques écrivains font vivre dans le siècle d’Auguste Aurélius Cornélius Celsus, dont on ignore la vie et la patrie; il ne nous reste de son Encyclopædia (artium) que huit livres, qui traitent de la médecine. Cet ouvrage , bien écrit pour l’époque , n’est peutêtre qu’une traduction du grec. Partisan de la doctrine d’Hippocrate, c’est-à-dire de l’observation et de Pinduction, il recom mande pour l'hygiène de ne pas s’écarter de la tempérance; il parle des systèmes précédents et les expose sous une forme élégante. Sobre de théories, il n’admet comme important dans la médecine que ce qui tend à soulager et à guérir. Sans nier l'utilité des expériences chirurgicales sur la nature vivante, il croit que
Soranus,
Celsc.
les blessures des gladiateurs, des soldats et des individus assassinés suffiraient à l’étude anatomique, et qu’en se bornant à ces cas on remplirait un devoir d'humanité.
Archigène d’Apamée, fondateur de l’école éclectique en médecine, fut contemporain de Trajan. Ses subtilités au sujet des différentes sortes de pouls, dont il porte le nombre à sept, et qu’il subdivise encore en je ne sais combien de variétés (1), rappellent à peu près celles des médecins chinois. L’obscurité de son style ne permit guère dé comprendre ses descriptions, jusqu’à Galien, qui le commenta. Il ne déploya pas moins de subtilités de raisonnement et de distinctions de motspour déterminer chaque espèce et chaque gradation de douleur, selon le viscère affecté.
Dans la pratique il suivait Pempirisme, et proclamait que la maladie était forte surtout à son début.
Arétée de Cappadoce, éclectique aussi, mais avec des vues plus larges, et, après Hippocrate , le meilleur observateur parmi les anciens , paraît avoir été son contemporain. Il commence la description de chaque maladie par celle de la partie affectée, ‘et montre des connaissances avancées ën anatomie ; il nie que les vaisseaux du bras communiquent à des viscères différents (2). Il croit que le foie est destiné spécialement à l'élaboration du sang, que la bile se forme dans le vésicule du fiel ; peut-être connut-il les vaisseaux lactés , même les canaux de Bellini dans les reins , et la membrane velue de Hunter dans Putérus fécondé. Il sait que les nerfs prennent naissance dans la tête et sont les agents de la sensation , bien que parfois il les confonde avec les tendons. Il est à regretter que la manie d’orner son style, trop commune chez les médecins , lait entraîné jusqu’à sacrifier la vérité; on peut en citer notamment comme preuve sa description de la lèpre, dans laquelle il s’obstine à suivre une marche contraire à celle qui est naturelle, et à comparer la peau du lépreux à celle de l'éléphant, d’où le nom d’éléphantiasis. Le choléra se trouve décrit de point en point dans Arétée (3), qui paraît le croire contagieux; car, une
(1) Bärvptôuevos, œuvôabrbémevos, &noxexpnuviouévos, Toütwv, dypopavie, xapoûns, BouGGv, éxrerpauuévos, avakyhs, Grevhs, dÜpavhs, énonennyds, AurspU onuévos, àmyxwviomé,0ç, éyxaurtémevos, et ainsi de suite.
(2) Cependant il ordounait toujours la saignée à la partie opposée au siége de linflamination, mais parce que la pratique lui avait démontré qwil valait toujours mieux tirer du sang le plus loin possible de la partie malade.
(3) Cholera est materiæ a molo corpore in gulam, ventriculum etintestina retro fluens motio, vitium acutissimum; supra enim per vomilum erumpunt, quæ in ore ventriculi et gula congesta fuerant ; infra dejiciuntur humores in ventriculo intestinisque natantes. In primis quæ evomuntur,
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fois les It se Cass médec Anti
gines, consei Nou Galien tote, 8 Déjà, systè vait, il de la pect, reconi aspect médec Ric dans la sitives
aquæ s sentiur slerem morbui lormin cant, a natur.
tum si tendu:
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fois les remèdes épuisés , il conseille au médecin de s’enfuir (1). It se montra dans la pratique plus modéré que ses contemporains.
Cassius Iatrosophista laissa un excellent recueil de problèmes de médecine et de physique, qui ont encore aujourd’hui leur utilité.
