‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 87 sur 135 · L. Élien · texte numérisé non relu

L. Élien

Sp. S. Lollien.

M, A. Marius,

P. Tétricus.

D TT a #

Pr tas RES

PÂTE aie 7

M. À: Auréole.

30 mars.

494 SIXIÈMÉ ÉPOQUE.

rin, qui déployait contre Gallien un mâle ‘courage et disposait d'immenses richesses. !

Odénat , qui, en récompense de ce qu’il avait conservé les provinces d'Orient , avait été associé à l'empire par Gallien, poursuivit le cours de ses succès contre les Perses, assiégea Ctésiphon, et peut-être s’en empara ; maïs, au moment où il accourait pour s’opposer aux invasions des Goths , il fut assassiné à Émèse dans la quatrième année de son règne. Zénobie , sa veuve, se mettant à la tête du gouvernement au nom des trois fils en bas-âge qu’il laissait, prit le titre de reine de l’Orient et les aigles impériales, mais elle se déclara contre Gallien.

Cet empereur, obligé, bien malgré lui, d’avoir toujours les armes à la main contre les ennemis du dedans et du dehors, dut accourir en Italie. Son général dans l’Illyrie, Acilius Auréolus, contraint par l’armée d'accepter la pourpre, avait passé les Alpes et bat: 1 l’armée impériale sur PAdda, entre Bergame et Milan; après avoir jeté sur cette rivière un pont qui conserve encore son nom (Pons Aureoli, Pontirolo), il entra dans Milan, où il fut assiégé par Gallien , dont une conjuration termina les jours à l’âge de trente-cinq ans; il en avait régné quinze. Les soldats, qui voulurent d’abord le venger, furent apaisés avec de l'argent, et le traitèrent de tyran ; le sénat le déclara ennemi de la patrie , et fit précipiter de la roche Tarpéienne ses parents et ses amis, pour le déifier peu de temps après.

Le temps de Gallien fut véritablement le plus malheureux dont l’histoire ait gardé le souvenir. L'Égypte était tellement agitée qu’à peine, dans Alexandrie, on communiquait par lettres d’un quartier à l’autre. Les motifs les plus frivoles , un salut, une paire de chaussures , devenaient l’occasion de rixes sanglantes. Survinrent la famine et la peste, dont les ravages furent tels que l’on comptait dans la ville moins de personnes depuis quatorze ans jusqu’à quatre-vingts qu’il n’y en avait d'ordinaire de quarante à soixante-dix (1). Ces déscrdres tumultueux durèrent douze ans; enfin le Bruchium, la partie la plus belle et la plus forte d'Alexandrie , qui renfermait le palais des rois, le musée, la bibliothèque, les arsenaux , fut assiégé par les Romains, commandés par l’empereur Théodote, et réduit à se rendre par famine.

Cependant les Scythes, nom sous lequel sont souvent désignés les Goths, ravageaient la Bithynieet renversaient plusieurs villes ;

(1) Eusèse, VII, 23, 11 paraît que l'on inscrivait sur les registres les noms des habitants. On ponvait ainei an aaunir la nombre,

eeeus Ver

ils parcoururent la Thrace , la Macédoine, et menacèrent la Grèce, qui fortifia de nouveau les Thermopyles , entoura Athènes de murailles et ferma l’isthme du Péloponèse. Les barbares , après avoir traversé l’Hellespont, dévasté un grand nombre de villes et de monuments d’art et d'histoire , saccagèrent le temple de Diane à Éphèse, qui, relevé de sept destructicas, était orné de tous les trésors de l’art grec et de l’opulence asiatique. Divers monarques lui avaient fait don de cent vingt-sept colonnes de marbre ionique , de cinquante pieds de haut ; l’autel, sculpté de la main de Praxitèle, représentait les actions d’Apollon et de Bacchus. Les Goths, étrangers aux terreurs de la superstition et au respect du beau, le réduisirent en cendres.

Toutes les conquêtes de Trajan dans la Dacie furent perdues. Les Pyrénées ne purent défendre l'Espagne, où pénétrèrent les Francs, qui la mirent au pillage et passèrent de là en Afrique, après avoir détruit Tarragone. En Sicile, les esclaves et les laboureurs révoltés renouvelèrent les horreurs de la guerre servile , à l’immense préjudice des sénateurs qui avaient dans cette île leurs principales propriétés.

Il serait impossible de décrire en détail toutes les horreurs commises par les envahisseurs et les peuples envahis. Gallien assiége Byzance et entre dans la ville par capitulation; il fait passer la garnison et les citoyens au fil de l’épée , de sorte , dit un auteur (1) qu’il ne resta pas un homme dans la ville. Chaque tyran qui surgissait devait prodiguer l'or aux soldats , et cet or, d’où l’auraientils tiré, sinon du peuple ? Les vexations et les cruautés, cortége de tout gouvernement nouveau, se succédaient sans fin ; puis la chate rapide des usurpateurs enveloppait dans la même ruine l’armée et les provinces qui s'étaient déclarées pour eux. Parfois aussi ces maîtres d’un jour s’alliaient, pour se soutenir contre lours compétiteurs, avec les barbares , dont ces rivalités incessantes favorisaient les incursions. La famine et la peste, qui sévit de 250 à 265, mettaient le comble à tant de maux; puis des tremblements de terre, des éclipses de soleil, de sourds mugissements souterrains, ajoutaient au découragement des peuples épouvantés.

(1) TRéBELLIUS PozuioN, Vie de Gallien, p. 179.

Eecres

Claude II, 268,

2 mars.

Page 1