‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 16 sur 79 · RENTE EN · texte numérisé non relu

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sound Oihman. qui, se voyant atteint par ceux qui le poursuivaient, se donna la mort ; sa femme, qui était chrétienne, fut envoyée dans le harem de Damas.

Les Arabes se répandirent alors dans la Gaule, et cette province aurait accru le nombre des conquêtes de l'islamisme, si la valeut de Charles Martel n’y eût mis obstacle.

Abd el-Rahman ayant péri dans la vataille de Poitiers, Abd el-Mélic reçut après Ini le commandement, avec ordre de faire lever toute l’Espagne en masse, comme pour uneguerre sacrée, et d’exterminer la France ; mais le découragement était entré dans l’âme des Arabes, et ils se laissèrent vaincre. Okba, le nouveau gouverneur, ayant perdu une grosse armée dans la Septimanie, ne jugea pas prudent de risquer de nouveaux combats, Sévère envers lui-même et les autres, il destitua les walis et les alcades (1) qui avaient abusé du pouvoir; il mit les cadis ou juges dans chaque chef-lieu de province, fonda des écoles publiques et érigea des mosquées ; mais, ayant été obligé d'aller réprimer les Berbers d'Afrique, chaque wali profita de son absence pour se rendre indépendant, et les Asturiers, secondés par ce morcellement, s’avancèrent jusqu'au Duero. Cependant, ils eurent à déplorer la perte de Pélage (2),

(1) Les walis sont les gouverneurs d'une province ou d’une grande ville ; les alcades, ceux d’une petite ville, d’un fort, d'un château; ler wasirs, des vice-gouverneurs,

(2) Généalogie des rois des Asturies :

PÉLAGE, Pierre, duc de 718-737. Cantabrie.

À | | FAVILLA, Ermesinde, mariée à ALPHONSE 1, le Catholique, proie Mué de 737-739. 739-757. Cantabrie, oo à | | | | AURÈLE, FROILA, Adosinde MAURÉGÀ, 7068-74.

757-768. mère de Sino, fils naturel, | | 774-783, 783-789)" BERMUDE I, ALPHONSE II, usurpateur, 789-791.

le Chaste, | 791-842. RAMIRE I, ORDONO Î, 850-866.

ALPHONSE HT, la Grand.

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héros digne de respect, parce qu'il sut conjurer le péril quand tout semblait perdu, et sauver la nationalité espagnole. Son fils Favilla acheta la paix des Arabes; mais il fut tué peu après à la chasse par un ours, et eut pour successeur Alphonse, son beau-frère, qui ajouta au petit royaume des Asturies une partie de la Galice ét de la Lusitanie, avec moitié de la Castille, la Biscaye presque entière, et plusieurs cantons de a Navarre. Il dévastait les plaines et forçait les chrétiens à se réfugier dans les montagnes.

Ces agrandissements étaient favorisés par les soulèvements continuels de l'Afrique, qui ne cessaient d'appeler sur l'autre bord les émirs d’Espagne; puis, les débris d’une armée de Syriens et d'Égyptiens qui venait d'y essuyer une défaite, ayant débarqué dans la Péninsule, commencèrent la guerre civile contre le gouverneur Abd el-Mélic, qu'ils firent prisonnier et dont ils firent tomber la tête. Mais Tualaba et Baledji, chefs de cette bande d'Égyptiens et de Syriens, en vinrent aux prises l’un avec l’autre, ce qui permit à Abd el-Rahman, fils ae l'émir qu’ils avaient tué, de les battre tous deux, et de gagner le surnom d’Al-Mansor (victorieux). Attentif à rétablir la tranquillité en Espagne, il distribua des terres aux nouveaux venus, en n’exigeant d’eux que le tiers de l'impôt payé par les naturels.

Les Arabes ne venaient pas en Espagne comme un peuple unique, soumis au même chef; mais les diverses tribus s’y conservaient distinctes, et c’est à peine si le péril les réunissait momentanément. Ce fut ainsi que la légion de Damas s’établit à Cordoue, devenue capitale de l'Espagne musulmane; celle de Hems à Séville et à Niébla; celle de Kinnesvia (Colchide de Syrie) à Jaën, au sud-oucst de Cordoue; celle de Palestine à Médina-Sidonia et à Algésiras; celle de Perse à Xérès de la Frontéra ; celle de l’Yémen à Tolède et à Huesca ; celle de l'Irak à Grenade ; celle d'Égypte à Murcie et à Lisbonne : dix mille cavaliers d'Edgiaz se partagèrent les terres les plus fertiles de l'intérieur.

Le schisme suscité en Arabie par les fatimites produisit de nouveaux germes de division en Espagne. Quand Amrou, qui avait apporté à Yésid la tête de l’iman Hussein, fils d’Ali, eut vu les vengeurs de la victime l'emporter, il se hâta de se véfugier en Afrique, d’où Samaïl, son neveu, passa en Espagne et se fitle chef du parti égyptien. Les Arabes, arrivés les pre-

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