Antillus contribua beaucoup aux progrès de la chirurgie et de la thérapeutique ; fl conseillait déjà la bronchotomie dans les angines, et l’incision de l’hydrocéphale ; il donna aussi de très-bons conseils pour l’abaissement de la cataracte.
Nous passerons les autres sous silence, pour arriver à Claudius Galien, de Pergame , dont l'esprit, aussi vaste que celui d’Aristote , aussi profond et plus libre, embrassa toutes les sciences. Déjà, lorsqu'il fréquentait les écoles, ïl signalait les défauts des systèmes dominants, et, peu satisfait de l’enseignement qu'il recevait, il avait recours aux sources de la doctrine et à l’investigation de la nature. Prenant Hippocrate pour guide, il le suivait avecrespect, mais sans idolâtrie; il compara ses observations avec les faits, reconnut son habileté , entreprit de reproduire ses idées sous des aspects différents , de répéter ses expériences , et fit revivre sa médecine avec plus d’éclat qu’elle n’en avait eu à sa naissance.
Riche du savoir que le temps avait sans cesse accru , il adopta dans la théorie le dogmatisme du maître au sujet des facultés sensitives et actives des organes, réglées par la nature. 1l fonda sur
aquæ similia sunt: quæ anus effundit, stercorea, liquida, tetrique odoris sentiuntur : siquidem longa cruditas id malum excitavit. Quod si per clysterem eluantur, primo pituilosa, mox biliosa feruntur. Initio quidem facilis morbus est, dolore vacans ; postea vero tensiones in ore ventriculi et gula, tormina in ventre nascuntur. Si magis sæviat morbus, et termina augescant, anima deficit, membra resolvuntur, cibos exhorrent, animus consternatur. Si quid acceperint, cum magno tumultu, nausea et vomilu manditur, tum sincere flava bilis expellitur : dejectiones quoque similes sunt, nervi tenduntur, tibiarum brachiorumque musculi convelluntur, digiti incurvantur : vertigo oboritur, singultiunt : ungues divent, algent extrema; lotum. corpus rigore concutitur. Si malum ad ullimum venit, tum vero ægrotus sudore perfunditur : bilis atra supra infraque prorumpit, convulsione impedita vesica, lotium cohibelur ; quod tamen, cum in intestina humores deriventur, abundare non potest : voce privantur : arteriarum pulsatus minimi sunt ac frequentissimi : cujusmodi in syncopa pr'oposuimus. Conatus ad vomendum perpetui ac inanes fiunt : inclinatio ad dejiciendum prompta, quam lenesmon Græci vocant ; sicca tamen,"nihilque succi egerens : mors demum sequitur doloribus plena et miseranda, per convulsionem, strangulatum et inanem vomitum, etc. (De cholera, 1. IF, c. 5.)
(1) Dans le c. 4. Curatio choleræ, il conclut ainsi : 4f contra, si omnia vomitu rejiciat, sudor perennis affluat, frigeat laborans, et lividus jiat, pulsus etiam prope exstincti sint, et vires cadant ; cum ila, inquam, se ha-
buerit, inde honestam fugam capessere bonum est.
Gallén, 181-201.
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l’anatomie la connaissance de la médecine ; mais, comme les lois romaines qui laissaient tuer les vivants, défendaient de disséquer les morts , il dut se livrer à l’autopsie des singes (1), et fit plusieurs découvertes en myologie et en physiologie. Il basait quatre tempéraments sur les quatre humeurs déjà signalées par Hippocrate, le sang, la pituite, la bile, l’atrabile, et sur les quatre qualités; il les appliquait si universellement qu'il prétendait expliquer par là non-seulement le caractère et l’origine de toute maladie, mais aussi les propriétés des corps naturels et l'efficacité des remèdes. Excellent dans les généralités de la thérapeutique, il se trompe souvent dans l’application pratique, où il reste fidèle aux principes d’Hippocrate. Après lui et Asclépiade, il marqua la troisième époque de l’art de guérir, et resta la principale autorité jusqu’au seizième siècle, quand prit naissance la médecine chimique ; Vésale ajouta quelque chose à son livre de Usu partium. Il est vrai de dire que l’éclat donné par Galien à la médecine nuisit à sa simplicté, et que la nature demeura étouffée, embarrassée sous tout cet appareil de science et de dogmes.
Il se rendit à Rome, où il acquit du crédit, malgré les intrigues des médecins, qui joignaient l’envie à l'ignorance, au noint d’empoisonner un médecin grec et deux de ses aides. Il donn:: ses soins à Marc-Aurèle, et l'on aime à voir quelques-unes des maladies du philosophe empereur décrites par le médecin philosophe.
