IX
(2) Quid tibi cum Cyrrha ? quid cum Permessidos unda P (Lib, 1, 77.)
Amour par les détails est me déesse individ quel de connaît naïveté siècles Dans langage et plus Silius dénué « bien rac prose a, Seuleme toire, af naturels tion lang de quela Silius sionné p pagne q Jour an aux class propre i hémistic mots, et vide lang défauts q
(1) Les Poggio da en fit une quent dan
(2) Pline cura qua
(3) Pétr Punique, d’autres le exemplair cile de Cor
ive pu on bisé
les es; uve
ne ue, neive.
Amoureux aussi des descriptions et des digressions enseignées par les Alexandrins, il les multiplie à l'excès. Il entre duns mille détails de voyages et d'astronomie, et son érudition mythologique est merveilleuse : il sait vous dire à point quel dieu ou quelle déesse préside aux destinées de telle ou telle ville, de tel ou tel individu ; combien de lions figurent dans l’histoire d’Hercule ; à quel degré de perenté chaque héros se trouve avec les dieux, et il connait l’histoire précise des adultères de l’'Olympe ; mais il n’a ni la naïveté des anciens temps , qui fait croire à tout, ni la critique des siècles avancés, qui scrute le sens caché des fables.
Dans son style, il flotte entre les réminiscences acs Livres et le langage familier, mais sans atteindre au natut À; il est plus hardi et plus élégant lorsqu'il n’imite pas Apolionius (1).
Silius Italicus fut mieux inspiré dans le choix de sonsujet ; mais, dénué d’imagination, il ne fait que mettre en vers ce qui a été si bien raconté par Polybe et si bien traduit par Tite-Live, dont la prose a, sans comparaison, plus de poésie que l’épopée de Silius. Seulement celui-ci, fidèle aux errements de l’école, ajoute à l’histoire, afin de l’élever à la dignité épique , quelques incidents surnaturels sans convenance et des fictions invraisemblables ; l’action languit néanmoins, et ce défaut n’est pas dissimulé par le fini de quelques descriptions.
Silius connaissait à fond les meilleurs auteurs; il était si passionné pour Cicéron et Virgile qu’il acheta deux maisons de campagne qui leur avaient appartenu , et relébrait chaque année le jour anniversaire de la naissance du chantre d’Enee. Il rendait aux classiques un culte moins raisonnable ; en eftet, sacritiant sa propre intelligence, il faisait entrer de force ses pensées dans les hémistiches qu’il leur empruntait, subordonnait les pensées aux mots, et remplissait, à grand renfort de memoire et d’érudition , le vide languissant de son poëme (2). Néanmoins iln’a pas mème les défauts qui, aux yeux dequelques-uns, passent pour des beautés (à).
(1) Les premiers livres de l’Argonautique furent trouvés par le Florentin Poggio dans l’abbaye de Saint-Gall ; on découvrit les autres plus tard; G, B. Pio en fit une édition en 1519, suppléant par des vers de sa façon à ceux qui manquent dans les livres VILLE, IX et IX.
(2) Pline le Jeune, son ami et son prôneur, dit : Scribebat carmina majore cura quam ingenio.
(3) Pétrarque traita depuis dans son Afrique le sujet de la seconde guerre punique, dans la persuasion que le poème de Silius était perdu, ou, comme d'autres le dirent malignement, dans la croyance qu'il en possédait l'unique exemplaire, Ce fut encore Poggio qui découvrit le poeme entier durant le concite de Constance.
Silius ItaliCus 23-100.
Poëtes lyriques.
Pervigilium Veneris.
Pline le Jeune dit que Silius Italicus acquit les bonnes grâces de Néron en selivrant pour lui à l’espionnage, mais qu’il racheta cette infamie par une vie vertueuse, et redevint homme de bonne ré-
‘putation. Consul trois fois, proconsul en Asie sous Vespasien, il
se retira, les mains pures de tout vol, dans la Campanie, où il passa le reste de ses jours, jusqu’à ce que, atteint d’une maladie incurable, il se laissa mourir, ce qui semblait alors une vertu.
A cette époque appartient probablement encore Térentianus Maurus, auteur d’un poëme sur les lettres de l’alphabet, les syllabes, les pieds et les mètres poétiques. Il aborda ce sujet aride avec tout l'esprit et toute l’éloquence dont il était capable ; pour aider à la connaissance de la prosodie latine, il joignit l’exemple au précepte, en faisant usage de vers qui avaient la même mesure que ceux dont il traitait.
Lucile le Jeune, ami de Sénèque, chanta l’Éruption de l’Etna.
