CHAPITRE XIX
LITTÉRATURE GRÉCQUE.
Déjà, dans Euripide, on pouvait reconnaître la décadence de la langue grecque; son abondaïice négligée , ses jeux de mots, le scepticisme et le vague de sa philosophie servirent aux Alexandrins d'exemple et d’excuse, lorsqu'ils gâtèrent le plus bel idiome que les hommes aient jama's parlé. Les grammairiens avaient la prétention de lépurer; en voyant tant d’expressions étrangères que le mélange des peuples introd'iisait dans la capitale de Égypte, ils se préoceupèrent de signaler la partie la plus pure; telle fut l’origine des leæiques, collections de mots remarquäbles par la forme et la signification, et des glossaires, recueils de termes vieillis, ou empruntés à des étrangers, ou particuliers à quelque dialecte. Apollonius, qui vivait peu de temps après Auguste, réunit toutes les expressions homériques (Aëëets éumptxat); le grammairien Hérotien ou Hérodien, sous Néron, fit le même travail sur Hippocraie, et Timée sur Platon ; Ptolémée d’Ascalon composa un dictionnaire de synonymes ([leg\ Otupopès Aébeuwv), Julien Pollux , l'Onomasticum, espèce de Regia Parnassi. Tryphon d'Alexandrie étudia les dialectes ; Irénée s’exerça sur celui d’Alexandrie; Phrynicus d’Arabie , sur l’attique , en distinguant les mots selon qu’ils conviennent au style oratoire , historique ou familier (’Exkoyh érruxüiv nuérov xat évouétwv). L'Hébren Philon avait fait le même travail sur les mots hébraïques des livres sacrés; mais peut-être ne l’avons-nous qu’en latin. L’œuvre de ces grammairiens , quelque futile qu’elle semble d’abord, si l’on sé-
pare livraie du bon grain, favorise les études classiques, soit à .
cause des morceaux d'auteurs qu’ils nous ont conservés , soit parce qu’ils trouvaient dans les riches bibliothèques d'Alexandrie des critiques anciens plus habiles, ou qu’ils pouvaient connaître à fond une langue parlée de leur temps.
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Grammairiens,