Bien que plusieurs de ses ouvrages aient péri dans -l’incendie de sa maison , il nous en reste quatre-vingt-deux d’une authenticité certaine, dix-huit sur lesquels il s’élève des doutes, dixneuf fragments et dix-neuf commentaires sur Hippocrate, sans parler d’une cinquantaine qui sont inédits. Sa manière d’écrire est prolixe, minutieuse , pleine de répétitions, et laisse voir une jactance que l’on a de la peine à pardonner même à un si grand mérite. Il possédait plusieurs langues , entre autres celle des Perses, qu’il préférait aux autres, peut-être parce qu’il y trouvait la racine de beaucoup de mots grecs et latins, dont il ne savait pas que l'origine remontait à une source commune, le sanscrit. |
Outre les services qu’il rendit à la médecine et à l’anatomie (2),
(1) Tous les muscles qui dans le singe diffèrent de ceux de l’homme sont décrits par Galien, tels qu’ils se trouvent dans le premier. Il en est de même de l'ostéologie; il dit par exemple que la mâchoire supérieure est composée de quatre os, ce qui est vrai pour le singe, non pour l'homme ; il compte dans l'os sacrum moins de vertèbres qu'il n’en existe chez l'homme, Il admet pourtant chez l'homme deux conduits biliaires.
(2) Les instruments de chirurgie, trouvés dans les ruines de Pompéi, prouvent
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la philosophie, en général, lui est redevable ; en effet, il porta la lumière dans la psychologie empirique, et fonda une théorie plus exacte des sensations et des opérations animales du corps, en distinguant les nerfs des tendons, et en montrant que les premiers, sans lesquels il n’y :. noint de sensibilité, aboutissent au cerveau. Mais, comme les nerfs ne suffisent pas pour.expliquer l’action sensitive , il introduisit ou plutôt il établit clairement la distinction entre la vie animale et la vie intellectuelle, supposant que l'âme a son siége dans le cerveau , et que l'esprit anirhal , fluide trèssubtil, est répandu par tout le corps, comme un organe intermédiaire entre le sentiment et le mouvement, tandis que les forces vitales résident dans le cœur, et les forces naturelles dans le foie.
Nous avons vu plus d’une fois la médecine conduire au matérialisme, et, tout en scrutant, armée de son scalpel, la source insaisissable de la vie, refuser de croire à ce souffle i:7cnnu qui se soustrait à toutes les recherches, et fait que les membres, de simples machines, deviennent un homme. Galien, au contraire, après avoir montré l’admirable rapport de toutes les parties, s'arrête saisi d'admiration : « En me livrant à cette démonstration, « dit-il, il me semble chanter un hymne à ta gloire, Ô toi qui « nous as créés! Je t’honore mieux en révélant tes œuvres mer- « veilleuses qu’en v'offrant des hécatombes de taureaux et de . « l’encens. La piété véritable consiste d’abord à me connaître « moi-même, puis à manifester aux autres combien sont gran- « des ta bonté , ta puissance, ta sagesse : ta bonté, dans l’égale « répartition de tes dons, tout homme ayant reçu en partage les « appareils secrets qui lui sont nécessaires ; ta sagesse, dans des « dons si excellents ; ta puissance, dans l’exécution de tes des- « seins (4). »
Cependant il ne put échapper à la contagion de son siècle : Esculape lui conseilla une saignée en songe; le même dieu le détourna de suivre les empereurs dans leur expédition; il avait foi aux enchantements, et combattait le christianisme comme une absurdité. Après lui, la théosophie fit beaucoup de mal à la médecine; elle prétendait expliquer les maladies par l'influence des démons, des éons , des puissances occultes, et les traiter à l’aide de sortiléges, en faisant porter des pierres d'Éphèse où étaient inscrites les paroles mystérieuses qu’on lisait sur la statue de
qu'un grand nombre de ceux qu’on regardait comme d’une invention récente étaient déjà connus des anciens, (1) De usu parlium, HT, 40.
IST, UNIV, = Te V, 19
Diane (1), ou bien des abraxas, pierres précieuses chargées de figures égyptiennes, ou bien encore des symboles empruntés , soit au culte de Zoroastre, soit à la cabale hébraïque (2).