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Abd el-Aziz, poursuivant sa victoire, occupa Jaën, Elvira, Grenade, puis Antequera et Malaga, enfin toute l’Andalousie.
Un ordre du calife ayant fait réintégrer Taric dans le commandement, Mouza et lui se partagèrent le soin de subjuguer la péninsule. Taric se dirigea au levant, en remontant le Tage, l'autre au nord; ils se rejoignirent sur les bords de l'Ébre, et attaquèrent ensemble Salamanque, qu’ils contraignirent à p£yer le tribut du sang. Se séparant alors de nouveau, ils conlinuèrent leurs conquêtes.
Mais Mouza ne cessant de représenter au calife, sous des : couleurs défavorables, le généreux Taric, qui savait se concihier les soldats, et Taric, de son côté, accusant Mouza d’une avidité insatiable, Walid les rappela tous les deux. Mouza revint comme en triomphe, conduisant à sa suite trente mille prisonniers espagnols, et arriva à Damas lorsque Walid était à l’extrémité. Souléiman, frère du moribond, lui fit dire de ne pas entrer dans la ville avant qu'il eût succédé au califat. Son intention était de se réserver ainsi les immenses trésors rapportés par Mouza; mais celui-ci ne tint pas compte de l'invitation. Interrogé par le calife sur la situation du pays et sur la guerre, il lui dit: Les Goths sont des lions dans leurs châteaux forts, des aigles à cheval, des femmelettes à pied. Quand l'occasion se présente, ils savent en profiter ; mais sont-ils vaincus, ils se réfugient dans leurs montagnes comme des chèvres. Les Berbers ressemblent beaucoup aux Arabes pour les traits, et dans leur manière de faire la guerre ; ils sont, comme nous, sobres, p alients, hospitaliers ; mais il n’est pas au monde d'hommes plus perfides. Les Francs, impétueux et braves quand ils attaquent, sont inhabiles à la défense, et se découragent dans la défaite. Nos musulmans ne les ont jamais comptés avant de les attaquer.
les vainqueurs se réduiront à ceci, que chaque noble payera un tribut annuel d’un denier d'or (d’une valeur d'environ dix francs), quatre mesures de blé, autant d'orge, de vin doux, de miel, de vinaigre et d'huile. Les serfs et autres sujets ne payeront que moitié.
« Tadmir n’accueillera pas dans ses États les ennemis du calife ; il promet de lui être fidèle et de l’avertir de toute machination qu'il viendrait à découvrir. Le présent traité de paix sera valable pour les villes d'Orihuela, Valentola, Alicante, Mula, Vacasora, Ota et Lorca.
« Donné le quatrième jour de la lune de redjeb, l’an 94 de l’hégire, en présence d’Otzman ben-Hadi-Abda, de Habib ben-Hadi-Obéidah, d'Édris ben-Maicera et d’Aboulcasim el-Mazéli. »
Des quatre scheiks arabes signataires de ce traité, le premier avait toujours été l'ami et le compagnon d'armes de Mouza; Habib était l’inséparable d’Abd
el-Asiz,
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