‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 15 sur 79 · ESS · texte numérisé non relu

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Souléiman fit payer cher à Mouza le déplaisir qu’il lui avait causé ; car, une fois arrivé au califat, il le jeta en prisoh et le rançonna énormément. Cependant Abd el-Aziz, son fils, soumettait la Lusitanie jusqu’à l'Océan, occupait Pampelune et les places des Pyrénées, et faisait passer au calife des richesses immenses. Dans la crainte qu’Abd el-Aziz et les trois autres fils de Mouza ne vengeassent leur pére, Souléiman résolut de se défairé d’eux. Le vaillant Abd el-Aziz fut égorgé au moment où il priait ; à la vue de sa tête, son malheureux père s’écria : Maudit soit de Dieu le barbare qui a fait assassiner bien meilleur que lui! Il se retira dans l’intérieur de l'Arabie, où il mourut. Voilà de quelle manière furent récompensés les premiers conquétänts de l'Espagne ; quant aux traîtres qui avaient livré leur patrie à l'étranger, l’histoire se tait sur leur sort, et les traditions ne rapportent que des fables.

Adjoub, neveu de Mouza, fut choisi par les scheiks arabes d'Espagne pour les commandét et continuer les expéditions ; mais le nouveau calife, Omar Îf, lui substitua El-Horr (4/-Aor), fils d'Abd el-Rahman el-Kaïsi, qui, avide et sévère, pesa sur les siens et sur le pays.

Une partie de ces derniers s'étaient réfugiés dans les montagnes de l'Asturie pour défendre leur vie. Enhardis par d’heureux succès et animés de ce courage que donne le patriotisme, ils crurent à la possibilité de relever la puissance espagnole. Profitant du moment où El-Horr poussait une excursion dans la Gaule Narbonnaise, ils se procurèrent des armes, ct réunirent les mécontents, surtout dans la Galice, Léon et les Asturies. Ils avaient à leur tête Pélage, issu, dit-on, de sang royal ; mais, ce qui importe le plus dans les révolutions, c’était un homme de main et de conseil, hardi à la fois et prudent, connaissant le pays, fertile en expédients, indompté dans la défaite, et ne désespérant jamais ni de la patrie ni de sa cause. Sachant ce qui convenait le mieux à la défense et à la guerre de montagnes, il évitait les batailles, et n’aftaquait l'ennemi qu'en détail.

El-Horr détacha quelques troupes pour dissiper cette poignée de rebelles, à qui l'événement n'avait pas encore acquis le titre de héros; maïs Pélage, retiré dans la caverne de Sainte- Marie de Cavadonga, sur une haute montagne qui domine un gouffre profond, frappait les Maures au-dessous de lui, et quiconque osait se montrer était écrasé sous les fragments de ro-

chers, sous lés troncs d'arbres, sous tout ce qui offrait une arme à des hommes résolus aix derniers efforts.

La position leur inspira de l’éspoir; ils mirent leur confiance dans la religion, leur salut dans la victoire. Après ‘avoir repoussé les ennemis de la patrie et de la foi, Pélage établit parmi les siens la discipline qui double lés forces, et plusieurs villes, ranimées par sés premiers succès, lui offrirent leur obéissance, des vivres ét des bras.

El-Samah-ben-Mélic vint remplacer El-Hotr, évupable d’a- Voir excité le mécontentement et de s'être laissé vaincre. Le nouVeau général, plus désireux de saccager lé riche territoire de là Gaule que d'occuper les roches canitahrés, traversa les Pyrénées et assiégea Toulouse; mais, attamué par le duc d'Aquitaine, il resta sur le champ de bataille, et l’armée ne fut ramenée qu'avec les plus grands éfforts par ABA e!-l'ahman, à qui, en récompense, le commandement fut déiféré d’abord ; mais Ambesa, gouverneur de Cordoue, l’:;: :t énsuite obte: de l’émir d’Afrique, donna à l’administr'tion et aux impôts une meilleure organisation. Il exigéa le vingtièmé des revenus des habitants qui s’étatent soumis volontairément, et le dixième de ceux qui n'avaient cédé qu’à la forcé; puis, il envoya au calife un recensement exact de toute l'Espagne, construisit un pont à Cordoue, résidence des gouverneurs arabes, refréna les rebelles, et ravagea les Gaules jusqu’au Rhône ; mais il mourut de ses blessures sous les murs de Sens.

Othman Abou-Néza (Mounouza) fut investi après lui du commandement, et peu après Odaïfa, le dixièmé des généraux du parti des Yousouf, qui se sucrédaient en Espagne avec autant de rapidité que les émirs en ‘.irique et les califes en Arabie. Le Syrien Alaïtam excita, par ses vexations, les plaintes du peuple, ce qui le fit déposer par le calife ; le commandement fut rendu à Abd el-Rahmuu, qui s’efforça de cicatriser les plaies faites par son prédécesseur, et d’alléger tout ce qui était oppressif. Après avoir réuni toutes ses forces, qu'il augmenta par des recrues appelées du Magreb, il dirigea une expédition contre la France, sous le commanderent d’Othman Abou- Néza, Ce général, qui avait gouverné la Péninsule, voyait d’un œil de jalousie Abd el-Rahman son successeur; du reste, comme il s’était allié par un mariage avec Eudes, comte d’Aquitaine, il poussa faiblement la guerre, et conclut une longue trêve avec les chrétiens. Abd el-Rahman, à l'insu duquel il l'avait consentie, refusa de la ratifier et donna ordre de

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