ART
D a De SES SR Cu 22
en : Tulle Ÿ
tuée au pied des Alpes, permettait de surveiller de plus près les barbares de la Germanie; populeuse , bien bâtie , avec un cirque , un théâtre , une fabrique de monnaies, un palais, des thermes, des portiques ornés de statues, elle fut alors entourée d’une double muraille. Dioclétien choisit Nicomédie, sar les confins de l’Europe et de FAsie , s’occupa de l’embellir, et, en peu d'années, la nouvelle résidence impériale rivalisa avec Romé, Alexandrie et Antioche. Ce séjour plaisait autant à Dioclétien qu’il était fatigué de Rome , de sa plèbe insolente et de son sénat, qui Ssongeait encore à s’arroger quelques droits quand tout pliait sous l’omnipotence du glaive. Les deux Augustes, résidant désormais hors de Rome, pouvaient déployer dans les camps et les conseils des provinces une autorité absolue; ils ne consultaient sur la confection des lois que leurs ministres, sans en réferer au grand conseil de la nation. Bien plus, afin d’enlever à ce corps les dernières apparences de considération, Dioclétien laissa son collègue donner carrière à son naturel faronche, en punissant des conspirations imaginaires. Les prétoriens, qui, sentant leur importance s’affaiblir sous cette administration vigoureuse , étaient portés à seconder le sénat, virent leur nombre réduit, et furent privés d’une partie de leurs priviléges. Deux légions illyriennes les remplacèrent, pour la garde de Rome, sous le nom de Joviens et d’'Herculéens.
Les noms de consul , de censeur, de tribun, ne parurent plus nécessaires pour exercer sous des désignations républicaines une autorité qui avait détruit la république. L'empereur, qui n’était plus le général des armées ile la patrie, mais le chef du monde romain, fui appelé dominus non-sealement par les flatteurs, mais encore dans les actes publics, avec des titres et des attributs divins. Reconnaissant peut-être qu’en passant dans des mains vicieuses , par le bon plaisir de l’armée , l'autorité impériale avai, perdu tout prestige dans l'opinion, et qu’il était impossible de la ramener vers son principe, Dioclétien songea à la renouveler dans son essence. Comme il n’était pas Italien , il ne devait point regretter d’enlever à sa patrie une suprématie achetée au prix de tant de sang ; habitué dans les camps à la discipline qui ne raisonne pas et à l'éclat qui séduit les âmes , il façonna tout d’après le système oriental. A cette simplicité que les cmpereurs vertueux avaient conservée dans leurs vêtements comme dans leur intérieur et dans les audiences publiques, parce qu’ils se considéraient comme premiers citoyens et rien de plus, il substitua le faste asiatique ; et prit le diadèine, qui avait coûté la vie
SIXIÈME ÉPOQUÉ.
à Césa crée; | palais, Quico sans fi ner el leur d tant d autoc toure, au pe De fastue dont tre elle lP'autrd ne ce cessai étaien bliss ri s’effet Bie tème :
rélort distri taxer ment Milan dont nes p de Ti persé Ce née d en vt core core M:
avait La : deva déco
s les
jue , nes , dou- ’Eus, la ié et igué | enipors de protion il de apnnetr:
tions ffaicon- ’une lacè- Is et
plus une n’éf du flat
des
des riale sible nouevait tout npenme qu’ils subà vie
EMPERËURS COLLÈGUES. 443
à César. La soie , l’or, les pierreries, couvrirent sa personne sacrée; les écoles d'officiers domestiques gardèrent les avenues du palais, où commencèrent à se nouer les intrigues des eunuques. Quiconque, au milieu de cette foule, et après un cérémonial sans fin, approchait la majesté de l’empereur, devait se prosterner en adoration, comme les Perses devant le représentant de leur dieu sur Ia terre. Ainsi le trône où siégeait Auguste avec tant de simplicité a reçu désormais un Cyrus ou un Sésostris, un autocrate qui prétend , par le mystère et la pompe dont il s’entoure, commander le respect aux gens de guerre et la soumission au peuple.
