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EMPERÉVAS COLLÈGUES. 139

farént surveillées de plus près, ét les légions apprirent à respecter la vie de leurs chefs, en voyant que le meurtre d’un seul n’aurait produit aucun résultat.

Maximien extermina dans la Gaule les paysans qui, Sous le nom dé Bagaudes, s'étaient insurgés contre l’oppression des riches. Mais Carausius, citoyen obscur de la Ménapie, investi du commandement de la flotte stationnée à Gessoriacum ( Boulogne) pour défendre la Bretagne contre les incursions des Francs, les laissa passer dans l’île, qu’ils pillèrent ; puis, tombant sur eux au retour, il les dépouilla de leur butin. Redoutant alors le châtiment, il souleva les insulaires, prit le titre d’Auguste, et se soutint dans le pays pendant sept ans contre les Calédoniens et les Romains. Il avait enrôlé la fleur de la jeunesse franque, qu'il façonnait aux manœu: res de terre et de mer; puis, faisant la course avec ses vaisseaux , il ravageait les côtes de l'Océan jusqu'aux Colonnes d'Hercule.

Maximien , ne pouvant le soumettre fante de vaisseaux, conci::t avec lui un arrangement , aux termes duquel il lui céda la sou— veraineté de la Bretagne avec les honneurs impériaux. Plus tard ; Constance reprit les hostilités ; mais, au fort de la lutte, il apprit que Carausius avait été assassiné par Alectus, qui succéda à son pouvoir chancelant. Peu de temps après, Asclépiodote, général de Constance, vainquit ce dernier, et la Bretagne fut réunie de nouveau à l'empire.

Maximien et Dioclétien se rendirent tous deux à Milan, Pun de la Gaule , l’autre de l’Arabie, pour se concerter sur les moyens de défense , le danger devenant chaque jour plus menaçant en présence des barbares qui faisaient irruption de toutes parts. Les Goths avaient soumis les Burgundes , les Vandales , les Gépides; les Blemmyes étaient en guerre avec les Éthiopiens et les Maures. Quand les Perses faisaient trêve à leurs discordes intestines, ils se jetaient sur la Mésopotamie ct la Syrie , et les tribus de PAfrique s'étaient lignées contre Rome. En Italie, Marc-Aurèle, Julien, et dans Alexandrie, Achillée, avaient pris le titre d’empereurs ; mais les efforts réunis des quatre souverains surent obvier à tont. Constance raffermit la domination romaine dans la Germanie ; Dioclétien dompta Achillée et l'Égypte, en châtiant sévèrement le pays (1), dont il céda une partie aux Nubiens pour opposer une

(t) La célèbre colonne de Ptolémée à Alexandrie, dont le fût, d'un seul morceau de granit rouge, de 90 pieds de longueur sur 9 de diamètre, s'élève sur tine base surc el d'or nements dans le goût du troisième siècle, porte une rod

Caraus'us em.

pereur de Bretagne,

440 SIXIÈME ÉPOQUÉ.

barrière aux Blemmyes; Maximien passa des Gaules en Afrique pour soumettre les Maures. |

L'expédition contre les Perses fut la plus importante et la plus glorieuse. Quand ce peuple, sous le règne de Valérien, eut subjugué l'Arménie, Tiridate , fils de Chosroës qui venait d’être assassiné, sauvé par quelques amis, fut élevé à Rome; outre les leçons qu’il avait puisées à l’école du malheur, il put se former dans cette ville aux arts de la paix et de la guerre, et y acquérir des amis. L’étranger , maître de l'Arménie, l’embellissait de monuments magnifiques ; mais il ne s’en rendait pas moins odieux aux habitants par les mesures tyranniques que lui inspirait la crainte d’un soulèvement , et par son intolérance religieuse, qui, après lui avoir fait abattre les statues du Soleil, de la Lune et des rois divinisés, l'avait poussé à allumer le feu d’Ormuzd sur la cime du mont Bagavus.