Nous ne connaissons que de nom les poëtes lyriques suivants : Cæsius Bassus, ami de Perse, Aulus Septimus Sévérus, Vestritius Spurinna. Les distiques moraux (Disticha de moribus, ad filium ) de Dionysius Caton, que l’on a voulu attribuer au censeur et qui furent en grande vogue au moyenâge, sont peut-être de cette époque.
Il reste de Titus Julius Calpurnius Siculus plusieurs églogues, qui, si elles lui donnent le second rang parmi les poëtes bucoliques latins, le laissent pourtant à une grande distance de Virgile. Au lieu de mettre en scène comme lui des bergers d’une nature idéale, il introduit, à la manière de Théocrite, des moissonneurs, des bûcherons, des jardiniers véritables, dans leur rudesse et leur simplicité, et, pour les imiter mieux, il affecte des manières de parler inusitées. La septième églogue, dans laquelle un berger raconte, à son retour de Rome, les combais qu’il a vus dans l’amphithéâtre , est intéressante pour l’histoire.
On appelait pervigilia ov vigiliæ (mavwytôes) certaines solennités nocturnes qui, étant devenues des occasions de débauches, furent réduites par la loi à un petit nombre, et d’où l’on exclut même les hommes et les personnes nobles. On en vit peu sous la république, mais elles devinrent plus fréquentes sous l'empire. La veillée de Vénus fut probablement introduite sous Auguste. Les jeunes filles y formaient des chœurs , et, après un banquet, la jeunesse se livrait à des danses qui se prolongeaient durant trois nuits de suite, dans le cours du mois d’avril (1). Plus tard cette commémoration de la naissance de Quirinus fut célébrée dans une
A) Ovinr, Fastes, IV, 133, et ailleurs.
île déli une fêt un con être ch neur de tectrice
nement!
ou pati dre l’es pante Ces poi abonda pore e les pro retourr en déc propre étalage et repo
Le € théâtr l’actric saison fait pla point tacles
fer en
une
île délicieuse du Tihre, où les citoyens faisaient sous des tentes une fête des plus joyeuses, à laquelle présidait le préfet ou bien un consul. Le Pervigiiium Veneris était probablen.euc destiné à être chanté dans cette circonstance; c’est un petit poëme en l’honneur de la déesse mère de l’univers et de tous les animaux, -et protectrice de l’empire. ,
Les poëtes ne manquaient donc pas; mais on chercherait vainement dans leurs œuvres un de ces passages vraiment sublimes ou pathétiques qui accélèrent le battement du cœur ou font prendre l'essor à l'imagination; une peinture à la fois exacte et frappante des caractères, des situations réelles de la vie morale. Ces poëtes l’emportent parfois sur ceux du siècle d’Auguste en abondance et en richesse de sentiments; mais leur verve s’évapore en sentences et en images, et ils ne peuvent suivre pas à pas les progrès d’une passion. Ils font consister l’art à tourner et à retourner une idée dans tous les sens, à vaincre les difficultés en décrivant ce qui ne doitet ne peut se décrire; là où le mot propre suffirait accompagné d’une épithète expressive, ils font un étalage de science et d’anatomie qui gâte l’effet de l’imagination, et repoussent le beau à force de chercher à l’atteindre.
Le cirque, dont le goût était porté à l’excès, était encore un théâtre où l’art pouvait se produire. Roscius, l’ami de Cicéron, l'actrice Dionysia, payée en 677 deux cent mille sesterces pour une saison seulement, les mimes Publius Syrus et de Labérius avaient fait place aux pantomimes, dans lesquelles les empereurs n’avaient point à craindre les foudres de la parole. Et cependant les spectacles sanglants continuaient. Sous Gordien IIT, deux mille gladiateurs étaient stipendiés par l’État; Caligula , Caracalla, Adrien lui-même, descendirent dans l’arène , et Commode chargeait, le fer en main, des gladiateurs armés d’un bâton. On voulut voir des athlètes combattant les yeux bandés. Domitien fit lutter ensemble des nains et des femmes; puis on offrit dans le cirque des batailles véritables , et Héliogabale fitexécuter un combat naval dans des canaux où coulait du vin. Tandis qu’on s’égorgeait, le cygne de Léda et le taureau de Pasiphaé représentaient ailleurs les obscénités les plus repoussantes. Comment l'art dramatique aurait-il pu prospérer au milieu d’une pareille licence?
