‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 83 sur 135 · RÉTABLISSEMENT DE L’EMPIRE DES PERSES. AU · texte numérisé non relu

RÉTABLISSEMENT DE L’EMPIRE DES PERSES. AU

pour Alexandre Sévère, il passa l’'Euphrate et soumit plusieurs provinces; il envoya alors à l’empereur, qui s’avançait avec son armée, quatre cents hommes des plus robustes, qui lui dirent : Le roi des rois ordonne aux Romains et à leur chef d'évacuer la Syrie et l'Asie Mineure, et de restituer aux Perses les pays en decà de la mer Égée et du Pont, possédés par leurs aïieux. Quelque débonnaire que fût Alexandre, il s’irrita de tant d’arrogance, fit dépouiller les envoyés de leurs ornements, et les relégua dans la Phrygie ;

entrant ensuite dans la Mésopotamie, il la recouvra sans coup.

férir. Artaxar survint avec cent vingt mille chevaux, dix mille hommes de grosse infanterie, dix-huit centschars de guerre et sept cents éléphants; il n’en fut pas moins défait, Alexandre partagea son armée en trois corps, qui envahirent la Parthiène de différents côtés; cette attaque bien combinée aurait pu briser la puissance des Perses , si l’armée ne s'était refusée à pousser en avant et n’eût massacré ses officiers. Alexandre, de retour à Rome, fit au sénat un récit brillant de ses exploits, triompha sur un char trainé par quatre éléphants, et fut honoré des surnoms de Parthique et de Persique ; mais la victoire restait à Artaxar, qui reprit aux Romains tout ce qu’ils avaient conquis, et consolida , en quinze années de règne, sa puissance naissante, au point de la rendre menaçante pour l'existence de l'empire romain.

Alexandre se préparait à recommencer les hostilités, quand il en fut détourné par les Germains, qui avaient passé le Rhin et le Danube. Ayant donc couru au Rhin, il les repoussa au delà du fleuve ; mais il fut arrêté bien moins par la timidité que lui impute Hérodien que par le désordre de son armée, qui ne pouvait supporter ni la fatigue, ni la discipline, ni la rigueur avec laquelle il punissait les moindres fautes; au reste, les soldats s’indignaient d'entendre les hérauts répéter continuellement, durant les marches , sa maxime favorite : Faites comme vous voulez qu'on vous Jasse.

Le Goth Maximin, qui commandait un corps de Pannoniens, ne tarissait pas en anecdoctes et en plaisanteries sur cet empereur syrien, qui n’agissait, disait-il, que sous le bon plaisir du sénat et de sa mère; il se fit des partisans, et assaillit Alexandre dans son camp près de Mayence, où il l’assassina avec Mammée : il n’a vait encore que vingt-six ans et demi. Les soldats tuèrent ses assassins, à l'exception de leur chef; peuple et sénateurs pleurèrent le jeune empereur autant qu’il le méritait, et le jour de sa naissance fut célébré par une fête annuelle,

23 septembre.

Guerre contre les Gerimains, 235,19 mars.

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CHAPITRE. XXII. À P DE MAXIMIN A CLAUDE I. r£ Quand l’empereur Sévère, à son retour de l'Orient, solennisa "A dans la Thrace la naissance de Géta, son fils, par des jeux militaires, un jeune homme vigoureux se présenta à lui, implorant dans une langue barbare l’honneur de prendre part à la lutte. pe Sa taille annonçant une grande force, on lui opposa , afin que le au barbare n’eût pas à triompher d’un soldat romain, les esclaves les a plus robustes du camp; mais il en renversa seize l’un après l’autre. kr Gratifié de quelques petits cadeaux et enrôlé dans les troupes, e il divertit le lendemain les soldats par des exercices de souplesse Je et de vigueur en usage dans son pays. Comme il vit que Sévère té faisait attention à lui, il se mit à suivre son cheval durant une ba longue course , sans laisser paraître la moindre fatigue. L’empe- ‘)

reur, une fois arrivé, voulut éprouver sa force, et lui proposa de lutter ; le barbare accepta, et vainquit sept soldats vigoureux. Sévère lui donna un collier d’or, et le fit inscrire parmi ses gardes avec double solde, parce que la solde ordinaire nè suffisait pas à sa nourriture.

Ce colosse s'appelait Maximin; il était né en Thrace, d’un père goth et d’une mère alaine. Il avait huit pieds, et de son bras nerveux il traînait un char qu’une paire de bœufs ne suffisait pas à ébranler ; il déracinait des arbres, brisait d’un coup de pied la jambe d’un cheval, broyait des cailloux entre ses doigts, mangeait quarante livres de viande et buvait dans un jour vingt-quatre pintes de vin, quand il n’allait pas au delà,

En fréquentant les hommes, ce géant reconnut la nécessité de refréner son naturel farouche, et il sut se maintenir en faveur sous différents empereurs. Alexandre le nomma tribun de la quatrième légion; puis, comme il faisait bien observer la discipline, il lui confia un commandement supérieur, le, fit entrer au sénat, À et se proposait même de donner en mariage sa propre sœur au fils du barbare, à Julius Vérus, qui n'avait pas moins d’orgueil que de beauté , de vigueur et de courage.

Tant de bienfaits, au lieu d’attacher Maximin, lui inspirèrent la pensée de tout oser, quand la force pouvait tout; il trama donc la mort d'Alexandre, et, proclamé aussitôt empereur, il s'associa

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