Deux empereurs et deux Césars multipliaient ces apparences fastueuses, ainsi que les employés, les serviteurs et tous ceux dont un tel luxe réclamait l'office. Les quatre cours rivalisant en- ! tre elles de splendeur, d’une part les intrigues s’accrurent , et de ! l’autre les impôts ; aussi, tant que Fempire subsista, les plaintes ne cessèrent pas sur l’aggravation des taxes. Si les mesures nécessaires à la tranquillité intérieure et à la défense exterieure étaient désormais plas promptes, le sentiment de l'unité s’affai: blissrit, et les esprits se préparaïent au partage de l'empire, qui s’effectua plus tard.
Bien que la faute retombe sur Doclétien comme auteur du système nouveau, il est juste de dire qu’il apporta, dans toutes ses réformes, une sage modération. [1 continua à faire au peuple les distributions accoutumées ; mais en voulant, durant nne famine, taxer les denrées à un prix peu élevé, il ne réussit qu’à l’augmenter. On lui dut de splendides constructions à Carthage et à Milan , indépendamment de celles de Nicomidie et des thermes dont il embellit Rome, magnifique édifice où trois mille personnes pouvaient prendre le bain, et auquel il réunit la bibliothèque de Trajan ; sa mémoire ne serait done pas restée odieuse, s’il n’eût perséeuté les chrétiens avec une extrèm: fsrocité.
Ce fu: avec justice qu’il s’attribua, dans la vingt-anième an- on née de son règne, les honneurs du triomphe; le peuple de Rome, en voyant porter les images de fleuves et de villes perses non encore subjugnés , &:"'es des fils et de la femme de Narsôs, put encore se faire illusion sur l'éternité du Jupiter Capitolin.
Mais les Romains pouvaient-ils soir d’un œil favoral” -elui qui avait ravià leu cité le privilège d’être 11 capitale uu monde?
La magnificence même dont s’entourait Dioclétien disparaissait devant celle des triomphes de Carin et d’autres encore; à: :: décochait-on des mots piquants, insupportables à l’autocrate, qui,
ne
: ; Para D ane roue.
EP Ne On rIES D a os
M es tp
:Tnovembre, pour montrer son dépit, abandonna les sept collines ; sans::at- rép tendre le jour be ph de son entrée ‘en FAITS comme can! consul, ; : :: nou
S’étant alors dirigé vers les provinces iyriennes, il contracta | adn en les parcourant une maladie qui !& mit aux portes de }a tombe. : gén Il guérit cependant ; mais, ne se sentant n\us assez de force pour rich
Adication de soutenir le: fardeau de l'empire, il résolut d’abdiquer, on par jou philosophie, comme les Antonins, ni par ltssitnue des coatrarié- Con tés éprouvées, comme Charles-Quint, mais par une Loue de ; avo bien public. hab
305. Du haut d’an trône élevé au milieu de la plaine, près de Ni- app "+ comédie, il déclara sa résolntion an peupleet aux soldats, en . il le nommant Césars Maximin et Sévère. Le même j jour, Maximien ab- qua diquait à Milan , pour tenir le serment qu'il at ‘t fait à son collè- dép gue. Dioclétien se retira dans un palais splendiue qu’il avait fait le t construire à Salone, aux lieux où s’éleva depuis Spalatro (1}; là , : déf } vécut neuf ans dans une condition privée , respecté et consulté Au par ies princes auxquelsil avait cédé l’empire. Il s’écriait souvent : la 1 Maintenant je vis, maintenant je vois la beauté du soleil. Quand Cor Maximien , qui s’était retiré dans la Lucanie, le pressa de repren- jois dre le pouvoir, il lui répondit : 7x ne me donnerais pas ce con- d seil , si lu voyais les belles laitues que j'ai plantées de mes mains ab à Salone! Réfléchissant sur les dangers qui environnent un sou- tre verain : Que de fois, disait-ii, deux ou trois ministres s’accor- Cor dent pour tromper le prince, qui, séparé du reste des hommes , rier parvient rarement à étre informé de la vérité, si ‘outefois il la pré sait jamais ! Ne voyant, n'entendant que par les yeux et les oreil- né les des autres, il confère les emplois à des hommes vicieux ou in- lois capabies, néglige les gens de mérite, et, bien qu’il soit sage, il «| reste en proie à ses courtisans corrompus. « £ Les troubles qui s’élevèrent dans l’empire, les malheurs de sa | femme et de sa fille, quelques injures reçues de ses successeurs , est troublèrent sa solitude; on dit même qu’il se donna le mort à l’âge Dic de près de quatre-vingts ans. qu A peine la main robuste qui avait longtemps tenu les rênes de ses VÉtat ne se fit-elle plus sentir que les discordes, admirablement vè te (1) La cathédrale de Spalatro est rebâtie ar l'emplacement d’un temple d’Es- éts culape ; celui de Jupiter fut aussi transfo:: #5 église, Il reste encore du palais de de Dioclétien, d’une construction très-: : un portique soutenu par des colonnes de granit à l'entrée duquel est ‘:: . 1nx. On voit aussi à Spalatro les lès iues d’un grand aqueduc, fait de ‘ur ;rmes, et trois belles portes. En 1828, -spereur d'Autriche a assigné *: ‘ pour former ::n musée des antiquités ( uouvées tant à Spalatro qu'à Sal: :
sans::atcomme
bntracta
tombe.