Dans la troisième année de son règne, Dioclétien conféra le trône d'Arménie à Tiridate. A peine ce prince se fut-il présenté sur la frontière, que toute la noblesse accourut sous ses drapeaux ; a garnison perse fut chassée, et tous se préparèrent à défendre l'indépendance nationale, secondés dans leur entreprise par un Scythe nommé Mamg, dont la tribu s'était établie quelques années auparavant sur les frontières de l'empire chinois , qui s’étendait alors jusqu’à la Sogdiane. Mamg ayant encouru la colère de Vou-ti, qui régnait alors, il se retira vers l’Oxus, et se mit sous la protection de Sapor; ce princ:, pour ne pas trahir l’hospitalité, refusa de le livrer aux Chinois, et n’évita la guerre qu’en promettant de le confiner aux extrémités occidentales de ses États. Un vaste territoire inhabité fut donc assigné dans l’Arménie à la tribu scythe, pour qu'elle s’y transformât à son gré et à l’aide du temps ; mais, dans cette occurence , au lieu de défendre son hôte, Mamg s’unit à Tiridate et l’aida puissamment à recouvrer son royaume.

Non-seulement le prince arménien délivra son pays des Perses, mais il poussa ses excursions jusque dans l’Assyrie, profitant « l'agitation qu’y entretenaient les dissensions entre les deux frères Ormuzet Narsès. Bien que le premier eût demandé l’assistance des barbares qui habitaient sur les bords de la mer Caspienne,

rent assez pour affirmer qu'elle fut érigée en l'honneur de Dioclétien, dieu tutélaire d'Alexandrie (nooüyos ‘AXeEavôpeixs ), probablèement dans cette occasion, les peuples ayant coutume de vanter la clémence des vois qni les frappent sans les achever. Mais ce n'est pas un motif pour croire que cette colonne magnifique soit un ouvrage de cette époque. Voy. Classical journal, XUT, 159.

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Narsès l’emporta ; puis il dirigea tous ses efforts contre. Tiridate, qui , détrôné encore une fois, fut obligé de se réfugier à Rome.

L’honneur et la sûreté de l'empire réclamaient également la guerre, et Dioclétien, pour la diriger, établit sa résidence à Antioche ; mais, moins pourvu de valeur que d’habileté , il confia le commandement de l’armée à Galère, qui s’avança contre Narsès et fut battu près de Carrhes, aux lieux déjà témoins de la défaite de Crassus. Humilié des dédains dont l’accabla Dioclétien , il rassembla de nouvelles forces, et, vainqueur cette fois, il fit sur Narsès un immense butin avec une foule de prisonniers, au nombre desquels se trouvèrent les femmes et les fils de Narsès luimême. Les Perses demandèrent alors la paix, et l'obtinrent à la condition de céder aux Romains la Mésopotamie, et, en outre, cinq provinces au delà du Tigre, de manière que l’Araxe formât la frontière des deux empires. Tiridate remonta sur le trône, et l’on rendit à Narsès ses femmes et ses enfants.

La paix se maintint jusqu’à la fin du règne de Constantin. Les Romains se virent dès lors en sûreté de ce côté, surtout par l’alliance des Carduques (Kurdes), restés tels que les avait trouvés® Xénophon, c’est-à-dire vaillants défenseurs de leur liberté; et par celle de l’Ibérie, contrée stérile et sauvage, mais dont les habitants belliqueux devaient opposer unebarrière aux hordessarmates, que l'amour du butin attirait par intervalles vers les riches contrées du Midi.

Pour la défense des frontières, Dioclétien établit, depuis l’'Égypte jusqu’au territoire des Perses, une ligne de camps pourvus de bonnes armes que fournirent les arsenaux récemment formés à Antioche, à Émèse et à Damas; il en fit autant de l’embouchure du Rhin à celie du Danube, en utilisant les anciens camps et de nouveaux forts si bien disposés que les barbares ne se risquèrent presque jamais à passer outre, distraits qu'ils étaient d’ailleurs par leurs dissensions intestines, que Dioclétien savait fomenter pour épuiser leurs forces. Du reste, chaque fois qu'ils suspendirent leurs luttes pour se jeter sur le territoire romain, ils y trouvèrent pour les repousser les habiles dispositions de Dioclétien et le bras de ses collègues. Les prisonniers étaient distribués entre les provinces ; mais illes réservait surtout pour celles où les habitants avaient été décimés par la guerre, afin de les employer à la garde des troupeaux ou à l’agriculture, et parfois au service militaire : c'était nourrir un serpent dans le sein de l’empire.

Rome ne paraissant plus à Dioclétien dans une situation. convenablé pour la défense , il établit son collègue à Milan, qui, si-

Changement dans la constitution,

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