‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 77 sur 135 · CARLE RL · texte numérisé non relu

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tous les sujets de empire (4), non par générosité, mais pour soumettre les habitants des provinces au droit du vingtièine sur les sucçessions, droit qui n’était payé que par les citoyens (2). Il fit aussi quelques guerres , d'abord contre les Cattes et les Allemans, dont le nom apparaît alors pour la première fois; mais, bien qu’il fit preuve de valeur personnelle , il ne rougit pas d'acheter des barbares une paix honteuse. Quelques-unes de leurs femmes, faites prisonnières, se voyant exposées en vente, se tuèrent avec leurs enfants. Alors les peuples de la Germanie se soulevèrent contre lui, voulant une portion de ses trésors ou une guerre sans fin , et il préféra le premier parti ; toutefois il ne reçut point leurs ambassadeurs, mais seulement les interprètes, qu’il fit tuer aussitôt pour qu’ils ne pussent attester sa honte. Il assassina le roi des Quades, appela sous les armes les jeunes gens de la Rhétie , et les fit égorger. Là surtout brillait son courage.

Il se proposait d’attaquer les Parthes, divisés entre eux; mais il préféra se porter sur l’Arménie et l’Osroène, qui étaient en paix avec les Romains; après avoir invité leurs rois àse rendre auprès de lui à Antioche, il les retint prisonniers. Il put ainsi réduire l’Osroène en province; mais il échoua contre l'Arménie. Il entra de même , sans déclaration de guerre, sur le territoire des Parthes, et massacra les habitants, sur lesquels il lâchait même des bêtes féroces.

Puis, bien qu’il n’eùt pas même vu l'ennemi, il se vanta au sénat d’avoir vaincu l'Orient , et le sénat, en lui décernant le triomphe, lui donna les noms de Germanique , de Gétique, de Parthique. Helvius Pertinax, fils de l’empereur assassiné, dit que le seul surnom qui lui convint était celui de Gétique, par allusion au meurtre de Géta, et il paya ce mot de la vie.

L'empire du monde fut vacant trois jours. Le quatrième, les prétoriens, ne sachant à qui le donner, proclamèrent Maerin, qui feignit de n’en pas vouloir et de déplorer la mort de Caracalla, tout en se hâtant de distribuer des dons et des promesses, et de promulguer une amnistie. Il était natif d'Alger; Plautien lui avait confié l’intendance de ses biens, parce qu’il était très-versé dans l'étude des lois. Exilé en Afrique par Sévère, il exerça la profession d’avocat jusqu’au moment où il fut nommé à la préfecture

(1) Fecisti patriam diversis gentibus unam , Urbem fecisti quod prius orbiserat.

(Ruriuus, {linéraire. )

(?) en est pourtant qui attribuent cette loi à Marc-Aurèle (1, G. Maunen, Commentatio de M. Aur, Antonio constitutionis de civilate universo orbi dat auciore; 1772). Peut-être Caracalla ne fit-il que l’étendre.

Macrin,

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du prétoire : fonction qu’il exerça avec toute l'équité qu’on peut apporter , Sous un tyran , au jugernent dés affaires.

Quand le sénat reçut la dépêche par laquelle Maérin lüi annonçait que Caracalla avait subi le ‘sort dont il semblait digne, ct que l'armée l'avait choisi pour lui succéder, cè corps , resté jusque-là dans l'incertitude , se répandit en imprécations contre le mort, proclama sa mémoire infâme; prodiguant à Macrin plus d’honneurs qu’à nul autre , il donna le titre de César à son' fils, celui d’Auguste à sa femme, ét le supplia de punir les ministrés de Caracalla et d’exterminer les déläteurs. Macrin lui permit d’exiler un certain nombre de sénateurs et decitoyens , de faire mettre en croix les esclaves où les affranchis qui avaient dénoncé leurs mattres; puis il autorisa l’armée à déifier Caracalla, et le sénat, toujours docile, consentit à l’apothéose.

Macrin se proposait de remédier aux désordres du règne précédent par l'abolition des édits contraires aux ‘lois de Rome ; il punissait du supplice du feu les adultères, quels qu’ils fassent, obligeait lès esclaves fugitifs à combattre avec les gladiateurs , et laissait parfois les condamnés mourir du tourment de la faim; il prononçait la peine capitale contre les délateurs qui ne prouvaient pas leur accusation, et leur accordait, lorsqu'ils la prouvaient, la récompense ordinaire du quart des biens de l’accusé, mais en les déclarant infâmes. Tantôt il punit ceux qui conspirèrent contre lui, tantôt il leur pardonna. Cette rigueur, et la destitution de personnages illustres, dont il donna les fonctions à des gens sans noblesse ni mérite, excita des mécontentements; on trouva qu’il y avait honte à voir le trône occupé par un homme qui n’était pas même sénateur, et chez lequel aucune qualité éminenté né compensait la bassesse d’origine.

Soit justice, soitcrainte, l’empereur renvoyales prisonniers enlevés chez les Parthes par Caracalla ; mais Artaban, qui réunissait une armée pour se venger dé l’outrage reçu, enhardi par la modération des Romains, exigea, outre la réédification des villes renversées par Caracalla, qu’ils rendissent la Mésopotamie et payassent une amende pour l’insulte faite aux sépultures des rois parthes. Sur leur refus, il attaqua les légions près de Nisibe, les défit, et n’accorda la paix qu’au prix de cinquante millions de drachmes. Le rétablissement de Tiridate sur son trône apaisa les Arméniens.

Ces défaites avaient leur principale cause dans le défaut de discipline; Macrin chercha donc les moyens de la rétablir. Du sein des villes, où ils s’amollissaient, il transféra dans les campeg

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