On n’est pas d'accord sur l’auteur des tragédies, vides d’action et d’un style boursouflé, qui sont généralement attribuées à Sénèque ; il suffit de savoir qu’elles sont l’œuvre d’un stoïcien qui fait parler et mourir Polyxène et le jeune Astyanax comme un Zénon ou un Caton d’Utique. Néanmoins il ne reste pas tellement
eee
Art drama.
tique.
fidèle au stoïcisme qu’il ne le renie quelquefois ; le chœur même (trop dégénéré de celui des Grecs), après avoir envié le bonheur de Priam aux champs Élysées , dira, dans la même tragédie, que tout finit avec la mort (4). La passion , dans ces tragédies, est fausse, contradictoire, toujours exagérée dans le bien comme dans le mal. L'auteur peint de préférence la fureur, les caractères atroces; il aime les couleurs les plus fortes , sans jamais se complaire dans la tranquille harmonie des tableaux et dans la marche graduée des passions. Le spectateur doit être saisi d'étannement, atterré dès le début, et n’avoir ni repos ni trêve. Les femmes ellesmêmes ne vivent que d’une énergie virile, de fureurs insensées , d’amour charnel, à tel point que Phèdre envie Pasiphaé, ets’écrie : Au moins elle était aimée !
Homme d'imagination, mais sans jugement, ayant plus d’esprit que de goût, cet écrivain, dénué du génie dramatique, ne sait pas concevoir la tragédie comme un tout dont les parties s’enchainent, ni offrir celte variété de caractères qui plaît à l’observatenr. Les situations qui séduisent le vulgaire ne sont pas même amenées naturellement. Il est vrai qu’il sait répandre sur ses récits le coloris tragique, et trouver des pensées hardies, de brèves sentenaes, qui, bien qu’elles soient le plus souvent hors de situation, ont paru à Corneille, à Racine, à Weisse , dignes d’être imitées ; mais peut-être est-ce là que la tragédie moderne a pris cette ponpe et cet air de déclamation qui s’éloignent tant des traditions grecques, et ces réponses courtes et saisissantes qu’on ne trouve jamais aupara-
(1) Dans le [°" acte des Troyennes ;
tte des Felix Priamus!
Dicimus omnes.......
TT Nuñc Elysii
Nemoris tutis errat in umbrie, Interque pias felix animas Hectora quærit.
Et dans le second acte :
….….... Ut calidis fumus ab ignibus Vanescit spatium per breve sordidus,
Sic hic quo regimur spiritus effluet :
Post mortem nihil est, ipsaque mors nihil.
Quæris quo jaceas post obitum looo ?
Quo non nata jacent.
vant, e Nou:
seul au
devons mode, accord l’on ve qui aut avant q
La s pas dir des eni but de convic!
(1) Da
Thyes
Médé.
Et qu chesses,
Dans expier ]
Beau
(2) L Hercul gne du Grèce, parmi | Œdipe davie,
vant, et qui depuis ont paru des beautés de premier ordre (1).
Nous avons parlé de ces tragédies (2) commesi elles étaient d’un seul auteur; mais le style accuse des mains différentes , et nous devons croire qu’elles étaient destinées aux réunions alors à la mode, et non au théâtre. On trouve dans la Médée, à laquelle on accorde la préférence sur les autres, un chœur de Corinthiens où l’on veut voir une prophétie de la grande découverte de Colomb (3), qui aurait été ainsi annoncée par un Espagnol quatorze siècles avant que l'Espagne y concourût et la permit.
La satire est un genre dangereux, qui profite rarement, pour ne pas dire jamais, à ceux qu’elle veut corriger ; elle fait inutilement des ennemis, et entraîne trop souvent le censeur à prendre pour but de ses traits ce qu’on devrait respecter le plus : la vertu, les convictions profondes et l’activité désintéressée. Un cœur bien-
(1) Dans Thyeste, Atrée lui sert les chairs de ses fils égorgés, et lui dit :
Expedi amplexus, pater :
Venere. Natos ecquid agnoscis tuos ?
Thyeste répond :
Agnosco fratrem.
Médée, furieuse d’avoir été trahie, s’écrie :
Parta jam, parta ultio est ; Peperi.
Et quand sa nourrice la plaint de ce qu'il ne lui reste rien, ni parents ni richesses, elle répond :
Medea superest.
Dans l’Hippolyle, Thésée demande“ à Phèdre quel crime elle croit devoir expier par sa mort; elle répond :
Quod vivo.
Beaucoup d’autres traits sont dans @6 genre.