ce pour L'On par >atrarié- :nsée de
xs de Nijats, en aien abbn collèvait fait (1); là, onsulté ouvent :
. Quand repren-
ce cons mains un sous’accor- Jnmes , ois il la es oreilæ Ou insage, il
s de sa sseurs , t à l’Age
ênes de blement
1ple d'Esdu palais r des coalatro les En 1828, antiquités
réprimées jusque-là, recommencèrent à agiter l'empire , qui, dusant dix-huit ans, fut disputé entre différents princes, Des deux nouveaux Augustes, Constance et Galère, le premier et le plus âgé administra la Gaule, l'Espagne et la Bretagne, avec une douceur généreuse et modeste ; il voulait , disait-il, que ses sujets fussent riches , plutôt que l’État. On raconte (1) que Dioclétien envoya un jour vers lui pour se plaindre de ce qu’il n’avait pas d’or en caisse ; Contance invita les députés à revenir sous quelques jours pour avoir sa réponse. Dans cet intervalle, il informa les principaux habitants de ses provinces qu’il avait besoin d’argent ,et ils lui en apportèrent à l’envi. Alors, montrant ces trésors aux envoyés il les pria de rapporter à Dioclétien qu’il était le plus riche del quatre princes; seulement , ajoutait-il , il laissait ces richesses en dépôt dans les mains du peuple, considérant son amour comme le trésor le plus sûr et le plus abondant d’un souverain. Après le départ des députés , il renvoya l'argent à ceux qui l’avaient avancé. Au plus fort de la persécution , il donna asile aux chrétiens, dont la reconnaissance le porta aux nues ; bien pius, si Eusèbe dit vrai, Constance , feignant de vouloir aussi persécuter les chrétiens , enjoignit aux officiers du palais et aux gouverneurs des provinces d'opter entre leur foi et leurs fonctions. Quelques-uns , pour avoir abjuré , furent réprimandés par lui et destitués, attendu que, traitres envers Dieu , ils devaient trahir le prince plus facilement encore; au contraire, il accorda sa confiance et des emplois supérieurs à ceux qui avaient écouté la voix de leur conscience, de préférence à leurs intérêts. Par un rescrit qui, inséré au code, mériterait d’être adopté par ceux qui lui ont emprunté tant de lois tyranniques , il rejette les libelles anonymes, « ne sachant « pas soupçonner un citoyen qui n’a point d’accusateur, mais « seulement un ennemi (2).»
Galère, au contraire, plein de bravoure , mais rusé et arrogant, est accnsé d’avoir mis en œuvre de bas artifices pour déterminer Dioclétien à persécuter les chrétiens , et ensuite pour le faire abdi-
a aa
quer. Maximin , son neveu, grossier dans ses paroles comme dans |
ses actions, gouverna en qualité de César l'Égypte et la Syrie ; Sévère , l’autre César, l'Italie et l'Afrique. Galère, qui dominait sur ces de:.* princes, ses créatures, et sur Constance, dont la santé était chancelante , se flattait de rester seul maître de l’empire et de le transmettre à sa famille; mais, dans les foyers de son collègue, était né celu: qui devait renverser ses projets.
(1) Eusies, VEN, 13, 17, et Vi° de Constantin, I, 14. (% Code Théodos., lib. IV, De famosis libellis.
Constance:
Chiore.
Galère.
di Û | à à k | "
Constantin.