‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 89 sur 135 · CARUS, CARIN ET: NUMÉRIEN · texte numérisé non relu

CARUS, CARIN ET: NUMÉRIEN

de vouloir distribuer leurs domaines à la plèbe ; qu’il amusait par des fêtes, et parmi laquelle il choisissait ses favoris; dont il faisait ses ministres et ses complices, se reposant sur eux de toutes les affaires, et même du soin de signer.

‘Ilse livrait à l’oisiveté et aux plaisirs sans se douter qu’il marchait-au bord de l’abime. Une fois arrivée à Chalcédoine d’Asie, Parmée:avec laquelle son père avait combattu les Perses proclama empereur Dioclétien, commandant des gardes domestiques (1), né en Dalmatie de parents obscurs, mais brave dans les-combats, non moins qu’habile dans les affaires; il se montra favorable aux lettres bien qu’il n’eût que des connaissances militaires, et fut ennemi du faste et: de la mollesse. Comme certains bruits semblaietit lui imputer d’avoir trempé dans le meurtre de Namérien, il jura qu’il y était resté étranger; puis, ayant fait venir Aper, beau-père du prince mort, il dit : Voilà celui qui fut l'assassin de l’empereur! et il lui plongea son épée dans la poitrine (2).

Ilavait voulu'tout à la fois convaincre l’armée , qui se ‘ontenta de cette preuve, et accomplir la prédiction d’une druidssse, qui lui promettait l'empire quand il aurait tué un sanglier (aper en latin); aussi poursuivait-il toujours ces animeux : la chasse, ei cette fois , après avoir frappé son rival, il s’éc:ia : J'ai donc enfin luéle sanglier fatal!

L'armée se disposa à soutenir par la guerre civile l’innocence de Dioclétien et la prophétie gauloise, tandis que lui, pour assurer le succès, s’occupa de fomenter le mécontentement parmi les troupes de Carin, et cette précaution ne fut pas inutile. En effet, ayant livré une bataille rangée sur le Danube , il resta vaincu; mais un tribun, pour se venger d’un adultère, donna le coup mortel à Carin, et Dioclétien , maître de l’empire, eut la générosité ou la politique de pardonner aux partisans de son ennemi.

Dans les quatre-vingt-douze a..: écoulés de Commode à Dioclétien, l'empire fut vingt-cinq fois *&cant par suite de la mort violente de celui qui l’occupait; trente empereurs sur trente-quatre furent tués par ceux qui voulaient leur succéder. Les soldats,

(1) Les domestiques, espèce de gardes de la porte, étaient inférieurs aux ptétoriens, et préposés à la défense particulière de la personne du prince. Justinien en porta le nombre de trois mille cinq cents à cinq mille cinq cents: ils étaient divisés en diverses scholæ, et commandés par un comes domesticorum, dont la charge devint très-importante dans le quatrième siècle.

(2) L'ère de Dioclétien ou des martyrs, longtemps en usage dans l'Égypte et encore aujourd’hui chez les Cophtes et chez les Abyssiniens, date du 29 août 284, jour où l’empereur fut proclamé,

mattré de tout , étaient à la fois électeurs et bourreaux, de sorte qu’il serait difficile de dire ce que pouvaient les barbares pour rendre pire un tel état de choses.

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