(2) Les dix tragédies sont : Médée, Hippolyte, Ayamemnon, les Troyennes, Hercule furieux, Thyeste, la Thébaïde, vantée par quelques-uns comme digne du siècle d’Auguste, et même comme préférable à tout ce qu’a produit la Grèce, tandis que Scaliger y voit l'ouvrage de quelque écrivain scolastique ; c’est parmi les tragédies latines la senle où il n’y ait pas de chœur, Viennent ensuite : Œdipe, imité de l'Œdipe roi de Sophocle, Hercule sur le mont Œta et Octavie, dont le sujet est romain.
(3) Venient annis sxæcula seris, Quibus Oceanus vincula rerum Laxet ; et ingens pateat tellus, Tethysque novos detegat orbes, Nec sit terris ultima Thule.
Satiriques.
ST PTE D VIA REP TMS D re EC LT ED ET EE
veillant et l'intention évidente de rendre les hommes meilleurs peuvent seuls lui mériter la louange (1).
Est-ce là ce qu’on trouve dans les satiriques latins? Nous avons
(1) Outre la poésie des gens de lettres, la plupart du temps adulatrice et vénale, il en existait une autre à Rome, qu’on pourrait appeler démocratique : c’était le plus ordinairement l'expression libre du mécontentement, quelquefois de la louange, de la part d’auteurs qui restaient inconnus: les pasquinades modernes n’ont pas .d’autre origine. Suétone, infatigable collecteur d’anecdotes, a recueilli plusieurs de ces satires, et nous donnerons ici un échantillon de cette poésie, plus nationale que celle des compositions aristocratiques.
Quand César ouvrit le sénat à un grand nombre de Gaulois, on chanta dans les rues :
Gallos Cæsar in triumphum ducit, idem in curiam : Galli bracas deposuerunt, latum clavum sumpserunt.
On inscrivait sous ses statues :
Brutus quia reges rejecit, consul primus factus est; Hic quia consules ejecit, rex postremo factus est.
Au temps des proscriptions, sous la statue d’Auguste, qui aimait les vases corinthiens, on attacha un écriteau portant :
Pater argentarius, ego corinthiarius.
Et pour lui reprocher sa passion pour le jeu :
Postquam bis classe victus naves perdidit, Aliquando ut vincat ludit assidue aleam.
Quand Livie le fit père de Drusus après trois mois de mariage :
Toïg eotuyodor at tplunva nada.
Aux heureux les enfants naissent à trois mois.
A l’occasion de son fameux banquet, on répéta :
Cum primum istorum conduxit mensa choragum, Sexque deos vidi, Mallia, sexque deas;
Impia dum Phæbi Cæsar mendacia ludit, Dum nova divorum cœnat adulteria,
Omnia se a terris tunc numina declinarunt, Fugit et auratos Jupiter ipse toros.
Voici des vers contre Tibère :
Asper et immitis, breviter vis omnia dicam ?
Dispeream, si te mater amare potes! !
Contre le même :
Non es eques; quare ? non sunt tibi millia centum : Omnia si quæras, et Rhodos exsilium est.
Aurea mutasti Saturni sæcula, Cæsar :
Incolumi nam te ferrea semper erunt.
vu Ho ceptes leçons lorsque décrit, autres | ques er même,
que li on dire
Cont
« Qi pour f.
distiqu
Nou Cæsar G. H.
purs vu Horace exposer des vérités résultat de l’expérience, des préceptes particuliers sur de petites vertus domestiques, donner des ons leçons de détail sur des choses que l’on n’apprend, il est vrai, que lorsque les cheveux ont blanchi; mais il aime les mœurs qu’il we décrit, et se contente de trouver à rire sans vouloir entraîner les ds do autres versle bien. Louant, à l'exemple d’Auguste, les vertus antimo- ques en embrassant les vices modernes, il se montrait vicieux luies, a même, pour ne pas inspirer d’ombrage à la corruption qu'il amusait. He Les temps devinrent pires , et Décimus Junius Juvénal assure que l’indignation lui dicta ses vers. En effet, au premier abord, suvénal. dans AE x rh ; 42-122 P on dirait que, douloureusement affecté de l’ignoble décadence de Fastidit vinum, quia jam silit iste cruorem : Tam bibit hunc avide quam bibit ante merum.
Aspice felicem sibi, non tibi, Romule, Sullam : Et Marium, si vis, aspice, sed reducem.
Necnon Anton civilia bella moventis, Non semel infectas adspice cxde manus.
ne Et dic : Roma perit ; regnabit sanguine multo
Ad regnum quisquis venit ab exsilio.
On disait de Néron, pour lui reprocher le meurtre de sa mère :
Népuv, ’Opéorns, "Alxuaiwv, nToouTovoL* Nebvuupov Népuv, iôlav untép’ anéntervev.
Quis negat Ænex magna de stirpe Neronem ?
Sustulit hic matrem, sustulit ille patrem.
Dum têndit citharam noster, dum cornua Parthus, Noster erit Pæan, ille Exarn6ehétnc.
Au sujet de l’immense Palais doré :
Roma domus fiet : Veios migrate , Quirites, Si non et Veios occupat ista domus.
Quand Othon fut banni pour avoir voulu exercer ses droits conjugaux sur Poppée, contre les ordres de Néron, on dit :
Cur Otho mentito sit, quæritis, exsul honore ? Uxoris mæœchus cœperat esse suæ.
Contre Domitien, qui voulait faire détruire la moitié des vignes :
Khv ue pauyñs éni piéav, déc Étt xapropopñow "Oosov émoneiout Kaicapr Ovouévw.
« Quoi que tu fasses pour détruire les vignes, ily aura toujours assez de vin pour faire des libations , le jour où l’on immolera César. » C’est la parodie d’un distique contre un bouc.
Nous regrettons de ne pas avoir pu consulter : Versus ludicri in Romanorum Cæsares priores, olim compositi; collatos, recognitos, illustratos edidit G. H. HeiNricHs, 1810.
l'empire, loin de railler, il s’irrite, et donne cours, dans ses vers, à un généreux courroux; mais, si vous allez plus loin que l'écorce, vous trouvez un € :clamateur honnête, si l’on veut, mais qui, toujours caiculant, ne sent jamais profondément. Il développe sa thèse à la manière des rhéteurs, non, comme Horace, en passant légèrement d’une chose à l’autre, mais en suivant obstinément son thème, dans lequel il met tant d’art qu’il en devient obscur; il se montre, de propos délibéré , grave jusque dans la plaisanterie.
On se plaît, quand l’adulation a gangrené tous les cœurs, à entendre cette protestation si vigoureuse contre la corruption ; mais n'oublions pas que Juvénal publia ses satires sous Trajan, alors que la franchise n’entrainait aucun danger, et qu’il traite de fou celui qui, pour accomplir une grande action, met en danger la sécurité qui accompagne ordinairement une vie obscure ou l’absence de talents. Ilest vrai qu’on se demande : Parle-t-il sérieusement, ou plaisante-t-il ? tant il lui arrive souvent de finir une déclamation violente par une épigramme finement aiguisée ou par une froide comparaison. Néron, assassin de sa mère, est un Oreste, mais pire encore que celui-ci, parce qu’il est monté sur le théâtre. En racontant qu’un Égyptien de Coptos a été dévoré par les habitants de Tentyra, parce que son culte différait du leur, il 8e met à démontrer l’atrocité du forfait, attendu que les serpents ne mangent pas les serpents, que l'ours vit en sûreté parmi les ours, et il finit par se demander ce qu’en aurait pensé Pythagore, qui ordonnait à ses disciples de s’abstenir même des légumes (1).
Il se propose de raconter, dans ses seize satires , tout ce que les hommes pensent , font ou endurent (2). Dans la première , il se plaint de ce que l’ancienne liberté du discours n’existe plus, et déclare que, pour éviter le danger, il ne s’en prendra qu’aux morts. La seconde frappe sur les philosophes sévères à l’extérieur, corrompus intérieurement, etsur les grands, qui sont des modèles
(1) fl s'écrie dans sa première satire : « Comment ne pas écrire des satires, à la vue de cette ville perverse ? Qui peut se contenir, eût-il une volonté de fer, lorsqu'il rencontre la nouvelle litière de Maton, rempliejde sa grasse panse? Eh quoi! je verrai tant de vices sans les flageller de mes vers? Qui peut dormir au milieu de ces pères qui corrompent leurs belles-filles trop avares, an milieu de ces époux infämes et de ces adolescents adultères? A défaut du talent naturel, c'est la colère qui me dicte ces vers, tels que nous pouvons les faire, Cluviénus et moi. » Voilà l'ardeur patriotique qui s’évapore en une saillie toute personnelle.
(2) Quidquid agunt homines, votum, limor, tra, voluptas,
’ ’ al sé Gaudia, discursus, nostri e rage libelli
en < = pe « … $
de dépr il retrac ville. Te par Do un turb rigée CO tines, a noblesse mérite souper, galité e amis, 6 joiequ’i ce qui 1 capter | Juvér de géon decins , viennen prunes, l'esprit ment | subjugt dans les arbres même t voir se qu'il n qu’assai raillerie quitté promer poète, l’'applat guère t mairier
(1) Or cles, l'en